Japan Airlines (JAL) reconnaît avoir acheté le silence de la pègre nipponne
le 18 août 1998 à 00h00
La compagnie aérienne japonaise Japan Airlines (JAL) a reconnu hier avoir versé de l’argent à la pègre pour s’assurer du déroulement harmonieux de son assemblée générale des actionnaires, ce que le Code du commerce nippon interdit pourtant depuis plusieurs années. Le président de JAL, Isao Kaneko, a présenté ses excuses pour l’affaire à l’occasion d’une conférence de presse improvisée. «Nous prenons l’affaire au sérieux. Nous n’avons pas entendu parler de cette histoire auparavant et je suis plutôt surpris», a souligné le chef de la compagnie nipponne. Un porte-parole de la police de Tokyo a chiffré à 23 millions de yens (160.000 dollars) la somme versée par JAL depuis novembre 1995 à deux gangsters spécialisés dans le chantage envers les entreprises. Les «sokaiyas» se font généralement rémunérer tout à fait légalement pour des prestations fictives (souscription à des magazines, location de locaux...). JAL avait pour sa part signé un contrat de location de plantes ornementales portant sur plusieurs millions de yens par an, selon la presse. Selon plusieurs médias japonais, trois cadres de la compagnie aérienne nipponne ont déjà admis la réalité des faits devant les enquêteurs. La police n’a pas publié l’identité des gangsters interpellés. Selon l’agence de presse Kyodo News, l’un de ces deux hommes appartient à un groupe de racketteurs bien connu de la police, la Morimoto Kigyo Chosa-Kai. Plusieurs affaires de versements à la pègre avaient fait la «une» des médias nippons l’an dernier. Le scandale avait en particulier affecté le secteur de l’intermédiation boursière: les leaders de la profession, dont Nomura Securities, avaient été punis et une vingtaine de cadres écroués. Ce type d’affaires revient avec une grande régularité au Japon pour éclabousser les plus grands noms de l’économie: le groupe de distribution Ito-Yokado en 1992, le brasseur Kirin Brewery en 1993, le groupe agro-alimentaire Ajinomoto en 1996 et le constructeur automobile Mitsubishi Motors en 1997, pour n’en citer que quelques-uns. A l’initiative du Keidaren, la principale organisation patronale nipponne, un millier d’entreprises nippones avaient solennellement abjuré en novembre dernier tout lien avec les «sokaiyas». (AFP)
La compagnie aérienne japonaise Japan Airlines (JAL) a reconnu hier avoir versé de l’argent à la pègre pour s’assurer du déroulement harmonieux de son assemblée générale des actionnaires, ce que le Code du commerce nippon interdit pourtant depuis plusieurs années. Le président de JAL, Isao Kaneko, a présenté ses excuses pour l’affaire à l’occasion d’une conférence de presse improvisée. «Nous prenons l’affaire au sérieux. Nous n’avons pas entendu parler de cette histoire auparavant et je suis plutôt surpris», a souligné le chef de la compagnie nipponne. Un porte-parole de la police de Tokyo a chiffré à 23 millions de yens (160.000 dollars) la somme versée par JAL depuis novembre 1995 à deux gangsters spécialisés dans le chantage envers les entreprises. Les «sokaiyas» se font généralement...
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