Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Revue hebdomdaire des marchés financiers Tendance à l'amélioration de la livre

Bien que le climat entourant le marché des changes de Beyrouth soit resté toujours réticent à l’offre du dollar américain, la livre libanaise est parvenue à marquer encore une fois, la semaine dernière, une légère reprise. A cela, auraient contribué plusieurs facteurs dont surtout la baisse des tensions politiques internes avec le relâchement de la polémique relative à l’échelle des traitements du secteur public, et la poursuite de l’action de la Banque du Liban (B.D.L.) dont les moyens sont assez grands pour faire déjouer les manœuvres spéculatives contre la monnaie nationale. De plus, les propos rassurants du chef du gouvernement sur son intention de rester au pouvoir après l’élection d’un nouveau chef de l’Etat, réaffirmant son ferme attachement à la politique de stabilité monétaire, de réduction du déficit budgétaire et d’assainissement des finances publiques, ont eu leur part aussi dans la meilleure tenue de la livre. Cela étant, les opérateurs ont fait preuve de sang-froid, devant la grave détérioration de la situation au Liban-Sud, notamment après les menaces d’Israël d’attaquer les infrastructures et les intérêts économiques du Liban «à chaque fois qu’un de ses soldats est tué dans ce pays». En effet, la demande du dollar ne devait en aucune manière prendre des dimensions dépassant les besoins commerciaux courants du marché. Mais il n’en demeure pas moins que l’offre restait toujours très faible par précaution, comme en témoigne la poursuite de la négociation du «billet vert» au haut de la fourchette d’intervention de la B.D.L. dans des transactions très minces. Celle-ci, en procédant ainsi à l’abaissement de son taux d’intervention à la vente de 1519,50 à 1519,00 L.L., en un premier temps mardi dernier, puis de son taux «symbolique» à l’achat de 1506,50 à 1506, L.L. en un deuxième temps jeudi, est parvenue à le faire clôturer, vendredi, au taux moyen indicatif de 1512,50 L.L. contre 1513,00 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 14 août, soit en léger repli de 0,03% en moyenne, d’une huitaine à l’autre, correspondant au taux d’appréciation de la livre pendant la même période. Toutefois, dans cette évolution et devant l’impossibilité de faire placer le dollar à ce taux indicatif en raison de la nette contraction de l’offre, les établissements de crédit ont été le plus souvent contraints de l’acheter auprès de la B.D.L. au haut de sa fourchette d’intervention. En effet, il a dû fluctuer très étroitement la semaine dernière, dans une marge comprise entre 1518,75 et 1519,25 L.L., avec un point d’ancrage à 1519,- L.L., contre 1519,25 et 1519,75 L.L. avec un point d’ancrage à 1519,50 L.L. durant la semaine qui l’avait précédée, en léger repli réel de 0,03% également, pendant la même période. Sous le signe des crises et des tensions internationales A l’étranger, les déclarations de hauts responsables au Japon, estimant inadmissible la récente dépréciation du yen et le mauvais vent russe qui s’est abattu sur les places financières internationales ainsi que les tensions en provenance tantôt de l’affaire Lewinsky et tantôt des attaques américaines contre le Soudan et l’Afghanistan, ont dominé les marchés des changes internationaux la semaine dernière. En effet, l’évolution du dollar, largement tributaire de l’orientation du yen et du mark allemand, a dû subir des hauts et des bas au gré des conjectures auxquelles ont donné lieu tous ces développements. Des propos concordants tenus par les deux adjoints du ministre des Finances japonais, Eisuke Sakakibara et Harohiko Koroda, laissant craindre une intervention de la Banque du Japon en faveur de la devise nippone ont exercé tout au long de la semaine dernière de fortes pressions sur le dollar le ramenant de 146,50 à 143,- yen avant qu’il ne parvienne à réduire ses pertes ensuite à l’annonce de l’ampleur des difficultés auxquelles se heurte la Long Term Credit Bank of Japan et de la faillite de la société Okura. Mais la déception des marchés a été plus grande après la décision du gouvernement russe de laisser flotter le rouble et de suspendre le remboursement de sa dette extérieure pour trois mois. Cela d’autant que les banques internationales seraient engagées à hauteur de 72,2 milliards de dollars en Russie, dont 30,5 milliards revenant à des banques allemandes, suivis par 7,1 milliards à des banques américaines et 7 milliards à des banques françaises... à un moment où le premier ministre russe, Sergueï Kirienko, faisait savoir que son pays est entré dans une phase de crise grave pendant que la Douma (Parlement) appelait à la démission volontaire du président russe Boris Eltsine. La déposition du président Clinton devant le Grand Jury, admettant avoir eu une relation physique «déplacée» avec l’ancienne stagiaire à la Maison-Blanche, Monica Lewinsky, et qui aurait fourni aux milieux financiers quelques assurances que cette affaire ne provoquera pas une déstabilisation politique aux Etats-Unis, n’a pas pour autant permis au dollar de retrouver son rôle de «monnaie-refuge» en cette période de turbulences monétaires et financières des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique. L’intervention américaine au Soudan et en Afghanistan est donc venue dès le milieu de la semaine dernière inquiéter l’opinion publique davantage préoccupée par les situations de plus en plus problématiques en Russie et en Asie, laissant craindre à la communauté financière internationale des conséquences importantes sur les marchés, notamment par le biais des produits dérivés dont les risques commencent à être incontrôlables après l’effondrement de l’économie russe et les déboires des économies asiatiques qui pourraient provoquer un effet boule de neige et toucher de plein fouet des sociétés américaines dans des différentes parties du monde. Des rumeurs faisant état d’une possible dévaluation des monnaies argentine et vénézuélienne laissaient voir des problèmes en Amérique latine, relançant les inquiétudes sur la situation réelle aux Etats-Unis. En effet, le dollar ne tardait pas à se ressentir de tous ces développements éclipsant aussi bien le statu quo monétaire observé par la Réserve fédérale à l’issue de la réunion de son comité de l’open market que les nouvelles statistiques américaines publiées la semaine dernière. A cet égard, les opérateurs n’ont guère été sensibilisés par l’annonce d’une hausse de 5,7% des mises en chantier de logements le mois dernier, contre 5,6% en juin, témoignant de la vigueur de l’économie américaine, même après avoir appris que les permis de construire auraient aussi augmenté de 4% contre 3% pendant la même période et que le nombre des demandeurs d’allocations-chômage a diminué de 2.000 personnes pendant la deuxième semaine d’août à la suite de quelques créations d’emplois non agricoles entraînées vraisemblablement par la reprise économique. Il en est de même de la contraction du déficit commercial américain de 8,4% en juin à 14,2 milliards de dollars contre 15,5 milliards en mai et du maintien de l’inflation sous contrôle avec le léger progrès de 0,2% des prix à la consommation le mois dernier contre 0,1% en juin. C’est ainsi qu’il s’est négocié partout en baisse, clôturant vendredi dernier, à New York, en comparaison avec la semaine se terminant au vendredi 14 août, comme suit : — 1,6350 pour un sterling contre 1,6190 (-0,98%). — 1,7970 D.M. contre 1,8015 (-0,25%). — 6,0265 F.F. contre 6,0385 (-0,20%). — 1,5015 F.S. contre 1,5085 (-0,46%). — 1769,70 lires contre 1774,40 (-0,26%). — 144,90 yen contre 146,35 (-0,99%). Or: peu de variations Loin de bénéficier des turbulences financières et des tensions internationales pour retrouver leur rôle de «valeur-refuge», les métaux précieux ont souffert, la semaine dernière, des craintes liées à d’éventuelles ventes russes d’or pour soutenir le rouble. En effet, le métal fin a éprouvé beaucoup de mal à se reprendre, clôturant vendredi dernier, à New York, à 285,20 dollars l’once contre 283,90 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 14 août, en légère hausse de 0,46% en moyenne. En parallèle, l’argent-métal n’a presque pas bougé en l’absence de motivations aussi bien à l’achat qu’à la vente, achevant la semaine dernière, à New York, à 5,1650 dollars l’once contre 5,15 dollars à la fin de la semaine qui l’avait précédée, en très progrès de 0,29% en moyenne.
Bien que le climat entourant le marché des changes de Beyrouth soit resté toujours réticent à l’offre du dollar américain, la livre libanaise est parvenue à marquer encore une fois, la semaine dernière, une légère reprise. A cela, auraient contribué plusieurs facteurs dont surtout la baisse des tensions politiques internes avec le relâchement de la polémique relative à l’échelle des traitements du secteur public, et la poursuite de l’action de la Banque du Liban (B.D.L.) dont les moyens sont assez grands pour faire déjouer les manœuvres spéculatives contre la monnaie nationale. De plus, les propos rassurants du chef du gouvernement sur son intention de rester au pouvoir après l’élection d’un nouveau chef de l’Etat, réaffirmant son ferme attachement à la politique de stabilité monétaire, de réduction du...