Un an après les championnats du monde d’Athènes, un an avant ceux de Séville, l’athlétisme européen, radiographié à Budapest, a révélé un net recul, alors que les Jeux de l’an 2000 se profilent déjà à l’horizon. Si la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Russie ont logiquement conservé leur statut de nations dominantes, à l’issue de cette XVIIe édition des championnats d’Europe, les performances des nouveaux champions continentaux sont globalement en retrait par rapport à celles des athlètes sacrés en Grèce. Le phénomène est très sensible chez les messieurs où seuls le marteau, le javelot, le triple saut, la marche et le marathon évitent le reflux. Encore faut-il souligner, dans ces cas, que le gain n’est pas significatif. L’ampleur du mouvement est moindre chez les dames, grâce notamment à la bonne tenue des concours et au 10.000m de l’Irlandaise Sonia O’Sullivan (31’29’’33) ainsi qu’au marathon de la Portugaise Manuela Machado (2’27’10’’). Pourtant, là encore, aucune avancée réelle n’a été enregistrée. La seule franche embellie est à porter au crédit de la sprinteuse française Christine Arron, auteur de l’unique record d’Europe de ces championnats (10’’73 sur 100m) et désormais à 24/100 de la légendaire meilleure marque mondiale de l’Américaine Florence Griffith-Joyner (10’’49). A Athènes, vingt titres étaient revenus aux Européens, sur quarante-quatre. Douze mois après, quatorze de ces champions du monde étaient en lice dans la capitale hongroise. Seuls trois se sont imposés: les marcheurs Robert Korzeniowski (50 km) et Annarita Sidoti (10 km) ainsi que le discobole Lars Riedel. On y ajoutera le relais féminin allemand 4x400m, même dans une composition modifiée. Les Britanniques poussent fort Il est clair que l’absence de nombreux ténors ou la présence de vedettes amoindries, comme le Danois Wilson Kipketer, a joué un rôle non négligeable dans le bilan médiocre ramené des bords du Danube. Mais si leur palmarès impose le respect, l’Ukrainien Sergueï Bubka (34 ans), la Française Marie-José Pérec (30 ans), la Suédoise Ludmilla Engquist (34 ans), le Norvégien Vebjorn Rodal (26 ans), le Tchèque Jan Zelezny (32 ans) ou les Espagnols Abel Anton (35 ans) et Martin Fiz (35 ans) — spectateurs à Budapest —, n’incarnent plus l’avenir. Et l’Euro-98 a montré combien la relève tarde à venir. Dans le même ordre d’idée, que la Bulgare Svetla Dimitrova (28 ans/100m haies), la Russe Irina Privalova (29 ans/200m), l’Ukrainienne Vita Pavlysh (29 ans/poids), les Britanniques Steve Backley (29 ans/javelot) et Colin Jackson (31 ans/110m haies), l’Allemande Heike Drechsler (33 ans/longueur) ou la Portugaise Manuela Machado (35 ans/marathon) conservent leur couronne, les rend sans doute émouvants, mais ces titres ne sont pas à proprement parler des signes rassurants. Si la hiérarchie européenne reste dominée par la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Russie, le rapport de forces entre ces trois nations n’en a pas moins bougé au profit des Britanniques. La Russie régressant (10 titres en 1994, 6 en 1998) et l’Allemagne progressant (4 en 1994, 8 en 1998), la Grande-Bretagne, notamment dominatrice en sprint et demi-fond court masculin, en a profité pour effectuer une percée (passant de 6 à 9 titres). Ce dynamisme britannique et l’avènement de Christine Arron constituent les faits les plus notables de championnats d’Europe ayant suscité plus d’interrogations qu’ils n’ont apporté de réponses. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un an après les championnats du monde d’Athènes, un an avant ceux de Séville, l’athlétisme européen, radiographié à Budapest, a révélé un net recul, alors que les Jeux de l’an 2000 se profilent déjà à l’horizon. Si la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Russie ont logiquement conservé leur statut de nations dominantes, à l’issue de cette XVIIe édition des championnats d’Europe, les performances des nouveaux champions continentaux sont globalement en retrait par rapport à celles des athlètes sacrés en Grèce. Le phénomène est très sensible chez les messieurs où seuls le marteau, le javelot, le triple saut, la marche et le marathon évitent le reflux. Encore faut-il souligner, dans ces cas, que le gain n’est pas significatif. L’ampleur du mouvement est moindre chez les dames, grâce notamment à la...