L’armée angolaise, intervenue aux côtés des troupes de Laurent-Désiré Kabila, a intensifié hier son offensive dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) où elle s’est emparée, selon Kinshasa, de trois villes. «Nos forces contrôlent Moanda, Banana et Boma», a affirmé le ministre de l’Information, porte-parole du gouvernement congolais, Didier Mumengi. Dimanche, les troupes angolaises avaient pris la base de Kitona qui constitue avec la cité pétrolière de Moanda et les ports de Boma et Banana le triangle maritime de la RDC, à environ 500 km au sud-ouest de Kinshasa. Les rebelles n’ont reconnu jusqu’à présent que la perte de Kitona qui était leur principale base arrière dans le sud-ouest, prise à revers par les troupes angolaises entrées en RDC depuis l’enclave de Cabinda. La poursuite de l’offensive angolaise va à l’encontre de l’appel au cessez-le-feu lancé par les représentants de 11 des 14 pays membres de la Communauté de développement des Etats d’Afrique australe (SADC) lors de leur sommet extraordinaire dimanche à Prétoria, à l’initiative du président Nelson Mandela. Alliés militaires de la RDC, le Zimbabwe et l’Angola ont boudé ce sommet. Le Zimbabwé a été représenté au niveau ministériel, tandis que l’Angola n’a envoyé aucun représentant. Dans un communiqué, la SADC a appelé à un arrêt des combats sur les positions acquises sur le terrain. Les participants se sont engagés à «entreprendre tout ce qui est possible, collectivement et individuellement, pour assurer la mise en place et le maintien d’un cessez-le feu» en RDC. Initiateur du sommet, M. Mandela s’est engagé à entamer des discussions avec le secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) pour mettre en place les «mécanismes» du cessez-le-feu. «Les rebelles parlent le même langage que nous et le gouvernement de la RDC veut aussi la paix. C’est pour cela que je pense que nous aboutirons à la paix», a dit M. Mandela. Admettant la complexité de la situation, M. Mandela a ajouté «nous ne devons pas croire que nous sommes en face d’un problème qui peut être réglé en 24 heures». Les résultats de ce sommet ont été bien accueillis par la rébellion depuis son quartier général de Goma au Nord-Kivu (est de la RDC). «Nous sommes satisfaits. Nous avions déjà dit que nous voulions des négociations et un cessez-le-feu, mais le problème c’est que l’on entend rien du côté de Kabila», a déclaré Bizima Kraha, responsable des relations extérieures du Rassemblement congolais pour la démocratie (RDC-branche politique de la rébellion). Mais pour Kinshasa qui considère la rébellion des Banyamulenge, tutsis congolais d’origine rwandaise, comme une agression du Rwanda et de l’Ouganda, le cessez-le-feu est conditionné au retrait des troupes rwandaises et ougandaises. «Ce que le Congo entend par cessez-le-feu, c’est le retrait immédiat des troupes étrangères, en l’occurrence le Rwanda et l’Ouganda. C’est celà notre entendement du cessez-le-feu», a déclaré l’émissaire de M. Kabila aux pourparlers, le ministre de la Justice Mwenze Kongolo. «Quand ils (le Rwanda et l’Ouganda) vont commencer à se retirer, nous n’allons pas tirer sur eux. Mais s’ils restent là-bas et continuent l’aventure qu’ils sont en train de faire, bien sûr nous serons obligés de les mettre dehors par la force», a ajouté le ministre. Sur l’appel au cessez-le-feu immédiat et à un maintien des positions militaires sur le terrain adopté par les participants au sommet de Prétoria, l’émissaire a souligné: «Nous entendons nous que les troupes puissent commencer à quitter le territoire congolais». M. Mumengi a indiqué sans autre précision que des combats se poursuivaient à Kisangani, principale ville de l’est (1.300 kilomètres au nord-est de la capitale), que les rebelles affirment contrôler depuis dimanche. (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’armée angolaise, intervenue aux côtés des troupes de Laurent-Désiré Kabila, a intensifié hier son offensive dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre) où elle s’est emparée, selon Kinshasa, de trois villes. «Nos forces contrôlent Moanda, Banana et Boma», a affirmé le ministre de l’Information, porte-parole du gouvernement congolais, Didier Mumengi. Dimanche, les troupes angolaises avaient pris la base de Kitona qui constitue avec la cité pétrolière de Moanda et les ports de Boma et Banana le triangle maritime de la RDC, à environ 500 km au sud-ouest de Kinshasa. Les rebelles n’ont reconnu jusqu’à présent que la perte de Kitona qui était leur principale base arrière dans le sud-ouest, prise à revers par les troupes angolaises entrées en RDC depuis l’enclave de Cabinda....