Le général Prabowo Subianto, gendre de l’ex-président Suharto et ancien commandant des Forces spéciales indonésiennes, a été renvoyé de l’armée en raison de son rôle dans l’enlèvement d’opposants politiques, mais reste toujours passible de la cour martiale. Cette décision est «dans l’intérêt de l’armée, de la nation et de l’Etat», a déclaré lundi aux journalistes le général Wiranto, ministre de la Défense et commandant en chef des forces armées en annonçant la «fin du service actif» de l’ex-étoile montante de l’armée indonésienne. Les deux autres officiers supérieurs également impliqués, le général Muchdi Purwopranjono, qui avait succédé au général Prabowo à la tête des redoutés «Kopassus», et le colonel Chairawn, chef du groupe IV chargé de la «guerre secrète», ont été mis en disponibilité. Le général Wiranto a précisé que les décisions prises à l’encontre des trois officiers supérieurs n’excluaient pas qu’ils puissent être traduits en cour martiale «si des preuves indiquaient que cela puisse être nécessaire». 10 autres membres des Froces spéciales — 7 officiers subalternes et 3 sous-officiers — doivent passer en cour martiale, à une date qui n’a pas été indiquée, pour répondre de l’enlèvement au début de l’année d’opposants politiques. Au moins 24 activistes ont disparu depuis le début de l’année et 9 seulement ont à ce jour réapparu. La possible responsabilité des «Kopassus» a également été largement évoquée, y compris dans les milieux militaires, à propos de la fusillade à l’université de Tristaki, qui a fait 4 morts au moins, ainsi que de l’organisation des violences anti-chinoises à Djakarta à la mi-mai. Le général Wiranto a précisé qu’il avait pris sa décision après avoir reçu les recommandations du conseil d’honneur militaire qui a entendu les officiers supérieurs et «en prenant en considération les divers aspects» de l’affaire. «Cette décision a été prise en dehors de toute pression et est clairement dans les intérêts de l’armée, de la nation et de l’Etat», a encore dit le commandant en chef, qui a également évoqué les «bons états de service» des trois officiers. Le président de la cour d’honneur, le général Subagyo, avait déclaré la semaine dernière qu’il recommanderait le passage en cour martiale du général Prabowo, mais que la décision finale revenait au commandant en chef. Né dans une prestigieuse famille javanaise, Prabowo, 46 ans, est marié à «Titiek», la deuxième fille de l’ex-président Suharto, une prospère femme d’affaires. Plus jeune général de l’Indonésie depuis la fin de la lutte pour l’Indépendance, il avait fait une carrière météorique, brisée net lorsque, au lendemain de la démission du président Suharto, il avait été relevé du prestigieux commandement des Forces stratégique pour être nommé à la direction d’une école militaire du centre Java. La décision prise à son encontre par le général Wiranto avait été hâtée, selon des informations à ce jour non démenties, après sa tentative, à la tête d’un détachement de soldats fidèles, de forcer la porte du président Jusuf Habibie pour obtenir de lui d’être nommé au poste de commandant en chef de l’armée indonésienne. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le général Prabowo Subianto, gendre de l’ex-président Suharto et ancien commandant des Forces spéciales indonésiennes, a été renvoyé de l’armée en raison de son rôle dans l’enlèvement d’opposants politiques, mais reste toujours passible de la cour martiale. Cette décision est «dans l’intérêt de l’armée, de la nation et de l’Etat», a déclaré lundi aux journalistes le général Wiranto, ministre de la Défense et commandant en chef des forces armées en annonçant la «fin du service actif» de l’ex-étoile montante de l’armée indonésienne. Les deux autres officiers supérieurs également impliqués, le général Muchdi Purwopranjono, qui avait succédé au général Prabowo à la tête des redoutés «Kopassus», et le colonel Chairawn, chef du groupe IV chargé de la «guerre secrète», ont été...