Accusés d'incitation à la violence Quatre dirigeants religieux soudanais acquittés
le 25 août 1998 à 00h00
Un tribunal de Khartoum a acquitté quatre dirigeants de la secte des Ansar, aile religieuse du parti Oumma (opposition, interdit), accusés d’incitation à la violence contre le régime, a rapporté hier la presse soudanaise. Le tribunal a expliqué sa décision en estimant notamment que les Soudanais étaient habitués à «critiquer leur gouvernement». Les quatre responsables étaient également accusés d’atteinte à l’ordre public et de publication de fausses informations. Le tribunal criminel d’Omdurman, présidé par le juge Khaled Abdel Gadir, a annulé la plainte qui avait été déposée par le parquet contre l’imam Adam Ahmed Youssouf et trois membres du comité de la mosquée des Ansar pour un sermon lu le mois dernier durant la grande prière hebdomadaire du vendredi. Le parquet estimait que ce sermon critique envers le gouvernement contenait un appel à la violence et de fausses informations. Le juge a estimé que tout Soudanais avait le droit de critiquer le gouvernement et était libre d’exprimer son point de vue sur les affaires d’ordre public. «Ce droit est inscrit dans la loi de 1991 et garanti par la Constitution. En outre, les Soudanais sont habitués à critiquer leur gouvernement», a-t-il indiqué. Le juge n’a pas décelé d’appel à la violence dans le sermon qui, «au contraire, dénonçait la violence», et a noté que les fidèles n’avaient pas organisé de manifestations après la prière, se contentant d’entonner leur slogan habituel «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand). Selon le juge, une allusion dans le sermon au fait que «la révolution du salut» (le coup d’Etat militaro-islamiste de 1989) avait été le fait de l’aile militaire du Front national islamique «relève de la controverse politique et non de l’accusation de fausse information». Le conseil des avocats de la défense s’est félicité du jugement. Fort de 40 membres dont plusieurs personnalités de l’opposition — y compris Siddek al-Mahdi, fils du chef de l’Oumma Sadek al-Mahdi —, le conseil de la défense était dirigé par l’avocat Ali Mahmoud Hassanein de l’autre grand parti d’opposition nordiste, Parti unioniste démocratique (PUD, également interdit depuis 1989). M. Hassanein s’est réjoui qu’il existait encore au Soudan des juges sans parti pris qui «n’ont peur de personne en rendant la justice et en appliquant la loi d’une façon équitable et courageuse». Le parquet a néanmoins annoncé son intention de faire appel. (AFP)
Un tribunal de Khartoum a acquitté quatre dirigeants de la secte des Ansar, aile religieuse du parti Oumma (opposition, interdit), accusés d’incitation à la violence contre le régime, a rapporté hier la presse soudanaise. Le tribunal a expliqué sa décision en estimant notamment que les Soudanais étaient habitués à «critiquer leur gouvernement». Les quatre responsables étaient également accusés d’atteinte à l’ordre public et de publication de fausses informations. Le tribunal criminel d’Omdurman, présidé par le juge Khaled Abdel Gadir, a annulé la plainte qui avait été déposée par le parquet contre l’imam Adam Ahmed Youssouf et trois membres du comité de la mosquée des Ansar pour un sermon lu le mois dernier durant la grande prière hebdomadaire du vendredi. Le parquet estimait que ce sermon critique...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.