L’Allemagne du football se replonge vendredi dans son championnat national. Pour oublier et faire oublier l’une de ses heures les plus noires, vécue six semaines plus tôt lors du Mondial en France. Le 4 juillet à Lyon, la Croatie éliminait l’Allemagne en quart de finale du Mondial (3-0) et lui infligeait une blessure qui s’annonçait longue à guérir. La Nationalmannschaft n’est plus ce qu’elle était. Alors la 36e édition d’une Bundesliga telle qu’en elle-même, c’est du baume sur la plaie. Avec un engouement non démenti (plus de 284.000 abonnements une semaine avant le coup d’envoi, 12,3% de plus qu’un an auparavant) et une vitalité florissante qui déversera 400 millions de DM de droits TV dans les caisses des clubs. Mais la saison qui s’ouvre dira si la Bundesliga a envoyé en France une sélection à son image, fruste et vieillissante. Les favoris sont toujours les mêmes: Bayern Munich, Borussia Dortmund, VfB Stuttgart, Bayer Leverkusen, voire Schalke 04, auquel s’ajoute le FC Kaiserslautern, tenant du titre. Les visages non plus n’ont guère changé. Des acteurs du Mondial, un seul s’est laissé séduire par l’Allemagne à l’intersaison: le Brésilien Ze Roberto, pour lequel Leverkusen a cassé sa tirelire (12 millions de DM). Les trésoriers ont fait leurs emplettes au pays ou à l’est. Pour autant, les moins de 23 ans (une centaine), relève qu’attend désespérément le sélectionneur Berti Vogts, ne devraient pas être nombreux à donner sur le terrain le rajeunissement indispensable. En 1997/98, un nouveau promu, Kaiserslautern, avait déjoué tous les pronostics. Mais en 1998/99, pour Vogts comme pour 15 des 18 entraîneurs de la Bundesliga, le grand favori «est très clairement le Bayern». Ce 14e titre, le Bayern le veut et s’est mis en frais (13,5 millions de DM). Pour un nouvel entraîneur, Ottmar Hitzfeld, et quelques vedettes de plus: les milieux Stefan Effenberg et Jens Jeremies, les attaquants iranien et bosiaque Ali Daei et Hasan Salihamidzic, le défenseur Thomas Linke. Mais la coexistence entre Lothar Matthaeus, Effenberg, Mario Basler et d’autres promet bien du plaisir. Et les internationaux ont payé un lourd tribut au Mondial. Le vainqueur de la Ligue des champions 1997, Dortmund, en quête de rachat pour avoir terminé bon 10e la saison passée, s’épargnera pour la première fois depuis six ans les fatigues européennes. Il sera entraîné par un quasi inconnu, Michael Skibbe, et s’est notablement renforcé (Thomas Haessler, Christian Nerlinger, Sergej Barbarez...). Pour Kaiserslautern, son entraîneur Otto Rehhagel adopte un profil bas: «Notre objectif: une nouvelle qualification pour une compétition européenne». Le président du Bayern Franz Beckenbauer trouve «la Bundesliga forte comme rarement elle l’a été». Et polyglotte comme jamais. Depuis 1993, le nombre d’étrangers est passé de 65 à 176. Parmi eux, un attaquant Chinois, Yang Chen (Eintracht Francfort), le premier de l’histoire. A défaut de bain de jouvence, l’Allemagne a la certitude de l’exotisme. Le programme Voici le programme de la première journée du championnat d’Allemagne de football disputée de vendredi à dimanche et dominée par le match mettant aux prises le VfB Stuttgart et le Borussia Dortmund. Vendredi: Duisbourg — Eintracht Francfort (17h30 GMT) Stuttgart — Dortmund (18h00 GMT) Samedi (13h30 GMT): Wolfsburg — Bayern Munich Leverkusen — Rostock Bochum — Fribourg Nuremberg — Hambourg M’Gladbach — Schalke Munich 1860 — Kaiserslautern Dimanche: Hertha Berlin — Brême (16h00 GMT). (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Allemagne du football se replonge vendredi dans son championnat national. Pour oublier et faire oublier l’une de ses heures les plus noires, vécue six semaines plus tôt lors du Mondial en France. Le 4 juillet à Lyon, la Croatie éliminait l’Allemagne en quart de finale du Mondial (3-0) et lui infligeait une blessure qui s’annonçait longue à guérir. La Nationalmannschaft n’est plus ce qu’elle était. Alors la 36e édition d’une Bundesliga telle qu’en elle-même, c’est du baume sur la plaie. Avec un engouement non démenti (plus de 284.000 abonnements une semaine avant le coup d’envoi, 12,3% de plus qu’un an auparavant) et une vitalité florissante qui déversera 400 millions de DM de droits TV dans les caisses des clubs. Mais la saison qui s’ouvre dira si la Bundesliga a envoyé en France une sélection à...