Huit ans après sa dernière couronne, conquise en 1990 à Buenos Aires, la Yougoslavie, sacrée championne du monde de basket-ball pour la quatrième fois, face à la Russie (64-62), dimanche à Athènes, a retrouvé les sommets. Un titre acquis difficilement, mais mérité pour une équipe yougoslave diminuée. Les absences de Predrag Danilovic, son ailier vedette, blessé, Vlade Divac, le pivot des Charlotte Hornets (NBA), Milan Gurovic et Dragan Tarlac, naturalisés grecs, ont pesé lourd, tandis que Sasha Djordjevic, le meneur titulaire, était handicapé après une récente opération à un genou. La Yougoslavie, privée du Mondial 1994 à Toronto, en raison de l’embargo alors imposé par l’ONU, championne d’Europe en 1995 et 1997, vice-championne olympique à Atlanta après avoir résisté pendant plus d’une mi-temps à la «Dream Team» américaine, possédait tout de même une marge de sécurité sur ses adversaires. Infime, mais réelle. Djordjevic, présent dans les moments cruciaux, et ses coéquipiers ont ainsi battu à deux reprises la Russie (82-74 après prolongation lors du premier tour) et la Grèce, 70-56 en poule huitièmes de finale, puis 78-73 après prolongation en demi-finale. Parfois bousculés, les hommes de Zeljko Obradovic ont fait parler leur expérience, leurs vertus morales, et se sont appuyés sur une défense intraitable, dans le sillage de leurs deux fers de lance, le pivot Zeljko Rebraca (16 points, 11 rebonds et 4 contres en finale) et l’arrière Dejan Bodiroga, élu meilleur joueur du Mondial. Seule l’Italie a profité d’un relâchement des Yougoslaves pour leur infliger leur seule défaite (60-61), lors de la deuxième phase. Préparer Sydney Dans une compétition très serrée, les Russes, vice-champions du monde, ont donc échoué de peu. Souvent victime de sautes de régime par le passé, la Russie, au jeu collectif bien huilé, a cette fois effectué un parcours linéaire. Les Kassarev, Koudeline, Kissourine, Mihailov et autres Babkov ont tenu fermement les rênes d’une formation très expérimentée. Serguei Babkov, l’arrière de Malaga, auteur de 30 points en demi-finale face aux Etats-Unis (66-64), n’a pu toutefois rééditer sa performance contre les Yougoslaves. Pris dans un véritable étau défensif, il s’est contenté d’apporter une bien modeste contribution (4 points). Les Etats-Unis, médaillés de bronze après un large succès sur les Grecs (84-61), peuvent nourrir des regrets. Leur sélection hétéroclite, composée essentiellement de joueurs évoluant en Europe ou en CBA, après le forfait des vedettes de la NBA, a fait preuve d’un bel esprit de corps. Les Américains, s’ils ont gagné plusieurs matches de justesse, sont néanmoins passés tout près de la finale. La grosse déception demeure évidemment de ne pas avoir vu leur «Dream Team» se frotter à une sélection yougoslave au complet. Pour les Etats-Unis, la route vers les JO de Sydney passe désormais par un tournoi de qualification. Seul le pays organisateur et le champion du monde sont en effet retenus d’office. La Grèce, quatrième, a nettement haussé le ton à partir des quarts de finale, mais a payé son manque d’expérience. La cinquième place de l’Espagne est encourageante. Les Espagnols possèdent plusieurs jeunes de talent et un grand leader, l’ailier Alberto Herreros. Seulement sixième, l’Italie, vice-championne d’Europe, a déçu. Mais le jeu de la «Squadra Azzurra» repose trop sur l’arrière Carlton Myers, au comportement imprévisible. La Lituanie, septième, et l’Argentine, huitième, ont tenu leur rang. Au contraire de l’Australie, quatrième des JO d’Atlanta, dont la neuvième place apparaît catastrophique pour une équipe qui visait le podium. Les Australiens, mal préparés et bien naïfs en défense, ont deux ans pour réagir avant les JO de Sydney. L’équipe yougoslave accueillie triomphalement à Belgrade Près de 100.000 supporteurs ont offert lundi un accueil triomphal à l’équipe yougoslave de basket-ball, sacrée championne du monde la veille à Athènes devant la Russie (64-62), pour la quatrième fois de son histoire. Les supporteurs ont dès la fin de la matinée afflué vers la grande esplanade située devant le Parlement fédéral, où était organisé un concert de rock en l’honneur des «magiciens yougoslaves». Dans une atmosphère de carnaval, klaxons, sifflets et cornes de brume saluaient dans un vacarme assourdissant les noms de chacun des basketteurs cités par le speaker officiel. Jalena, 16 ans, et Mira, 17 ans, visages peints en bleu blanc rouge, les couleurs nationales, étaient venus de Sremski Karlovci, à 70 kilomètres de Belgrade, pour saluer l’équipe championne. «Nous sommes venues en train ce matin, ce n’est pas un grand effort, après tout nous ne sommes pas champions du monde tous les jours», s’exclamait Jelena. A côté d’elles, un couple promenait son caniche vêtu du drapeau yougoslave. «C’est un supporteur fervent, il n’a pas raté un seul match», assurait son propriétaire, Milos, 31 ans. «Sur le toit du monde» La foule, très hétéroclite, des familles entières avec leurs enfants, des jeunes mais aussi des moins jeunes, s’étendait jusque dans le parc qui fait face au Parlement. A l’ombre dans le parc, des jeunes, vêtus de maillots yougoslaves, simulaient une partie de basket-ball. «C’est ici que l’on joue le meilleur basket au monde, la Yougoslavie a gagné, la Yougoslavie est sur le toit du monde», criait l’un d’eux. Sur le podium installé devant le Parlement, les groupes se succédaient, chauffant encore une atmosphère déjà survoltée. La chanson «Vlade Divac», du nom du pivot des Charlotte Hornets (NBA) absent du Mondial comme les autres vedettes Predrag Danilovic ou Zarko Paspalj, a provoqué l’euphorie générale, encore attisée par l’arrivée de l’équipe yougoslave sur le podium, en début d’après-midi. Les joueurs ont répondu en jetant tous leurs casquettes dans la foule. «Tout ce que nous avons fait à Athènes, c’est pour vous que nous l’avons fait», a lancé Zeljko Rebraca à la foule survoltée. La partie officielle de la cérémonie a alors pris fin, mais des milliers de supporteurs poursuivaient la fête dans le centre de Belgrade. L’équipe nationale devait être reçue lundi après-midi par le président yougoslave Slobodan Milosevic, qui les avait félicités la veille de leur triomphe. Le président Milosevic reçoit l’équipe yougoslave Le président yougoslave Slobodan Milosevic a reçu lundi après-midi l’équipe yougoslave de basket-ball, sacrée championne du monde la veille à Athènes devant la Russie (64-62) pour la quatrième fois de son histoire, a rapporté l’agence Tanjug. «Je vous félicite de tout cœur de cette victoire grandiose qui vous a permis de hisser haut le drapeau yougoslave et qui a confirmé les plus grandes valeurs du sport yougoslave», a déclaré M. Milosevic. «Cette victoire est d’autant plus importante et plus grande qu’elle a été obtenue par une équipe très jeune, une équipe que nos supporteurs ont suivie, non sans crainte, en se demandant si, aussi jeune, elle réussirait à accomplir ce que l’on attendait d’elle», a dit M. Milosevic. «Vous avez apporté le plus beau cadeau possible à nos citoyens et à votre pays», a ajouté M. Milosevic, qui a souhaité à toute l’équipe de continuer à enregistrer des succès à l’avenir. Le capitaine de la sélection yougoslave Sasha Djordjevic a remis au président yougoslave un fanion de la Fédération yougoslave de basket-ball signé par tous les joueurs et entraîneurs.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Huit ans après sa dernière couronne, conquise en 1990 à Buenos Aires, la Yougoslavie, sacrée championne du monde de basket-ball pour la quatrième fois, face à la Russie (64-62), dimanche à Athènes, a retrouvé les sommets. Un titre acquis difficilement, mais mérité pour une équipe yougoslave diminuée. Les absences de Predrag Danilovic, son ailier vedette, blessé, Vlade Divac, le pivot des Charlotte Hornets (NBA), Milan Gurovic et Dragan Tarlac, naturalisés grecs, ont pesé lourd, tandis que Sasha Djordjevic, le meneur titulaire, était handicapé après une récente opération à un genou. La Yougoslavie, privée du Mondial 1994 à Toronto, en raison de l’embargo alors imposé par l’ONU, championne d’Europe en 1995 et 1997, vice-championne olympique à Atlanta après avoir résisté pendant plus d’une mi-temps à...