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Actualités - Chronologie

Oussama Ben Laden, l'homme qui a déclaré le Jihad contre l'Amérique

Oussama Ben Laden, cité comme suspect dans les attentats anti-américains en Afrique, est un riche fondamentaliste renié par l’Arabie séoudite qui menace les Etats-Unis depuis son exil en Afghanistan. Barbu, les yeux étroits, les pommettes saillantes, cet homme frêle de 41 ans est un héros de la résistance musulmane à l’occupation soviétique de l’Afghanistan. Déchu de sa nationalité séoudienne, accusé d’être le financier du terrorisme islamique, il a déclaré la «guerre sainte» contre les Etats-Unis et son nom refait surface à chacun des attentats anti-américains depuis des années. D’après un porte-parole du mouvement islamique Al Mouhajiroun, basé à Londres, Oussama Ben Laden a présidé une réunion de plusieurs factions islamistes en juin dernier à Peshawar, au cours de laquelle décision a été prise de «frapper les intérêts américains partout dans le monde» pour forcer les Etats-Unis à se retirer d’Arabie séoudite et à lever l’embargo contre l’Irak. Cette réunion pourrait être à l’origine des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, a estimé le porte-parole. Né à Ryad en 1957, dans une famille fortunée d’entrepreneurs d’origine yéménite, Ben Laden fait ses études à Djeddah. Très croyant, il se lie dès 1973 à des groupes islamistes et accroît sa fortune en gérant l’entreprise familiale de construction. Il se précipite en Afghanistan après l’invasion soviétique de 1979 et équipe, arme et finance le voyage des volontaires des pays arabes «des milliers», dira-t-il. Il minimisera par la suite le rôle des Etats-Unis qui finançaient les moudjahidine avec l’aide des Séoudiens. Il regagne l’Arabie en 1992 mais son soutien aux groupes islamistes violents en Egypte et en Algérie lui vaut un retrait de passeport en 1992. Dès que l’interdiction est levée, il s’installe au Soudan, où il poursuit ses activités de construction mais les services de renseignements américains le soupçonnent de financer des camps d’entraînement terroriste. L’Arabie lui retire la nationalité séoudienne en 1994, Le Caire, Alger et le Yémen l’accusant de continuer à financer les extrémistes chez eux. En 1996, c’est le Soudan qui lui demande de partir, sous la pression des Nations Unies qui menacent Khartoum de sanctions. «Fatwa» depuis l’Afghanistan La rumeur le dit au Yémen, clandestin en Arabie séoudite mais il refait surface en Afghanistan, d’où il lance des «fatwa» contre les Américains en avril 1996, en février 97 et février 98. Il appelle les musulmans à tuer des Américains — civils et militaires — partout où ils le peuvent. Ces menaces, répétées dans une interview à la chaîne américaine ABC diffusée le 6 juin 1998, amène le département d’Etat à avertir les ressortissants américains de dangers potentiels dans le Golfe et l’Asie du Sud. D’après l’Emergency Response and Resarch Institute (ERRI), un centre de recherche basé à Chicago, les Etats-Unis le soupçonnent d’avoir financé et «encouragé» une série d’attentats. Le ERRI cite l’explosion du World Trade Center de New York le 26 février 1996, l’attentat contre un centre d’entraînement de la Garde nationale séoudienne à Ryad qui a fait sept morts le 13 novembre 1995, et celui qui a tué 19 militaires américains à Dahran le 25 juin 1996. A Kaboul, un porte-parole des taliban a affirmé que Oussama ben Laden n’avait rien à voir avec les attentats de Nairobi et Dar es-Salaam. Les taliban ont assuré à l’Arabie séoudite que le dissident n’utiliserait pas les territoires qu’ils contrôlent pour mener des activités subversives, a-t-il ajouté. Ben Laden a des résidences à Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan et d’après des responsables des taliban il a des liens étroits avec le chef de cette milice, le mullah Mohammad Omar. (AFP)
Oussama Ben Laden, cité comme suspect dans les attentats anti-américains en Afrique, est un riche fondamentaliste renié par l’Arabie séoudite qui menace les Etats-Unis depuis son exil en Afghanistan. Barbu, les yeux étroits, les pommettes saillantes, cet homme frêle de 41 ans est un héros de la résistance musulmane à l’occupation soviétique de l’Afghanistan. Déchu de sa nationalité séoudienne, accusé d’être le financier du terrorisme islamique, il a déclaré la «guerre sainte» contre les Etats-Unis et son nom refait surface à chacun des attentats anti-américains depuis des années. D’après un porte-parole du mouvement islamique Al Mouhajiroun, basé à Londres, Oussama Ben Laden a présidé une réunion de plusieurs factions islamistes en juin dernier à Peshawar, au cours de laquelle décision a été...