Ouesso, la capitale économique du nord, vit à l'heure camerounaise
le 10 août 1998 à 00h00
Coupée du reste du pays par une épaisse forêt marécageuse, Ouesso, la principale ville économique du nord du Congo, doit vivre à l’heure du Cameroun voisin. «Nous dépendons entièrement du Cameroun parce que les difficultés de communication ne nous permettent pas de nous approvisionner à Brazzaville», explique Cyrille Ngone Eboh, gérant d’un hôtel de la ville, située à plus de 900 kilomètres au nord de Brazzaville. Aucune route ne relie Ouesso, cité de 10.000 habitants qui vit essentiellement de l’exploitation forestière, au reste du Congo. Il existe certes un projet de route à travers forêts et marécages insalubres et quasiment vides de toute population. Les travaux n’ont jamais commencé, faute de financements. Le trafic fluvial est en chute libre sur la rivière Sangha qui borde la ville. Du fait du manque d’entretien des chenaux, seules quelques barges se hasardent encore au voyage Brazzaville-Ouesso, qui dure plus de deux semaines. Quant à l’avion, son coût est beaucoup trop élevé pour la majorité de la population. Faute de pouvoir rallier Brazzaville ou les autres provinces du pays, les habitants de Ouesso ont décidé de lier leur destin au Cameroun tout proche; la frontière n’est qu’à neuf kilomètres, en remontant la Sangha. Chaque jour, des pirogues motorisées, lourdement chargées, débarquent au port fluvial de la ville leurs lots de marchandises: appareils électroménagers, produits pétroliers, bière, vêtements ou encore médicaments. Ces marchandises sont importées surtout par des commerçants ouest-africains qui contrôlent presqu’entièrement le commerce à Ouesso. Les produits importés coûtent cher. C’est le cas du litre du pétrole lampant qui revient à 400 FCFA contre 170 FCFA au cours officiel et de la bière vendue à 800 FCFA contre 400 FCFA à Brazzaville. Selon le directeur régional de la santé de la Sangha, Léon Benoit Essovia, les autorités régionales favorisent les importations camerounaises pour soulager «les souffrances de la population (...). J’ai été contraint de favoriser parfois la vente illicite des médicaments parce qu’il n’y a plus de pharmacies», explique-t-il.(AFP)
Coupée du reste du pays par une épaisse forêt marécageuse, Ouesso, la principale ville économique du nord du Congo, doit vivre à l’heure du Cameroun voisin. «Nous dépendons entièrement du Cameroun parce que les difficultés de communication ne nous permettent pas de nous approvisionner à Brazzaville», explique Cyrille Ngone Eboh, gérant d’un hôtel de la ville, située à plus de 900 kilomètres au nord de Brazzaville. Aucune route ne relie Ouesso, cité de 10.000 habitants qui vit essentiellement de l’exploitation forestière, au reste du Congo. Il existe certes un projet de route à travers forêts et marécages insalubres et quasiment vides de toute population. Les travaux n’ont jamais commencé, faute de financements. Le trafic fluvial est en chute libre sur la rivière Sangha qui borde la ville. Du fait du...
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