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Actualités - Chronologie

Laurent-Désiré Kabila : d'une rebellion à l'autre (photo)

Le président de la République démocratique du Congo Laurent-Désiré Kabila, cible proclamée de la rébellion congolaise, affronte un surprenant retour de l’Histoire, inquiété par un mouvement armé 15 mois après avoir lui-même conquis le pouvoir par la force. Rebelle contre le pouvoir de l’ex-Zaïre dès les années 60, Kabila prend en octobre 1996 la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), soutenu militairement par plusieurs pays de la région, dont le Rwanda, l’Ouganda et l’Angola, et dont l’objectif est le renversement de son ennemi de toujours, le maréchal Mobutu Sese Seko. Il s’empare de Kinshasa en mai 1997, après seulement sept mois de combats, notamment à la faveur du lâchage de Mobutu par les Occidentaux, et se taille un cadre institutionnel, lui réservant pratiquement tous les pouvoirs. Le Zaïre de Mobutu devient la RDCongo de Kabila. Chapeau de paille et chemisette légère, le sourire débonnaire et la démarche rondouillarde, il tente d’abord d’imposer une image modeste, en opposition avec le luxe dont s’entourait habituellement Mobutu. Mais l’aura de «papa Kabila le libérateur» est vite entachée par les accusations de massacres de réfugiés hutus rwandais par la rébellion. Il se révèle d’une impertinence rare à l’égard des pays étrangers et des Nations Unies, dont il entrave inlassablement l’enquête sur la responsabilité de l’AFDL dans les massacres. Sans expérience Sur le plan intérieur, Kabila, homme d’Etat sans en avoir reçu la formation et entouré de collaborateurs dépourvus de la moindre expérience, accumule les échecs: l’économie ne repart pas, la corruption demeure généralisée, et de nombreux services publics sont à la dérive. Il s’illustre aussi par son autoritarisme, les arrestations arbitraires et l’interdiction des activités politiques. Il arrêtera d’ailleurs en novembre 1997, pour violation de cette interdiction, l’opposant Arthur Zahidi Ngoma, élu mercredi soir dirigeant de la rébellion. Kabila est manifestement plus un rebelle lui-même qu’un homme d’Etat. Né en 1939 à Moba dans la province du Katanga, il est étudiant en Allemagne de l’Est à la fin des années 50 et revient au Congo au moment où son pays s’apprête à obtenir son indépendance. Résolument anti-impérialiste, il soutient Patrice Lumumba, alors premier ministre, et participe à la rébellion d’inspiration marxiste qui embrase le pays. Mais le jeune lieutenant-colonel Joseph-Désiré Mobutu prend le pouvoir en 1965; et Kabila se replie dans ses montagnes de l’est, recevant l’appui du révolutionnaire argentino-cubain, Ernesto Che Guevara. Le «Che» veut alors faire du Kivu le point de départ de la «révolution mondiale». Mais quelques mois plus tard, il quitte l’Afrique sur un constat d’échec et qualifie Kabila de «touriste». «S’il a été déçu, il ne me l’a pas dit», se défend laconiquement Kabila. En 1967, il fonde le Parti révolutionnaire du peuple (PRP), en lutte contre Mobutu, puis demeure dans l’ombre jusqu’au milieu des années 90. «J’étais dans le maquis», aime-t-il à répéter, même si un membre de son entourage assure qu’il a longtemps vécu en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda. Il a depuis toujours démenti avoir été impliqué dans des trafics d’or et de diamants, dont sa région regorge. (AFP)
Le président de la République démocratique du Congo Laurent-Désiré Kabila, cible proclamée de la rébellion congolaise, affronte un surprenant retour de l’Histoire, inquiété par un mouvement armé 15 mois après avoir lui-même conquis le pouvoir par la force. Rebelle contre le pouvoir de l’ex-Zaïre dès les années 60, Kabila prend en octobre 1996 la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), soutenu militairement par plusieurs pays de la région, dont le Rwanda, l’Ouganda et l’Angola, et dont l’objectif est le renversement de son ennemi de toujours, le maréchal Mobutu Sese Seko. Il s’empare de Kinshasa en mai 1997, après seulement sept mois de combats, notamment à la faveur du lâchage de Mobutu par les Occidentaux, et se taille un cadre institutionnel, lui...