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Actualités - Chronologie

L'assainissement bancaire, priorité du nouveau gouvernement japonais (photo)

Le nouveau premier ministre japonais Keizo Obuchi a placé vendredi au centre de l’action gouvernementale l’assainissement du secteur bancaire – qu’il a comparé au cœur malade de l’économie nipponne – après des années d’indifférence de la part des pouvoirs publics. «Pour raviver l’économie japonaise, il nous faut d’abord résoudre de manière drastique le problème des mauvaises créances détenues par les institutions financières», a indiqué M. Obuchi dans son discours de politique générale, tenu devant la Chambre basse de la Diète (Parlement). Huit ans après l’éclatement de la vague spéculative des années 80, les banques de l’archipel doivent encore supporter 87.500 milliards de yens (630 milliards de dollars) de créances plus ou moins irrécupérables, selon les toutes dernières statistiques officielles. Des sources américaines parlent d’une facture qui pourrait atteindre 1.000 milliards de dollars au final. «L’argent est le sang de la société et les banques, chargées de le faire circuler, jouent le rôle du cœur. Même un petit infarctus peut entraîner une crise de tout le système financier. Je ne permettrai jamais que le système connaisse une situation critique», a lancé M. Obuchi, en appelant la Diète à adopter promptement les mesures d’assainissement qui lui ont été soumises. M. Obuchi, porté à la tête du gouvernement le 30 juillet en remplacement de Ryutaro Hashimoto, a repris l’engagement de son prédécesseur à ne pas être celui par lequel arriverait une crise du système financier mondial. «La plus importante contribution que le Japon puisse faire à l’Asie et au monde est de revigorer son économie, avec un système financier en bon état de marche», a souligné M. Obuchi, en assurant que si de nouvelles banques devaient faire faillite, les déposants continueront à être protégés. Conciliateur La feuille de route du premier ministre est déjà tracée: le dispositif législatif nécessaire, concocté par l’administration Hashimoto, a été transmis mercredi à la Diète. Les parlementaires devraient y consacrer la plus grande partie de la session extraordinaire de 70 jours, qui s’est ouverte vendredi. M. Obuchi aura besoin de tous les talents de conciliateur qu’on lui prête car son gouvernement peut difficilement faire passer en force la nouvelle législation bancaire, faute d’une majorité à la Chambre haute de la Diète. Principale formation de l’opposition, le Parti démocratique s’oppose à l’une des dispositions fondamentales du projet gouvernemental: la mise en place de banques-relais, chargées de reprendre les mauvaises créances des banques en difficultés, le temps que celles-ci soient assainies, vendues ou liquidées. Le Parti démocratique propose une nationalisation pure et simple des établissements à problème. Il estime que l’approche «en douceur» du gouvernement revient à absoudre les banques de leurs erreurs passées. Dès vendredi matin, le ministre des Finances, Kiichi Miyazawa, s’est déclaré prêt à une discussion sans tabou avec l’opposition sur tous les volets du problème, estimant qu’il n’y avait pas de «divergence idéologique» sur le dossier entre les principales formations représentées au Parlement. Pour Pelham Smithers, stratégiste chez ING Barings, un compris sur la question «n’est pas seulement une possibilité mais une quasi-certitude». Mais l’approche de M. Obuchi sur le dossier bancaire «n’est pas aussi agressive qu’il le faudrait», a regretté Mathew Poggi, économiste chez Lehman Brothers. Pour M. Poggi, qui n’accorde pas une grande longévité à son gouvernement, le nouveau premier ministre s’est attaché à traiter les problèmes de l’heure, «sans s’attaquer aux problèmes de fond de l’économie». M. Obuchi, qui dirige l’un des gouvernements les plus impopulaires de l’histoire du Japon, a confirmé dans son discours la mise en œuvre de mesures de relance ambitieuses: un collectif budgétaire de «plus de 10.000 milliards de yens» (71 milliards de dollars) et des baisses d’impôts pour un montant «considérablement» supérieur à 6.000 milliards de yens (43 mds de dollars). Ces mesures étaient largement connues et ont laissé de marbre les marchés financiers. Elles doivent permettre, selon M. Obuchi, de remettre la deuxième économie mondiale sur la voie de la croissance dans «un à deux ans», un objectif dont la modestie tranche avec l’optimisme en vigueur jusqu’ici. (AFP)
Le nouveau premier ministre japonais Keizo Obuchi a placé vendredi au centre de l’action gouvernementale l’assainissement du secteur bancaire – qu’il a comparé au cœur malade de l’économie nipponne – après des années d’indifférence de la part des pouvoirs publics. «Pour raviver l’économie japonaise, il nous faut d’abord résoudre de manière drastique le problème des mauvaises créances détenues par les institutions financières», a indiqué M. Obuchi dans son discours de politique générale, tenu devant la Chambre basse de la Diète (Parlement). Huit ans après l’éclatement de la vague spéculative des années 80, les banques de l’archipel doivent encore supporter 87.500 milliards de yens (630 milliards de dollars) de créances plus ou moins irrécupérables, selon les toutes dernières statistiques...