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Actualités - Chronologie

Soudan : les négociations de paix tournent court

Les pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et la SPLA (Armée populaire de libération du Soudan) se sont achevés sans que les deux parties ne parviennent à un accord, selon le porte-parole de la SPLA, Pagan Amum. Des propositions ont été faites pour faire face à la famine qui menace plus de 2,5 millions de personnes, principalement dans le sud du pays, et la délégation gouvernementale a appelé à un cessez-le-feu permanent, mais «il n’y a eu de convergence sur aucun point» a souligné M. Amum. La délégation gouvernementale a affirmé que les deux parties devaient s’abstenir de détourner au profit de leurs combattants respectifs l’aide alimentaire et ne devaient pas la taxer. Elle a suggéré que des observateurs des deux parties soient présents aux stations de chargement et de déchargement de l’aide alimentaire. La SPLA a accusé le gouvernement d’empêcher l’acheminement de l’aide alimentaire et d’entraver l’accès des agents des organisations humanitaires aux régions qu’il contrôle, notamment les montagnes du pays Nuba dans le centre du pays. Les deux délégations sont simplement convenues de se retrouver à Nairobi dans six mois, a-t-il précisé. La délégation du gouvernement soudanais, conduite par le ministre des Affaires étrangères Moustapha Osman Ismaïl n’a pas fait de commentaire, pas plus que le président de la conférence, le ministre des Affaires étrangères kényan, Bonaya Godana. M. Amum a souligné que même le projet de communiqué final avait donné lieu à des controverses. Deux points d’achoppement Le chef de la SPLA, John Garang est arrivé à Addis Abeba, ont indiqué des sources proches des rebelles, mais il n’a pas assisté aux pourparlers, la délégation de son mouvement étant conduite par le vice-président de la SPLA Salva Kiir. De source proche des rebelles on souligne que les négociations ont achoppé sur deux points: la délimitation géographique de ce qu’il convient d’appeler «le sud» et la question de l’application du code musulman — la «charia» —. M. Amum a accusé le gouvernement soudanais de pratiquer un «apartheid religieux». La SPLA a proposé une confédération d’une durée de deux ans du nord et du sud mais avec un sud incluant les zones centrales — sud du Kordan, sud du Nil Bleu et région d’Abyei — où, selon ce mouvement, la population est très majoritairement de type «négroïde», comme c’est le cas pour les Sudistes, mais où il y a de nombreux musulmans comme c’est le cas dans le nord. Le gouvernement soudanais a rejeté cette proposition. M. Annan a ajouté qu’aux termes de la proposition de la SPLA, chacun des confédérés garderait son armée — «parce que nous ne nous faisons pas confiance» —et mènerait sa propre politique étrangère. Au bout de ces deux années, toujours selon le porte-parole de la SPLA, un référendum dans le sud et dans les trois régions centrales permettrait aux populations de choisir entre l’autonomie ou la sécession. Selon M. Amum, on peut comparer la situation à un mariage raté: la confédération sanctionnerait la séparation tandis que le référendum correspondrait au divorce. Le gouvernement soudanais, de son côté, a proposé un système fédéral avant l’organisation d’un référendum dans le seul sud. Médiation d’Annan Les diplomates avaient été invités à une cérémonie de clôture jeudi mais ils sont partis au bout de quatre heures, alors que les discussions se poursuivaient encore mais avec les deux délégations discutant séparément avec les ministres des Affaires étrangères kényan et éthiopien. A l’ouverture de la conférence, mardi, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a proposé sa médiation dans cette guerre civile qui a fait plus d’un million de morts depuis 1983. M. Annan «se tient prêt à déployer ses bons offices (pour résoudre le conflit) si les deux parties et les médiateurs le lui demandent», annonce un communiqué publié à New York. Des délégués des deux parties ont indiqué qu’ils accueillaient favorablement cette proposition. A l’ouverture des pourparlers, le secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), Salim Ahmad Salim, a qualifié cette guerre «insensée et indéfendable». «Absolument rien ne peut justifier la poursuite du conflit. Nous devons intervenir et agir plus énergiquement. Ce conflit stigmatise tout le continent» a-t-il souligné, faisant allusion aux images, qui ont fait le tour du monde, d’enfants et d’adultes décharnés, mourant de faim. Mardi, Khartoum a étendu le cessez-le-feu à la totalité du sud mais la SPLA a accusé le gouvernement d’avoir bombardé plusieurs villages le jour même dans les montagnes de Nuba dans le sud du Kordofan, tuant trois personnes et en blessant six. John Garang doit quitter Addis Abeba pour Le Caire où il doit expliquer aux dirigeants égyptiens la situation dans le sud et rencontrer des responsables de l’Alliance démocratique du nord qui regroupe des dissidents armés du nord alliés à la SPLA. (AFP)
Les pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et la SPLA (Armée populaire de libération du Soudan) se sont achevés sans que les deux parties ne parviennent à un accord, selon le porte-parole de la SPLA, Pagan Amum. Des propositions ont été faites pour faire face à la famine qui menace plus de 2,5 millions de personnes, principalement dans le sud du pays, et la délégation gouvernementale a appelé à un cessez-le-feu permanent, mais «il n’y a eu de convergence sur aucun point» a souligné M. Amum. La délégation gouvernementale a affirmé que les deux parties devaient s’abstenir de détourner au profit de leurs combattants respectifs l’aide alimentaire et ne devaient pas la taxer. Elle a suggéré que des observateurs des deux parties soient présents aux stations de chargement et de déchargement de l’aide...