Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Nigeria : l'Etat récupère les biens de Sani Abacha

La famille et les amis de l’ancien dictateur nigérian, le général Sani Abacha, sont aujourd’hui confrontés à une minutieuse enquête sur la corruption massive pratiquée pendant les quatre ans et demi de pouvoir d’Abacha. Les autorités militaires projettent de reprendre les biens immobiliers «acquis illégalement» par Sani Abacha, pendant sa dictature, rapporte le journal indépendant de Lagos «Vanguard». Sous le titre «Le gouvernement fédéral va saisir les biens immobiliers d’Abacha», le journal raconte que «plusieurs établissements acquis de façon illégale par l’ancien chef de l’Etat, le général Sani Abacha et ses associés», vont être récupérés. «Les maisons dont la plupart se trouvent (...) à Abuja et à Lagos ont été, semble-t-il, vendues à l’ancien chef de l’Etat, aux membres de sa famille, à ses amis et à ses proches collaborateurs, à des prix ridiculement bas», explique le journal. Cette nouvelle intervient au lendemain de l’annonce par le journal «This Day» de l’arrestation d’un conseiller à la sécurité de Sani Abacha, Ismaila Gwarzo, suite à l’enquête menée actuellement par le gouvernement sur une corruption massive pratiquée sous Abacha. M. Gwarzo a été arrêté samedi dernier par des soldats lourdement armés dans son village situé dans l’Etat de Kano (nord), précisait l’article. Depuis l’arrivée au pouvoir, le 9 juin dernier, du général Abdulsalam Abubakar, en remplacement de Sani Abacha, plusieurs membres de la famille de l’ancien dictateur, ainsi que nombre de ses proches, ont reçu l’interdiction de quitter le pays ou ont été assignés à domicile. Sans ressources La femme de Sani Abacha, Maryam, s’est vu refuser deux fois l’autorisation de voyager en dehors du pays. Le mois dernier, les autorités auraient confisqué 38 valises qu’elle avait bouclées dans le but de quitter le pays. L’ancien ministre des Finances, Anthony Ani, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale, Paul Ogwuma, ont reçu l’ordre de ne pas quitter la capitale, Abuja, rapporte le journal indépendant «PM News» cette semaine. M. Ogwuma a subi la semaine dernière un interrogatoire au sujet du pillage des fonds publics sous le régime d’Abucha, explique le journal. Le montant de la corruption ne peut être chiffré mais il a augmenté sous Abacha et pourrait atteindre quelques centaines de millions de dollars. Selon le directeur du département économique de l’Ecole de commerce de Lagos, Ayodele Terriba, le prix à payer pour le Nigeria «est énorme...». «Le pays a été privé de ressources qui auraient pu être utilisées pour relancer la croissance économique», a-t-il précisé. «Désormais, nous avons besoin de réformes institutionnelles. Vous devez essayer de mettre en place des contrôles pour empêcher celui qui se trouve à la tête de l’Etat de dépenser des milliards quand il en a envie», a dit Ayodele Terriba. «Je ne pense pas que le Nigérian moyen soit plus facile à corrompre que l’Américain moyen par exemple. Mais le Nigérian moyen est plus influençable parce qu’il sait que les institutions de son pays et notamment la justice sont faibles», explique un dirigeant de l’Ecole de commerce, le professeur Pat Utomi, qui participe à la campagne anticorruption, Transparency international. Selon un article paru dans le «Vanguard» mercredi, l’un des biens immobiliers les plus visés par l’enquête est la résidence qu’Abacha possédait avant de prendre la tête du pays, alors qu’il était ministre de la Défense. Pour le moment, les proches du général Abubakar refusent de s’exprimer sur la progression de l’enquête. (AFP)
La famille et les amis de l’ancien dictateur nigérian, le général Sani Abacha, sont aujourd’hui confrontés à une minutieuse enquête sur la corruption massive pratiquée pendant les quatre ans et demi de pouvoir d’Abacha. Les autorités militaires projettent de reprendre les biens immobiliers «acquis illégalement» par Sani Abacha, pendant sa dictature, rapporte le journal indépendant de Lagos «Vanguard». Sous le titre «Le gouvernement fédéral va saisir les biens immobiliers d’Abacha», le journal raconte que «plusieurs établissements acquis de façon illégale par l’ancien chef de l’Etat, le général Sani Abacha et ses associés», vont être récupérés. «Les maisons dont la plupart se trouvent (...) à Abuja et à Lagos ont été, semble-t-il, vendues à l’ancien chef de l’Etat, aux membres de sa...