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Actualités - Chronologie

Le Kosovo, plus que jamais un casse-tête pour Tirana

Le gouvernement socialiste albanais, qui cherche à reconstruire progressivement le pays après la période d’anarchie du premier semestre 1997, voit dans le conflit du Kosovo un casse-tête bien malvenu. Des milliers de réfugiés kosovars fuyant les combats ont franchi la frontière et ont été hébergés dans le nord de l’Albanie, épuisant les ressources d’une des régions les plus pauvres d’Europe. Le gouvernement a dû trouver des fonds pour faire face à cet afflux humain en puisant dans un budget déjà très serré, le FMI (Fonds monétaire international) ayant préconisé une ligne de conduite précise pour aider le pays à sortir de l’ornière. Le regain d’instabilité dans la région a de nouveau effarouché les investisseurs étrangers que l’Albanie espérait enfin pouvoir attirer, plus d’un an après l’insurrection provoquée, au printemps de l’an dernier, par l’effondrement des sociétés pyramidales et la ruine soudaine de centaines de milliers de personnes. «L’influence la plus négative, c’est l’absence d’investissements étrangers de moyenne importance, ce qui crée un climat d’incertitude», estime Mentor Nazarko, proche collaborateur du président albanais Rexhep Mejdani. La main de fer avec laquelle la Serbie cherche à garder le contrôle du Kosovo a ravivé un courant de sympathie en Albanie pour la cause kosovare. Les mauvaises langues affirment que l’ancien président Sali Berisha, devenu chef de l’opposition de droite et qui est originaire de Tropoja, dans l’extrême-nord, cherche à attiser les sentiments nationalsites albanais pour préparer son retour sur le devant de la scène politique. «Avant que l’actuel gouvernement n’arrive au pouvoir, le point de vue que l’on avait du Kosovo à Tirana était romantique, empreint d’émotion et synonyme de propagande. Le gouvernement a estimé qu’il fallait adopter une position pragmatique», a déclaré Vladimir Prela, conseiller politique du premier ministre Fatos Nano. La paix plutôt que la guerre Le gouvernement Nano suit la ligne adoptée par le Groupe de contact (Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie, France, Allemagne et Italie) à propos du Kosovo, qui appelle à une solution négociée susceptible de déboucher sur la formation d’une troisième république au sein même de la fédération de Yougoslavie. Il s’est ainsi gardé de s’associer à ceux qui militent en faveur d’une grande Albanie, qui regrouperait l’Albanie actuelle, le Kosovo et une partie de la Macédoine, où vit aussi une importante minorité albanophone. Mais le rythme des combats s’intensifiant au Kosovo, la rhétorique des autorités de Tirana s’est faite plus virulente. «Que peut faire un pays dans cette situation? L’aggravation de la violence incite à hausser le ton», dit-il. D’un autre côté, Tirana fait l’objet de pressions pour couper les voies d’approvisionnement de l’UCK kosovare (Armée de libération du Kosovo), qui se fournit en armes et autres ressources via le nord de l’Albanie. Les autorités albanaises ont annoncé un renforcement des barrages routiers et intercepté un certain nombre de cargaisons d’armes arrivant par les ports du Sud albanais. Mais Tirana fait valoir qu’à la suite du quasi-démantèlement de son armée lors de l’insurrection de l’an dernier, elle n’a tout bonnement pas les moyens de surveiller efficacement ses 140 km de frontière avec le Kosovo. Aussi Tirana a-t-elle invité l’OTAN à venir surveiller elle-même la frontière albano-kosovare et Vladimir Prela dit s’attendre à ce que l’Alliance atlantique laisse derrière elle du matériel après ses manœuvres prévues en Albanie la semaine prochaine. «Nous avons besoin de soutien logistique pour contrôler cette frontière. Nous sommes un Etat en voie de construction», a estimé le conseiller. Pour le gouvernement socialiste albanais, les Albanais de l’ensemble des Balkans ont plus à gagner d’une démocratisation générale que d’une guerre ouverte au Kosovo. «La logique de guerre ne joue pas en faveur des Albanais. La paix œuvre davantage en leur faveur», conclut-il. (Reuters)
Le gouvernement socialiste albanais, qui cherche à reconstruire progressivement le pays après la période d’anarchie du premier semestre 1997, voit dans le conflit du Kosovo un casse-tête bien malvenu. Des milliers de réfugiés kosovars fuyant les combats ont franchi la frontière et ont été hébergés dans le nord de l’Albanie, épuisant les ressources d’une des régions les plus pauvres d’Europe. Le gouvernement a dû trouver des fonds pour faire face à cet afflux humain en puisant dans un budget déjà très serré, le FMI (Fonds monétaire international) ayant préconisé une ligne de conduite précise pour aider le pays à sortir de l’ornière. Le regain d’instabilité dans la région a de nouveau effarouché les investisseurs étrangers que l’Albanie espérait enfin pouvoir attirer, plus d’un an après...