Les Taliban continuaient de progresser hier vers Mazar-i-Sharif (nord), la seule grande ville d’Afghanistan qui leur échappe encore, annonçant même être désormais «au seuil de la victoire» finale contre leur opposition armée. Selon la radio de la milice fondamentaliste, les «étudiants en théologie» ont avancé à l’est et à l’ouest de Mazar-i-Sharif, principal bastion des forces de l’opposition, après la prise dimanche de Shiberghan, le chef-lieu de la province de Jowzjan. Située à 120 km à l’ouest de Mazar-i-Sharif, Shiberghan était une base militaire aérienne essentielle pour les troupes du général Abdul Rashid Dostam, ennemi des Taliban. En outre, des chefs locaux du district de Balkh, à une vingtaine de kilomètres de Mazar-i-Sharif, ont hissé des drapeaux blancs en signe d’allégeance au mouvement islamiste, d’après la radio des Taliban. Celle-ci a affirmé qu’avec cette nouvelle progression, les Taliban, au pouvoir à Kaboul depuis septembre 1996, étaient «au seuil de la victoire», c’est-à-dire sur le point de réaliser leur objectif de conquérir le dernier tiers du territoire afghan n’étant pas entre leurs mains. L’attaque a été menée par le ministre de l’Intérieur, le mollah Khairullah Khairkhwa, dont les hommes ont été rejoints par des troupes de la milice fondamentaliste venues de la province de Kunduz (nord-est) et que dirige le ministre de l’Information et de la Culture, le mollah Amir Khan Muttaqi, ont précisé des sources taliban. Les forces d’Amir Khan Muttaqi ont percé la ligne de front située à une centaine de kilomètres à l’est de Mazar-i-Sharif et poursuivaient leur avance, ont ajouté ces sources. Conséquence, la cité d’Hairatan, à la frontière avec l’Ouzbékistan, menaçait d’être prise à son tour par les Taliban, ont indiqué des sources indépendantes. Le CICR évacue De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a évacué par avion de Mazar-i-Sharif ses derniers collaborateurs étrangers et l’Iran a fait de même avec ses diplomates en poste dans cette ville, selon la radio d’Etat iranienne. Toutefois, selon le CICR, huit étrangers travaillant dans l’action humanitaire y sont toujours bloqués et des négociations sont en cours pour envoyer un avion les chercher. Il s’agit de membres des organisations Pharmaciens sans Frontières, Solidarités et Médecins sans Frontières, a précisé M. Juan Martinez, porte-parole du CICR. Aucun responsable de l’opposition armée n’a pu être contacté. Toutefois, des informations obtenues lundi dans la région faisaient état d’une atmosphère «calme, mais tendue» à Mazar-i-Sharif, où les différentes factions contrôlant la cité s’activent à préparer sa défense. Mazar-i-Sharif, qui est le siège de l’alliance anti-Taliban, est fréquemment le théâtre de combats entre mouvements pourtant alliés contre les Taliban et la plupart des organisations humanitaires y avaient déjà suspendu leurs activités devant les pillages réguliers et les attaques visant les représentations étrangères. Les Taliban s’étaient brièvement emparés de la ville en mai 1997, mais une révolte les en avait chassés au bout de trois jours avec de lourdes pertes. L’opposition afghane comprend principalement, outre les forces ouzbèkes du général Dostam, le Jamiat-i-Islami des Tadjikes de l’ancien président Burhanuddine Rabbani et du commandant Ahmed Shah Massoud, ainsi que le Hezb-i-Wahdat des Hazaras chiites de Karim Khalili. Le commandant Massoud fait face depuis plusieurs mois à des offensives des Taliban dans le sud de la province de Takhar (nord) et au nord de Kaboul. Le Wahdat est, quant à lui, solidement retranché dans son principal bastion montagneux du Hazarajat (centre). (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Taliban continuaient de progresser hier vers Mazar-i-Sharif (nord), la seule grande ville d’Afghanistan qui leur échappe encore, annonçant même être désormais «au seuil de la victoire» finale contre leur opposition armée. Selon la radio de la milice fondamentaliste, les «étudiants en théologie» ont avancé à l’est et à l’ouest de Mazar-i-Sharif, principal bastion des forces de l’opposition, après la prise dimanche de Shiberghan, le chef-lieu de la province de Jowzjan. Située à 120 km à l’ouest de Mazar-i-Sharif, Shiberghan était une base militaire aérienne essentielle pour les troupes du général Abdul Rashid Dostam, ennemi des Taliban. En outre, des chefs locaux du district de Balkh, à une vingtaine de kilomètres de Mazar-i-Sharif, ont hissé des drapeaux blancs en signe d’allégeance au mouvement...