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Actualités - Chronologie

Isolement international, opposition interne, marasme économique La Birmanie dans l'impasse

Dix ans après l’écrasement d’un soulèvement démocratique, la junte militaire birmane est dans l’impasse, tenue à l’écart par la communauté internationale, défiée par une opposante inflexible, Aung San Suu Kyi, et affaiblie par le marasme économique intérieur et régional. La tension était quelque peu retombée à Rangoon après l’épreuve de force de la semaine dernière entre Aung San Suu Kyi et les généraux au pouvoir, selon diplomates et résidents. Si les forces de sécurité ont été renforcées en prévision de l’anniversaire des émeutes étudiantes du «8/8/88», samedi, elles restent relativement discrètes et la capitale est calme pour le moment, ont-ils affirmé. Selon un analyste birman à Rangoon, à moins d’une disette de riz, le «facteur de désespoir» — notamment une démonétisation qui avait jeté la population dans les rues en août 1998 — «n’est pas présent aujourd’hui». La police est ostensiblement déployée, comme d’habitude, autour de la résidence de la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le principal parti de l’opposition légale. Mais la junte a autorisé des militants et des vétérans de la LND à lui rendre visite depuis le week-end dernier. «La dame», comme l’appellent les Birmans, est parvenue, seule, à embarrasser considérablement la junte au moment où les pays de l’Association des nations du sud-est asiatique (ASEAN), dont fait partie la Birmanie depuis un an, conféraient avec leurs partenaires occidentaux à Manille. Six jours durant, elle est restée bloquée dans sa voiture, en rase campagne, empêchée de rencontrer ses partisans, avant de devoir regagner la capitale sous la contrainte. Le prix Nobel de la paix, qui récupère de l’épreuve, a promis de tenter «encore et encore» de sortir de Rangoon tandis que la junte, exaspérée, l’accuse toujours d’avoir «prémédité» la confrontation avec l’assistance «d’ambassades étrangères». Au-delà de l’anniversaire de samedi, placé sous haute surveillance, Aung San Suu Kyi n’a pas l’intention de relâcher sa pression sur le régime militaire. La Ligue a réitéré sa demande aux généraux de convoquer, d’ici le 21 août, le Parlement issu des élections pluralistes de 1990 qu’elle avait remportées haut la main. Les militaires ont refusé de reconnaître la victoire de l’opposition et le Parlement n’a jamais siégé. Toutefois, si Mme Suu Kyi a rallié l’opinion internationale contre la junte, certains membres de l’opposition lui reprochent de maintenir son parti dans une opposition stérile qui risque à terme de l’isoler sur la scène politique intérieure. Depuis dix ans, les généraux n’ont cédé en rien sur les revendications démocratiques de l’opposition et il est très improbable qu’ils accepteront de réunir le Parlement de 1990. Fustigés par les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis et l’Union européenne, ils sont de plus en plus isolés, sourds à tous les appels au dialogue avec l’opposition. Même au sein de l’ASEAN, la Birmanie est devenue une pomme de discorde qui menace la politique de consensus tant prisé par le groupe régional. (AFP)
Dix ans après l’écrasement d’un soulèvement démocratique, la junte militaire birmane est dans l’impasse, tenue à l’écart par la communauté internationale, défiée par une opposante inflexible, Aung San Suu Kyi, et affaiblie par le marasme économique intérieur et régional. La tension était quelque peu retombée à Rangoon après l’épreuve de force de la semaine dernière entre Aung San Suu Kyi et les généraux au pouvoir, selon diplomates et résidents. Si les forces de sécurité ont été renforcées en prévision de l’anniversaire des émeutes étudiantes du «8/8/88», samedi, elles restent relativement discrètes et la capitale est calme pour le moment, ont-ils affirmé. Selon un analyste birman à Rangoon, à moins d’une disette de riz, le «facteur de désespoir» — notamment une démonétisation qui...