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Actualités - Chronologie

Les truffes du désert, une aubaine pour les irakiens sous embargo (photo)

Une récolte exceptionnelle de truffes du désert a constitué cet hiver une aubaine pour les Irakiens sous embargo, qui peuvent pour une fois profiter d’un produit de luxe sans payer en devises.Les truffes, considérées comme un mets de choix dans l’ensemble du monde arabe, poussent dans le désert et les plateaux arides de l’ouest de l’Irak, près des frontières avec la Syrie, la Jordanie et l’Arabie Séoudite. Connues en arabe sous le nom de Kama, elles sont récoltées en février et mars. «Elles poussent s’il pleut en octobre et en novembre», dit Souhail Najem, un commerçant du marché alimentaire de Chawarqa à Bagdad. «Quand il y a des éclairs au-dessus du désert, c’est toujours bon signe». Cette année, les truffes arrivent sur les marchés de la capitale en quantités tellement importantes qu’elles se vendent au prix extrêmement bas de 1.000 dinars irakiens (60 cents) le kilo. L’an dernier, la récolte étant plus mauvaise, elles atteignaient 15.000 dinars (10 dollars) le kilo selon les commerçants, un prix prohibitif pour les Irakiens en raison de la chute du dinar. L’abondance des truffes a conduit à une baisse des prix de la viande et du poisson, les Irakiens, qui en raffolent, estimant qu’il s’agit d’un bon substitut et les cuisinent notamment en ragoût. Chaque cent grammes de Kama apportent 101 calories. Le prix du poisson pêché dans le Tigre qui traverse Bagdad est tombé de 3.000 dinars (deux dollars) à 1.500 dinars le kilo depuis que les truffes ont commencé à affluer sur les marchés le mois dernier. Quant à la viande, le kilo se vend à 2.500 dinars contre 3.500 il y a deux mois. «Beaucoup de gens achètent des kilos de truffes et les congèlent pour l’été,» dit Ibrahim Shabout, un vendeur de Kama «Les moins nantis en achtètent un peu et considèrent les truffes comme un plat de fête. Les plus pauvres ne peuvent se les offrir, même à ce prix», ajoute-t-il. Un don du ciel Avant la crise du Golfe en 1990 et l’imposition des sanctions, l’Irak importait la plus grande partie de ses besoins alimentaires. En raison de l’appauvrissement général dû à l’effondrement de la monnaie irakienne, une grande partie de la population subsiste grâce aux rations du gouvernement qui leur fournit les produits de base comme le riz et la farine. «Les truffes sont un don du ciel que nous recevons chaque année», dit un acheteur. Les truffes sont tellement prisées dans le monde arabe qu’elles donnent lieu à un trafic illicite. Selon les marchands à Bagdad, un grand nombre de commerçants syriens sont arrivés dans la capitale pour s’en procurer. A Beyrouth, même en pleine saison, les Kama se vendent entre 10 et 30 dollars le kilo, la meilleure qualité peut atteindre les 150 dollars le kilo hors saison. Cette année, dans la capitale libanaise, les prix ont chuté pour plafonner autour de 5-6 dollars le kilo. Le président irakien Saddam Hussein a offert trois paniers de truffes le mois dernier au secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. Ce présent figurait parmi 63 autres cadeaux offerts à M. Annan et sa délégation après le succès de leur mission à Bagdad ayant débouché sur la signature d’un accord avec l’Irak, ce qui devait mettre un terme à la crise sur le désarmement. La délégation de Kofi Annan a laissé les truffes à Bagdad pour qu’elles soient cuisinées à l’intention du personnel de l’ONU. «Ce n’est pas souvent qu’on a l’occasion de manger un cadeau du président Saddam Hussein», a dit un responsable de l’ONU. (AFP)
Une récolte exceptionnelle de truffes du désert a constitué cet hiver une aubaine pour les Irakiens sous embargo, qui peuvent pour une fois profiter d’un produit de luxe sans payer en devises.Les truffes, considérées comme un mets de choix dans l’ensemble du monde arabe, poussent dans le désert et les plateaux arides de l’ouest de l’Irak, près des frontières avec la Syrie, la Jordanie et l’Arabie Séoudite. Connues en arabe sous le nom de Kama, elles sont récoltées en février et mars. «Elles poussent s’il pleut en octobre et en novembre», dit Souhail Najem, un commerçant du marché alimentaire de Chawarqa à Bagdad. «Quand il y a des éclairs au-dessus du désert, c’est toujours bon signe». Cette année, les truffes arrivent sur les marchés de la capitale en quantités tellement importantes qu’elles se...