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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers La livre toujours victime des tiraillements politiques

Le marché des changes de Beyrouth s’est davantage ressenti, la semaine dernière, des tiraillements politiques intérieurs, laissant craindre le pire pour la livre libanaise. Toutefois, la résistance que celle-ci faisait preuve face au dollar, depuis assez longtemps, ne devait pas faiblir après l’incident intervenu, jeudi dernier, entre le président de la Chambre et le chef du gouvernement, grâce à l’action de la Banque du Liban (B.D.L.) d’un côté, et le retour rapide à la normale de la situation politique, d’un autre côté. Mais il n’en demeure pas moins que le climat manque toujours de sérénité du fait que la réconciliation intervenue aussitôt entre les deux chefs du Législatif et de l’Exécutif n’a pas encore résolu le problème qui semblait les opposer, à savoir la nouvelle échelle des traitements du secteur public et le cumul des années de service d’une catégorie de fonctionnaires, et qui sera examiné de nouveau dans cinq semaines à la Chambre. C’est ainsi que l’incertitude a persisté au sujet de tous ces engagements tenus par le gouvernement surtout celui de maintenir le déficit budgétaire pour l’exercice financier en cours dans les limites prévues par la loi de finances votée fin janvier. Cela d’autant que les autorités ne savent effectivement pas comment elles tiendront toutes leurs promesses avec les solutions très contestées qui s’offrent à elles pour renflouer les recettes du Trésor, allant de «l’étage Murr» jusqu’à l’impôt de 1% sur les affaires. Dans ce contexte d’incertitude, sinon d’inquiétude, il n’est guère surprenant que les opérateurs préfèrent toujours rester sur la défensive, s’abstenant à se dessaisir du dollar. En effet, la demande en cette monnaie, pour des besoins commerciaux et non commerciaux confondus, ne parvenait donc pas à trouver une contrepartie valable à la vente dans les marges fixées par la B.D.L. en dehors de celle-ci. C’est ainsi que le «billet vert» a dû achever la semaine dernière dans une fourchette large comprise entre 1517,50 et 1528,50 L.L. et au taux moyen indicatif de 1523,00 L.L. contre 1518,00 / 1529,00 L.L. et au taux moyen indicatif de 1523,50 L.L., à la fin de la semaine qui l’avait précédée, en léger repli apparent de 0,033% en moyenne. Mais, en raison de la propension du marché à l’achat plutôt qu’à la vente du dollar, celui-ci continuait d’être pratiquement négocié dans les échanges interbancaires au point supérieur d’intervention de la B.D.L., dans une marge très étroite entre 1528,50 et 1529,00 L.L., avec des volumes d’affaires modérément nourris et presque entièrement placés à la vente par la B.D.L., à 1529,00 L.L. puis à 1528,50 L.L après qu’elle eut abaissé le haut de sa fourchette d’intervention, jeudi dernier, de 1529,00 à 1528,50 L.L. Reprise du dollar à l’étranger A l’étranger, le dollar s’est apprécié, la semaine dernière, face à toutes les autres grandes monnaies, notamment le yen et le deutsche mark, surtout après la publication des chiffres du chômage américain pour le mois de février, et en raison de l’essoufflement des spéculations sur un éventuel plan de relance de l’économie japonaise. Les statistiques de l’emploi aux Etats-Unis, qui ont révélé un nombre de créations de postes non agricoles supérieur aux prévisions, ont donc relancé les craintes de surchauffe économique et de pressions inflationnistes par les salaires. Ce phénomène, qui rend plus probable une hausse des taux d’intérêt américains par la Réserve fédérale (Fed), est venu donc nourrir un fort courant d’achat du dollar dans cette perspective, à la veille du week-end. A cet égard, les opérateurs ont été très sensibilisés par le fait que l’économie américaine aurait créé 310.000 emplois nets, en février, soit plus que les 247.000 attendus, témoignant de la persistance d’une croissance vigoureuse depuis sept ans, avec un taux de chômage de 4,6% (le plus bas depuis 24 ans) contre 4,7%, en janvier et un salaire horaire en hausse de 0,6% à 12,60 dollars. Ce sentiment a été renforcé par la publication d’autres statistiques reflétant une surchauffe de l’économie américaine, dont l’augmentation de 10,3% des ventes de logements neufs, en janvier, contre une diminution de 9,7%, en décembre; la hausse de 0,5% des commandes aux fabriques contre une baisse de 2,6% et la progression de 0,6% des revenus personnels des Américains contre 0,4% pendant la même période. En outre, la poussée du dollar a été encouragée par des propos d’un membre de la Bundesbank, Klaus-Dieter Kühbacher, qui a déclaré à un hebdomadaire belge ne pas voir la nécessité d’une hausse des taux d’intérêt allemands en 1998, pendant qu’un autre membre de ce même organisme, Helmut Hess, affirmait qu’il y aurait même une marge pour une baisse de ces taux avant la mise en place de l’euro début 1999. Le dollar devait également trouver appui face au yen après que les spéculations sur l’annonce prochaine de mesures supplémentaires pour relancer l’économie japonaise eurent perdu de leur influence sur le marché en fin de semaine. Cela d’autant que la devise nippone souffrait toujours de l’ouverture d’une enquête judiciaire contre le vice-ministre des Finances, Eisuke Sakakibara, surnommé «Monsieur Yen», mis en cause pour une affaire de corruption, à un moment où la volatilité des devises asiatiques, la semaine dernière, contribuait aussi à tirer la devise japonaise vers le bas. Quoi qu’il en soit et malgré l’attente de la publication cette semaine des chiffres de février des ventes de détail aux Etats-Unis, jeudi, et des prix à la production, vendredi, nombre d’analystes jugent qu’un resserrement de la politique monétaire de la Fed serait très probable le mois prochain, lors de la réunion du comité de l’open market. Dans cette perspective, le dollar devait être recherché à la veille du week-end, achevant la semaine, à New York, vendredi dernier, en comparaison avec la clôture de la semaine qui l’avait précédée, comme suit : — 1,6355 pour un sterling contre 1,6455 (+0,61%). — 1,8330 D.M. contre 1,8145 (+1,02%). — 1,4925 F.S. contre 1,4660 (+1,81%). — 6,1445 F.F. contre 6,0870 (+0,95%). — 1801,00 lires contre 1786,75 (+0,80%). — 127,95 yen contre 126,10 (+1,47%). Affaiblissement de l’or Reflétant la fermeté du dollar, d’un côté, et l’effritement des prix pétroliers, d’un autre côté, les cours de l’or ont renoué avec la baisse, la semaine dernière. En effet, un fort courant de ventes bénéficiaires s’est installé sur le marché du métal fin à l’approche du seuil des 300,00 dollars l’once, la ramenant, vendredi dernier, à New York, à 294,60 dollars contre 299,10 dollars à la fin de la semaine qui l’avait précédée, en repli de 1,50% d’une huitaine à l’autre. Quant à l’argent-métal, dont le marché est largement livré à la spéculation, il s’est rapidement tassé sous la pression des attaques à la baisse. La parité de l’once a dû, en effet, dégringoler de 6,43 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 27 février, à 6,0350 dollars, à la fin de la semaine dernière, à New York, en forte chute de 6,14% en moyenne.
Le marché des changes de Beyrouth s’est davantage ressenti, la semaine dernière, des tiraillements politiques intérieurs, laissant craindre le pire pour la livre libanaise. Toutefois, la résistance que celle-ci faisait preuve face au dollar, depuis assez longtemps, ne devait pas faiblir après l’incident intervenu, jeudi dernier, entre le président de la Chambre et le chef du gouvernement, grâce à l’action de la Banque du Liban (B.D.L.) d’un côté, et le retour rapide à la normale de la situation politique, d’un autre côté. Mais il n’en demeure pas moins que le climat manque toujours de sérénité du fait que la réconciliation intervenue aussitôt entre les deux chefs du Législatif et de l’Exécutif n’a pas encore résolu le problème qui semblait les opposer, à savoir la nouvelle échelle des traitements...