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Actualités - Chronologie

Quand l'ONU atténue (en français)\ Une résolution (en anglais)

Si l’Irak viole l’accord sur les inspections, encourt-il «les conséquences les plus graves» ou seulement «de très graves conséquences»? A l’ONU où, plus qu’ailleurs, les mots comptent, cela peut augurer de belles batailles diplomatiques. Le texte anglais de la résolution 1154 («any violation would have severest consequences for Iraq») a été traduit en français par les services officiels de l’ONU par «toute violation aurait de très graves conséquences pour l’Irak». Selon des diplomates, c’est la France qui a exigé cette traduction, au lieu d’autres formules comme «conséquences de la plus grande gravité», modifiant ainsi subrepticement la portée de l’avertissement à l’Irak, du moins dans la langue de Molière. A l’ONU, les textes sont publiés en six langues et sont tous considérés comme des originaux. La différence n’est pas anodine, car elle a permis à l’ambassadeur américain à l’ONU, Bill Richardson, de crier victoire, en se référant au texte en anglais. «C’est une grande victoire pour nous car nous avons obtenu que «très sérieuses conséquences» soit changé en «les conséquences les plus graves». Nous avons donc obtenu plus que ce que nous voulions», s’est félicité le diplomate américain. Les quinze membres du Conseil de Sécurité ont voté lundi soir à l’unanimité la résolution 1154, qui entérine l’accord signé à Bagdad le 23 février par le secrétaire général de l’ONU et l’Irak. Par cet accord, l’Irak s’engage à ouvrir tous ses sites aux inspecteurs de l’ONU à la recherche d’armes de destruction massive. Mais que se passera-t-il si Bagdad ne respecte pas son engagement? Cela a été l’enjeu de cinq jours de laborieuses négociations entre les tenants d’un langage menaçant (Etats-Unis et Grande-Bretagne) et les pays opposés à un recours à la force (Chine, France, Russie). Le précédent de la 242 C’est ainsi que les premières versions du projet de résolution britannique avertissaient qu’une violation aurait «les conséquences les plus graves» («the severest consequences»). Au fil des négociations, l’Irak était prévenu que cela n’aurait plus que «des conséquences très graves» («very serious consequences»). La version finale en anglais est — presque — revenue au projet initial, mais sans l’article défini «the», ce qui marque une certaine atténuation de la menace. Cet article a été supprimé à la demande de la Chine et a fait l’objet de négociations entre experts, ont affirmé des diplomates. La querelle linguistique la plus célèbre concerne le texte de la résolution 242, du 22 novembre 1967. Selon le texte en français de la 242, votée cinq mois après la «guerre des six jours» entre Israël et les pays arabes, «l’instauration d’une paix juste et durable» passe par le «retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés pendant le récent conflit». En revanche, la version anglaise de ce même alinéa ne mentionne pas l’article défini «the» devant le mot «territoires» («withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict»), ce qui avait entraîné des doutes sur un «retrait des territoires» ou un retrait «de» territoires. (AFP)
Si l’Irak viole l’accord sur les inspections, encourt-il «les conséquences les plus graves» ou seulement «de très graves conséquences»? A l’ONU où, plus qu’ailleurs, les mots comptent, cela peut augurer de belles batailles diplomatiques. Le texte anglais de la résolution 1154 («any violation would have severest consequences for Iraq») a été traduit en français par les services officiels de l’ONU par «toute violation aurait de très graves conséquences pour l’Irak». Selon des diplomates, c’est la France qui a exigé cette traduction, au lieu d’autres formules comme «conséquences de la plus grande gravité», modifiant ainsi subrepticement la portée de l’avertissement à l’Irak, du moins dans la langue de Molière. A l’ONU, les textes sont publiés en six langues et sont tous considérés comme...