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Actualités - Chronologie

Rôle crucial pour un personnage effacé : le président de la République

Avec la perspective d’un Parlement sans majorité absolue, le président de la République indienne, personnage effacé et essentiellement protocolaire, va jouer un rôle crucial pour décider du gouvernement de la plus grande démocratie du monde. Il appartiendra à l’affable Kocheril Raman Narayanan, 77 ans, premier président issu des «intouchables», de faire appel au cours des prochains jours au parti, ou au groupe de partis, le plus apte à ses yeux de former un gouvernement stable. Alors que les bulletins de vote pour les élections législatives sont en cours de dépouillement, on s’attend, comme prévu par les sondages, à une nouvelle Chambre introuvable. Les nationalistes hindous du parti BJP, dans l’opposition jusqu’à présent, devraient arriver nettement en tête avec leurs alliés, sans majorité absolue, devant le parti du Congrès et le Front uni dont le gouvernement est tombé en novembre dernier. Logiquement, M. Narayanan devrait appeler le BJP à tenter de former un gouvernement. Mais, a expliqué un spécialiste de droit constitutionnel, Soli Sorabjee, les nationalistes hindous devront être en mesure de convaincre le président de leur capacité à réunir une majorité stable et à former un gouvernement ayant une chance de tenir, ce qui pourrait être problématique. Le rêve de Gandhi «Un parti ne peut pas simplement lancer des affirmations, ce serait futile. Il lui faut convaincre», a dit M. Sorabjee. M. Narayanan est en effet conscient de la crise qui suivit les précédentes législatives, en 1996. Déjà, le BJP était arrivé avec ses alliés en tête du scrutin, sans majorité absolue avec 193 des 545 sièges à l’assemblée du peuple. Il avait été appelé à former un gouvernement, qui tomba après treize jours. «1996 affectera la décision de Narayanan», a estimé M. Sorabjee. Mais il a souligné que les rivaux du BJP, auxquels le président pourrait aussi faire appel, ne peuvent guère se targuer de représenter la stabilité. Après l’échec du BJP en 1996, le Front uni, alliance disparate de 13 partis allant du centre aux communistes, avait gouverné pendant 18 mois, avec le soutien du Congrès au Parlement. Mais le Congrès avait obtenu la chute de deux gouvernements minoritaires. L’Inde ayant un régime hérité de l’ancienne puissance coloniale britannique, le pouvoir appartient au premier ministre et le président de la République, premier personnage de l’Etat, n’a qu’un rôle limité, sauf justement dans un cas de Chambre introuvable ou de crise politique. Ancien professeur d’université, journaliste, ambassadeur, parlementaire et vice-président, M. Narayanan est devenu président en juillet 1997. Son élection (par de grands électeurs) a coïncidé avec le cinquantenaire de l’indépendance de l’Inde et a réalisé le rêve du Mahatma Gandhi, «père» de la nation, qu’un jour le pays ait à sa tête un «intouchable», issu des couches les plus basses de la complexe hiérarchie sociale indienne. Intellectuel unanimement respecté, M. Narayanan avait reçu le soutien de tous les partis. (AFP)
Avec la perspective d’un Parlement sans majorité absolue, le président de la République indienne, personnage effacé et essentiellement protocolaire, va jouer un rôle crucial pour décider du gouvernement de la plus grande démocratie du monde. Il appartiendra à l’affable Kocheril Raman Narayanan, 77 ans, premier président issu des «intouchables», de faire appel au cours des prochains jours au parti, ou au groupe de partis, le plus apte à ses yeux de former un gouvernement stable. Alors que les bulletins de vote pour les élections législatives sont en cours de dépouillement, on s’attend, comme prévu par les sondages, à une nouvelle Chambre introuvable. Les nationalistes hindous du parti BJP, dans l’opposition jusqu’à présent, devraient arriver nettement en tête avec leurs alliés, sans majorité absolue, devant...