L’enfance de Shimon Kadouch, c’était le football, mais il est devenu religieux et ne peut plus s’adonner à sa passion le samedi, jour saint selon la tradition juive et jour de repos hebdomadaire en Israël. Depuis son «retour» à la religion, il y a six ans, M. Kadouch n’a pas assisté à un seul match de son équipe favorite du Beitar Jérusalem, parce que, pendant le shabbat, il est interdit de conduire, d’acheter des billets ou même de taper dans un ballon. M. Kadouch, 39 ans, et ses amis ont cherché à convaincre les équipes du pays de jouer le dimanche, en vain. Ce mois-ci, M. Kadouch a présenté une pétition à la Cour suprême d’Israël pour forcer la fédération de football à choisir un autre jour pour les matches de football. «Pendant 50 ans (depuis la création d’Israël), les juifs laïcs nous ont imposé le football pendant le shabbat et ont mis des gens comme nous sur la touche», déclare-t-il. «Il est temps que, dans un Etat juif, les juifs aient la possibilité d’assister à des matches de football», ajoute l’homme, vêtu d’un long manteau noir et portant le chapeau des juifs ultra-orthodoxes. Mais la plupart des joueurs et entraîneurs s’opposent à tout changement qui, pour eux, entraînerait des pertes financières. Ils craignent que les supporters, qui travaillent le dimanche, n’assistent pas aux rencontres même si elles avaient lieu le soir. «Cette idée n’est pas rationnelle», déclare M. Abraham Lévy, directeur du Beitar Jérusalem. «Si les matches de football sont déplacés le dimanche, nous perdrons beaucoup», ajoute-t-il. «Il nous est arrivé de jouer en semaine et à peine une centaine de religieux sont venus. Mais si nous changions de jour, nous perdrions des milliers de supporters laïcs», poursuit le directeur du club. M. Kadouch affirme que quelque 40.000 fans de football, dont la plupart respectent le repos du shabbat sans pour autant être religieux orthodoxes, ont signé sa pétition pour tenir les rencontres le dimanche. Pour les laïcs, cette pression exercée au sujet d’un sport très populaire est une nouvelle tentative des religieux d’imposer leur mode de vie à l’ensemble du pays. Les partis juifs orthodoxes ont reporté un cinquième des sièges au Parlement lors des élections de 1996. Les tensions entre les deux communautés ont entraîné des violences sporadiques dans certaines villes du pays, où les juifs laïcs affirment que les orthodoxes tentent de leur imposer des lois religieuses. M. Gabri Lévy, le président de la fédération de football, ne s’oppose pas totalement à l’idée des matches le dimanche, mais il estime que les changements doivent se faire en douceur. «Personne ne peut nous forcer la main. Quiconque essaye de nous imposer ses vues ne fera qu’éloigner la possibilité que cela se réalise», déclare-t-il. M. Lévy a organisé des sondages parmi les fans pour déterminer s’ils sont prêts à assister aux matches le dimanche soir. «Le dimanche est envisageable, aussi longtemps que cela ne portera pas préjudice au football et n’entraînera pas des pertes financières. Aujourd’hui, nous sommes à 50-50», estime-t-il. Si les matches étaient joués le dimanche, «ce serait bon pour le football et pour les fans, parce que les gens pourraient rester en famille et se reposer pendant le shabbat. Cela n’a rien à voir avec la religion», ajoute-t-il. Pour Shimon Kadouch, le symbole du Beitar, un chandelier à sept branches sur un ballon de football, prouve que la religion est le sport peuvent coexister. «Depuis que je suis revenu à la religion, je découvre que ma vie est plus calme», estime M. Kadouch. «Mais en quoi le sport serait-il mauvais? C’est sain est ça va bien avec la religion». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’enfance de Shimon Kadouch, c’était le football, mais il est devenu religieux et ne peut plus s’adonner à sa passion le samedi, jour saint selon la tradition juive et jour de repos hebdomadaire en Israël. Depuis son «retour» à la religion, il y a six ans, M. Kadouch n’a pas assisté à un seul match de son équipe favorite du Beitar Jérusalem, parce que, pendant le shabbat, il est interdit de conduire, d’acheter des billets ou même de taper dans un ballon. M. Kadouch, 39 ans, et ses amis ont cherché à convaincre les équipes du pays de jouer le dimanche, en vain. Ce mois-ci, M. Kadouch a présenté une pétition à la Cour suprême d’Israël pour forcer la fédération de football à choisir un autre jour pour les matches de football. «Pendant 50 ans (depuis la création d’Israël), les juifs laïcs nous ont...