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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Marché attentiste à Beyrouth

Sur le marché des changes de Beyrouth, bien que les opérateurs se soient débarrassés, la semaine dernière, de leurs soucis relatifs au conflit opposant Washington et Bagdad, après que le secrétaire général de l’O.N.U. fut parvenu à un accord à ce sujet excluant toute frappe américaine de l’Irak, ils sont demeurés très réticents vis-à-vis des placements en livre libanaise. Nombre d’entre eux ne voyaient pas encore leurs préoccupations concernant la situation intérieure au Liban prises en compte, tant sur le plan politique que sur le plan financier et semblaient attendre les résultats des concertations entamées par le chef du gouvernement avec les dirigeants politiques, spirituels et économiques du pays afin de trouver une solution judicieuse au problème de financement de la nouvelle échelle de traitements du secteur public, des projets de développement socio-économique dans certaines régions et du plan de retour des “déplacés”..., sans pour autant aggraver davantage le déficit budgétaire pour l’exercice financier 1998. A cet égard, ils ont appris, tout d’abord, que la situation sociale dans le pays est aussi inquiétante que la situation économique et financière, mais ils ont retenu des déclarations du chef du gouvernement que la plupart de ses interlocuteurs se seraient d’accord sur la nécessité de maintenir le déficit budgétaire tel qu’il est prévu pour l’exercice financier en cours, tout en soulignant la responsabilité du gouvernement de trouver les sources de financement nécessaires à tous ces projets selon une échelle de priorités. C’est ainsi qu’un certain climat d’expectative et de prudence ne tardait pas à s’installer sur le marché des changes, la semaine dernière, dans l’attente des délibérations du Conseil des ministres à ce sujet, demain, à la veille de la réunion de la Chambre des députés, mercredi et jeudi, pour l’examen de ces dossiers figurant à son ordre du jour. Dans ce contexte, il n’était donc pas surprenant que les opérateurs tendaient à s’abstenir encore une fois à se dessaisir du dollar pour s’engager sur la livre libanaise malgré le différentiel de taux en sa faveur, estimant devoir rester sur la défensive. En effet, la Banque du Liban (B.D.L.), toujours soucieuse de sauvegarder la stabilité monétaire et de préserver l’équilibre entre la demande et l’offre du «billet vert», s’est déclarée prête à le vendre, toute la semaine dernière, à 1529,00 L.L. tout en procédant à l’abaissement de son taux «symbolique» à l’achat de 1519,00 L.L. à 1518,50 L.L., mardi, puis à 1518,00 L.L., mercredi, pour le faire clôturer, vendredi dernier, au taux moyen indicatif de 1523,50 L.L. contre 1524,00 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 20 février, en léger repli «apparant» de 0,033% en moyenne. Mais, eu égard à la propension des opérateurs à l’achat plutôt qu’à la vente du dollar, celui-ci continuait à être pratiquement négocié sur le marché interbancaire bien au-dessus de ce taux indicatif et plus précisément au point supérieur d’intervention de la B.D.L., soit entre 1528,75 et 1529,25 L.L., avec un point d’ancrage à 1529,00 L.L., dans des volumes d’affaires modérément nourris, témoignant de l’hésitation des agents financiers à prendre de nouvelles initiatives dans un sens ou dans un autre en cette période marquée d’incertitudes. Accès de faiblesse du dollar à l’étranger A l’étranger, les considérations économico-financières reprenant le dessus, le dollar devait éprouver beaucoup de difficultés, la semaine dernière, à conserver les niveaux élevés qu’il avait enregistrés en tant que «monnaie-refuge» au plus fort du conflit américano-irakien. Sa tendance a été déterminée, d’une part, par les conjectures auxquelles ont donné lieu les propos tenus par le premier ministre japonais, Ryutaro Hashimoto, devant la Diète (parlement) selon lesquels il pourrait geler temporairement sa politique d’assainissement budgétaire, ravivant ainsi l’espoir de mesures de relance économique, et, d’autre part, par les craintes d’une résurgence des tensions inflationnistes aux Etats-Unis dans un contexte de statu quo monétaire, après les déclarations faites à ce sujet par le président de la Réserve fédérale (Fed), Alan Greenspan, mardi et mercredi, au Congrès. Ainsi, les perspectives d’une reprise conjoncturelle au Japon, après la mise en application de ce nouveau collectif budgétaire dès le début de l’exercice financier qui commencera le 1er avril, sont venues soutenir le yen aux dépens du dollar dans la mesure que ce phénomène, conjugué à des réductions fiscales en vue, est censé promouvoir les investissements dans l’économie nippone. En effet, le dollar ne tardait pas à subir la pression des ventes bénéficiaires le ramenant de 129,00 yen environ à 126,00 yen pendant la deuxième moitié de la semaine, au moment où les déclarations de Greenspan venaient de jeter du froid sur les marchés. Celui-ci avait laissé entendre que la crise asiatique ne devrait pas avoir l’effet modérateur qu’on pouvait attendre sur la croissance de l’économie américaine qui semble toucher à la surchauffe selon les récentes données conjoncturelles, sans pour autant donner l’impression que les taux d’intérêt américains pourraient bouger vers le haut ultérieurement pour contrecarrer ces tendances inflationnistes qui compromettent généralement la rentabilité réelle du dollar. Les nouvelles statistiques en provenance des Etats-Unis sont venues donc renforcer la désaffection des marchés pour le dollar dans la mesure qu’elles ont reflété des signes de surchauffe. A cet égard, les opérateurs ont fait état de la hausse de l’indice des directeurs d’achats américains de 52,40 points en janvier à 62,00 points, le mois dernier, et de celui de l’Université de Michigan mesurant le sentiment des consommateurs de 106,60 à 110,40 points, ainsi que l’indice du «Conference Board» relatif à la confiance des consommateurs lequel a progressé de 128,3 à 138,3 points pendant la même période, témoignant de l’extrême vigueur de la croissance économique au début de cette année. Cela d’autant qu’ils ont appris que les commandes de biens durables auraient augmenté de 0,7%, en janvier, contre une baisse 5,5%, en décembre, ainsi que les reventes de logements dans une même proportion contre une baisse de 2,1% pendant la même période, à un moment où le département de Commerce venait de réviser à la hausse le taux de croissance du produit intérieur brut (P.I.B.) américain au quatrième trimestre 1997 de 3,6% attendu à 3,9% contre 3,1% au troisième, confirmant la solidité de l’économie américaine. Compte tenu de toutes ces considérations, nombre d’opérateurs craignant un statu quo monétaire aux Etats-Unis malgré les signes de surchauffe de leur économie et anticipant les mesures de relance envisagées au Japon, ont estimé devoir se dégager massivement sur la parité dollar/yen et ajuster leurs positions en devises européennes. C’est ainsi qu’à New York, le «billet vert» a dû achever la semaine, vendredi dernier, en comparaison avec la fin de la semaine se terminant au vendredi 20 février, en baisse comme suit : — 126,10 yen contre 128,00(—1,48% ). — 1,6455 pour un sterling contre 1,6380 (— 0,46% ). — 1,8145 D.M. contre 1,8215 (—0,38% ). — 6,0870 F.F. contre 6,1045 (—0,29% ). — 1,4660 F.S. contre 1,4685 (—0,17% ). — 1786,75 lires contre 1796,90 (—0,56% ). Résistance de l’or L’or, qui présentait des signes de vulnérabilité au début de la semaine dernière, sous l’effet de la chute des prix pétroliers entraînée par le règlement pacifique du conflit américano-irakien au lendemain de la décision du Conseil de Sécurité de l’O.N.U. de doubler la quantité de pétrole que l’Irak est autorisé à exporter, s’est montré plus résistant ensuite à ces influences baissières. Des achats à bon compte conjugués à des rachats de découvert au seuil de 290,00 dollars l’once ont donné ainsi un coup d’arrêt à la baisse du métal fin, lui permettant d’achever la semaine, vendredi dernier, à New York, à 299,10 dollars contre 298,10 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 20 février, en légère hausse de 0,34% en moyenne. Quant à l’argent-métal, il n’est pas parvenu à recouvrer tout le terrain qu’il avait perdu pendant la deuxième moitié de la semaine, l’achevant vendredi dernier, à New York, à 6,43 dollars l’once. Désignation des monnaies Dollar en L.L. Sterling en $ Dollar en D.M. Dollar en F.S. Dollar en F.F. Dollar en lires Dollar en yen OR L’once en $ ARGENT L’once en $ 20.2.98 1524,00 1,6380 1,8215 1,4685 6,1045 1796,90 128,00 298,10 6,5160 23.2.98 1524,00 1,6490 1,7935 1,4480 6,0040 1769,00 127,80 294,10 6,4680 24.2.98 1523,,75 1,6505 1,7975 1,4515 6,0255 1773,85 127,90 291,70 6,3320 25.2.98 1523,75 1,6430 1,8190 1,4690 6,0955 1793,75 128,80 290,80 6,0070 26.2.98 1523,50 1,6440 1,8150 1,4685 6,0845 1788,00 127,20 294,40 6,1450 27.2.8 1523,50 1,6455 1,8145 1,4660 6,0870 1786,75 126,10 299,10 6,4300 Variations en % — 0,033 — 0,46 — 0,38 — 0,17 — 0,29 — 0,56 — 1,48 + 0,34 — 1,32 Elie KAHWAGI
Sur le marché des changes de Beyrouth, bien que les opérateurs se soient débarrassés, la semaine dernière, de leurs soucis relatifs au conflit opposant Washington et Bagdad, après que le secrétaire général de l’O.N.U. fut parvenu à un accord à ce sujet excluant toute frappe américaine de l’Irak, ils sont demeurés très réticents vis-à-vis des placements en livre libanaise. Nombre d’entre eux ne voyaient pas encore leurs préoccupations concernant la situation intérieure au Liban prises en compte, tant sur le plan politique que sur le plan financier et semblaient attendre les résultats des concertations entamées par le chef du gouvernement avec les dirigeants politiques, spirituels et économiques du pays afin de trouver une solution judicieuse au problème de financement de la nouvelle échelle de traitements du...