Après cinq années passées à faire des projets de toutes sortes imposés par ses professeurs, l’étudiant en architecture choisit seul celui qui lui permettra de décrocher son diplôme. C’est à la dernière promotion d’architectes qu’un vent d’anarchie a soufflé sur les campus. Moustapha par exemple a osé choisir comme projet de diplôme un couvent, Toni opta pour une mosquée, Mahmoud décida de faire un centre sportif pour séminaristes, Nicolas s’est montré intéressé par une école coranique, Hassan lorgna un casino et, comble du comble, Hussein, le surdoué, jeta son dévolu sur... un cabaret. La fronde apparut partout, le mal n’ayant épargné aucune école. Ce fut comme un séisme d’intensité dix et l’on convint que cela ne pouvait être que la suite du complot. Les députés, dépassés, s’en remirent aux chefs spirituels, plus compétents. Les trois rames de la puissante trirème du pouvoir s’immobilisèrent, choquées, et puis s’agitèrent pour essayer de sauver le pays dont les fondements mêmes étaient ébranlés. Des mois passèrent en tractations, menaces, indemnisations, amnisties générales, etc. L’hydre fut enfin abattue, ou peut-être endormie, et le mal éradiqué. La vie reprit son cours normal et les étudiants, récupérés, recloisonnés, choisirent à nouveau des sujets de diplôme intéressant leur propre clan et leur propre région. Projetés dans la vie professionnelle et transformés immédiatement en promoteurs immobiliers, les nouveaux architectes, chacun dans son coin, se mirent à exploiter à leur profit le bout de pays où ils se trouvaient. Qu’importe donc maintenant à Hassan que la montagne de Toni soit zébrée par des lotissements, ou à Nicolas que le littoral où vit Mahmoud soit accaparé par des marinas; tant que le cash-flow que ce métier en or produit ne tarit pas, tout va bien. Au point que l’émigré, de retour dans son pays, ou le touriste, en visite dans la Suisse d’Orient, surmontant le haut-le-cœur ressenti à la vue de l’état de la construction dans les collines surplombant l’aéroport, se demande si quelque part il n’a pas été bien berné... G. SEROF
Après cinq années passées à faire des projets de toutes sortes imposés par ses professeurs, l’étudiant en architecture choisit seul celui qui lui permettra de décrocher son diplôme. C’est à la dernière promotion d’architectes qu’un vent d’anarchie a soufflé sur les campus. Moustapha par exemple a osé choisir comme projet de diplôme un couvent, Toni opta pour une mosquée, Mahmoud décida de faire un centre sportif pour séminaristes, Nicolas s’est montré intéressé par une école coranique, Hassan lorgna un casino et, comble du comble, Hussein, le surdoué, jeta son dévolu sur... un cabaret. La fronde apparut partout, le mal n’ayant épargné aucune école. Ce fut comme un séisme d’intensité dix et l’on convint que cela ne pouvait être que la suite du complot. Les députés, dépassés, s’en...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.