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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Poursuite des pressions sur la livre

L’évolution du marché des changes de Beyrouth a été caractérisée, encore la semaine dernière, par la persistance de quelques pressions sur la livre en rapport avec les conjectures auxquelles ne cesse de donner lieu l’abaissement par des firmes étrangères de «rating» de la notation de la dette extérieure du Liban, mettant en garde contre l’aggravation du déficit budgétaire libanais. Cela d’autant que le gouvernement reste à la recherche de sources de financement pour la nouvelle échelle de traitements du secteur public et pour les projets de développement socio-économique afférents aux régions «déshéritées» ainsi que pour l’achèvement du plan de retour des déplacés. De plus, l’aggravation de la situation régionale sur fond de conflit entre Washington et Bagdad et ses répercussions sur les investissements au Liban en cas d’échec des tentatives de règlement pacifique de cette crise sont venues aussi assombrir davantage l’environnement entourant le marché financier libanais. Bien qu’aucun événement marquant ne se soit produit durant cette période, les tendances déjà amorcées depuis le début du mois se sont poursuivies. Ainsi, l’offre du dollar continuait de se contracter, incitant la Banque du Liban (B.D.L.) à intensifier son action sur le marché afin de satisfaire la demande croissante en cette monnaie qu’elle soit commerciale ou non commerciale. Dans ce contexte, le «billet vert» devait se replier apparemment, comme à l’accoutumée, consécutivement à l’abaissement par la B.D.L. de son taux d’intervention «symbolique» à l’achat de 1519,50 à 1519,00 L.L., en un premier temps, mardi et mercredi, puis de celui à la vente, en un deuxième temps, jeudi et vendredi, de 1529,50 à 1529,00 L.L., pour achever la semaine dernière au taux moyen indicatif de 1524,00 L.L. contre 1524,50 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 13 février, en léger recul de 0,033% en moyenne. Mais compte tenu de la pénurie de l’offre et du développement de la demande dans un marché dominé par l’action de la B.D.L., le dollar devait être pratiquement négocié au haut de la fourchette d’intervention de celle-ci, soit entre 1529,00 et 1529,50 L.L., dans des volumes modérément étoffés, en attendant aussi bien les décisions que prendra le gouvernement pour le financement de certains projets non prévus par le budget 1998, que l’issue de la mission de bons offices menée par le secrétaire général de l’ONU à Bagdad afin d’éviter une frappe militaire américaine contre l’Irak. Dollar soutenu à l’étranger A l’étranger, malgré la publication de nouvelles statistiques américaines peu favorables à une revalorisation du dollar, les marchés des changes internationaux ont continué à le privilégier contre toutes les autres grandes monnaies, notamment le yen. Sa tendance a été déterminée encore une fois, la semaine dernière, par les inquiétudes que suscite la situation explosive dans la région du Golfe en attendant l’issue de la mission de la «dernière chance» menée par le secrétaire général de l’ONU en Irak pour éviter à ce pays une frappe militaire américaine. De plus, les conjectures selon lesquelles les ministres des Finances et les gouverneurs de banques centrales du groupe des «Sept» (pays occidentaux les plus industrialisés) qui se sont réunis pendant le week-end à Londres se contenteraient de demander au Japon de venir en aide aux pays du Sud-Est asiatique, victimes d’une crise financière et économique grave, sans pour autant mettre au point un plan d’interventions concertées pour soutenir les devises asiatiques, ont également agi en faveur du dollar à la fin de la semaine dernière. En outre, l’annonce d’un timide plan de redressement économique au Japon ne prévoyant pas des réductions d’impôts tant attendues par la communauté financière est venue aussi fragiliser davantage la devise nippone, relançant les spéculations à la hausse du «billet vert» vers de nouveaux sommets contre le yen. Eu égard à toutes ces considérations, le dollar ne tardait donc pas à retrouver son rôle de «monnaie-refuge» et à surmonter les pressions qui devaient s’exercer sur lui après la publication de nouvelles statistiques économiques fort décevantes, sinon inquiétantes. A cet égard, les opérateurs ont passé outre à l’aggravation du déficit commercial américain, en décembre, lequel aurait augmenté de 24,3% à 10,79 milliards de dollars contre 8,68 milliards, en novembre, pour totaliser 113,70 milliards l’an dernier, dont 55,7 milliards avec le Japon, contre 111,04 milliards en 1996, dont 47,6 milliards avec le Japon. Cela d’autant qu’ils apprenaient aussi que l’excédent commercial japonais aurait augmenté avec les Etats-Unis le mois dernier de 3,91 milliards de dollars, soit en hausse de 65,7% par rapport à la période correspondante en 1997, rendant injustifiée toute dépréciation du yen contre le «billet vert». En outre, les indications en provenance de l’économie américaine dissipant toute perspective de relèvement des taux d’intérêt aux Etats-Unis n’ont guère eu d’effet négatif sur le dollar et elles sont passées inaperçues sur le marché. Ainsi, ni l’annonce d’une baisse de 0,7% des prix à la production le mois dernier (soit la plus forte depuis quatre ans) contre 0,2% en décembre, ni la diminution de 0,3% des mises en chantier de logements contre une augmentation de 1% pendant la même période n’ont guère retenu l’attention, non plus la stabilité de la production industrielle, en janvier, après une hausse de 0,4% en décembre, consécutivement au ralentissement du taux d’utilisation des capacités industrielles de 83,3 à 83 % pendant cette période. Au contraire, les intervenants, qui avaient un œil sur la situation dans le Golfe et un autre sur la réunion du groupe des «Sept» à Londres, ont estimé devoir se prémunir en dollar à la veille du week-end. C’est dans ce contexte que le «billet vert» est parvenu à achever la semaine dernière, à New York, en comparaison avec celle se terminant au vendredi 13 février, sur un ton soutenu comme suit : — 1,6380 pour un sterling contre 1,6395 (+0,09%). — 1,8215 D.M. contre 1,8190 (+0,14%). — 1,4685 F.S. contre 1,4615 (+0,48%). — 6,1045 F.F. contre 6,10 (+0,07%). — 1796,90 lires contre 1794,00 (+0,16%). — 128,00 yen contre 125,20 (+2,24%). Vulnérabilité des métaux précieux Les métaux précieux n’ont guère profité, la semaine dernière, de leur statut de «valeur-refuge» en période de crise et leur marché continuait d’ignorer l’aggravation de la situation dans le Golfe. Pourtant, la chute des prix pétroliers, qui contrastait avec les craintes liées à un règlement du conflit américano-irakien, semble expliquer le peu d’engouement manifesté pour les placements en or, surtout après la décision du Conseil de Sécurité de l’ONU de doubler la quantité de pétrole que l’Irak est autorisé à exporter. C’est ainsi que la parité de l’once fin s’est montrée très vulnérable au seuil de résistance de 300,00 dollars, clôturant la semaine, vendredi dernier, à New York, à 298,10 dollars contre 300,60 dollars, à la fin de la semaine se terminant au vendredi 13 février, en baisse de 0,83% en moyenne. Quant à l’argent-métal, il a accentué son mouvement de baisse sous la pression des ventes bénéficiaires qui s’étaient installées sur son marché, dont l’ampleur devait nourrir des courants spéculatifs à la baisse de ses cours. La parité de l’once du métal blanc a, en effet, dégringolé pour achever la semaine, vendredi dernier, à 6,5160 dollars contre 7,08 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 13 février, en forte chute de 7,97% en moyenne. Désignation Variations des monnaies 13.2.98 16.2.98 17.2.98 18.2.98 19.2.98 20.2.98 en % Dollar en L.L. 1524,50 1524,50 1524,25 1524,25 1524,00 1524,00 — 0,033 Sterling en $ 1,6395 1,6370 1,6325 1,6385 1,6355 1,6380 + 0,09 Dollar en D.M. 1,8190 1,8205 1,8260 1,8215 1,8160 1,8215 + 0,14 Dollar en F.S. 1,4615 1,4630 1,4740 1,4705 1,4655 1,4685 + 0,48 Dollar en F.F. 6,1000 6,1020 6,1195 6,1055 6,0900 6,1045 + 0,07 Dollar en lires 1794,00 1795,90 1800,00 1796,50 1790,00 1796,90 + 0,16 Dollar en yen 125,20 126,15 126,65 126,40 126,15 128,00 + 2,24 OR L’once en $ 300,60 298,00 298,60 298,20 299,80 298,10 — 0,83 ARGENT L’once en $ 7,0800 7,0500 6,7550 6,5450 6,8100 6,5160 — 7,97 Elie KAHWAGI
L’évolution du marché des changes de Beyrouth a été caractérisée, encore la semaine dernière, par la persistance de quelques pressions sur la livre en rapport avec les conjectures auxquelles ne cesse de donner lieu l’abaissement par des firmes étrangères de «rating» de la notation de la dette extérieure du Liban, mettant en garde contre l’aggravation du déficit budgétaire libanais. Cela d’autant que le gouvernement reste à la recherche de sources de financement pour la nouvelle échelle de traitements du secteur public et pour les projets de développement socio-économique afférents aux régions «déshéritées» ainsi que pour l’achèvement du plan de retour des déplacés. De plus, l’aggravation de la situation régionale sur fond de conflit entre Washington et Bagdad et ses répercussions sur les...