Le Japon et l'Indonésie sur la sellette à la région du G7
le 23 février 1998 à 00h00
Les ministres des Finances des grandes puissances industrialisées ont accentué ce week-end à Londres la pression sur les pays d’Asie et le Japon pour qu’ils décident des réformes afin d’éviter de nouvelles crises, mais sans grand résultat immédiat. A nouveau, le Japon a été soumis aux demandes insistantes de ses partenaires qui attendent de lui des réductions d’impôt significatives pour relancer la consommation des ménages, un facteur jugé essentiel pour accélérer la reprise en Asie et soutenir la croissance économique mondiale. Mais à peine la réunion du G7 achevée, le nouveau ministre des Finances japonais, Hikaru Matsunaga, a fait comprendre qu’il ne se plierait pas au diktat de ses six partenaires (Etats-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie et Canada). Le plan de relance qui a été présenté vendredi par le Japon «n’a pas été apprécié à sa juste valeur», a-t-il assuré. Et il a ajouté qu’il n’était pas question pour le moment de décider de nouvelles mesures, en dépit du ton encore plus offensif que d’habitude adopté de concert par les Etats-Unis et les Européens. A une moindre échelle, la tâche ne sera pas plus facile avec l’Indonésie, dont l’économie s’effondre et qui est menacée par la famine. Le président Suharto rechigne à adopter les mesures préconisées par la communauté internationale pour sortir de la crise: il continue de tenir tête au Fonds monétaire international qui exige un plan de redressement en échange d’une aide de 43 milliards de dollars et s’accroche à son projet de lier la roupie indonésienne, en chute libre, au dollar, malgré la désapprobation de toutes les grandes puissances. Un rôle de gendarme pour le FMI Les ministres des Finances des Sept ont donné leur soutien total au FMI dans son bras de fer avec le président Suharto. «Une acceptation rapide des conseils du FMI est vitale» pour les pays en crise, ont affirmé les Sept en donnant tout pouvoir au FMI pour qu’il joue les gendarmes dans la région, en échange des dizaines de milliards de dollars qu’il a débloqués. Les Sept ont à nouveau fait la liste des réformes qu’ils voudraient voir adopter: la réduction du rôle de l’Etat dans les économies, la restructuration des systèmes bancaires dont la faiblesse est à l’origine des crises dans la plupart des pays d’Asie, la lutte contre la corruption et l’amélioration de la transparence. Les ministres ont à cet égard demandé au FMI de leur faire des propositions pour un «code de conduite» qui obligerait les pays émergents à publier régulièrement et de manière plus fiable les éléments clés de leur politique budgétaire et fiscale. Soucieux de rassurer les marchés financiers, les Sept ont aussi voulu délivrer un message de confiance. Pour eux, les pays comme la Thaïlande et la Corée, qui ont déjà entrepris ces réformes avec l’aide du FMI, «devraient retrouver rapidement une croissance vigoureuse». (AFP)
Les ministres des Finances des grandes puissances industrialisées ont accentué ce week-end à Londres la pression sur les pays d’Asie et le Japon pour qu’ils décident des réformes afin d’éviter de nouvelles crises, mais sans grand résultat immédiat. A nouveau, le Japon a été soumis aux demandes insistantes de ses partenaires qui attendent de lui des réductions d’impôt significatives pour relancer la consommation des ménages, un facteur jugé essentiel pour accélérer la reprise en Asie et soutenir la croissance économique mondiale. Mais à peine la réunion du G7 achevée, le nouveau ministre des Finances japonais, Hikaru Matsunaga, a fait comprendre qu’il ne se plierait pas au diktat de ses six partenaires (Etats-Unis, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie et Canada). Le plan de relance qui a été...
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