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Actualités - Chronologie

Les lutteurs du grand satan à Téhéran pour renouer l'amitié

Une équipe de lutteurs américains est arrivée hier à l’aube à Téhéran, premiers «ambassadeurs» à représenter les Etats-Unis en Iran où la délégation U.S a reçu un accueil plutôt chaleureux, taprès presque vingt ans de rupture entre le «Grand satan» et la République islamique. Le président de la fédération américaine de lutte, Larry Sciacchetano, qui les accompagne, s’est dit «très content d’être venu» en Iran car «ce pays a une très longue histoire d’hospitalité». Malgré les promesses de part et d’autre sur l’objectif purement sportif de cette visite, la présence de ces champions de lutte, un sport millénaire très populaire en Iran, constitue une occasion sans précédent de renouer des liens entre les deux peuples en dépit de l’hostilité officielle affichée par leurs gouvernements. La délégation américaine, comprenant cinq champions de lutte libre de haut niveau ainsi que cinq accompagnateurs, a débarqué à l’aéroport international de Téhéran sous les regards curieux de plusieurs centaines de personnes, dont des journalistes. L’invitation remonte à l’an dernier, mais leur présence intervient après l’appel lancé début janvier par le président iranien Mohammad Khatami en faveur d’un développement des échanges sportifs, touristiques et culturels entre les deux pays. Plusieurs responsables iraniens ont rejeté toute signification politique à la présence de l’équipe américaine en Iran, cherchant à minimiser la portée de l’événement. «Ce qui est important c’est la lutte. Nos lutteurs sont nettement meilleurs que ceux des autres équipes, surtout de l’équipe américaine», a déclaré hier le président de Fédération iranienne de lutte Mohammad Talaghani. «C’est un échange comme tant d’autres, sans lien possible avec les relations d’Etat à Etat», avait souligné lundi l’ayatollah Mohammad Yazdi, chef du pouvoir judiciaire iranien. L’entraîneur de l’équipe américaine, Joe Seay, a déclaré à son arrivée: «Nous savons que l’Iran est un pays de longue tradition de lutte et que les spectateurs iraniens son très courtois et disciplinés». Les athlètes américains sont venus «non pas pour gagner ou pour perdre, mais pour renouer l’amitié», a-t-il ajouté. «Nous espérons que les compétitions vont se dérouler dans de bonnes conditions, car l’amitié entre sportifs est plus importante que le reste», a souligné M. Seay. Ces lutteurs doivent participer à la Coupe internationale «Takhti», du nom d’un lutteur iranien dont la mort en 1965, dans des conditions mystérieuses, a été attribuée à la Savak, la police secrète du régime impérial de l’époque. Pour la première fois depuis la révolution, cette compétition va permettre de voir la bannière étoilée hissée à Téhéran, où elle est régulièrement brûlée lors des manifestations anti-américaines. L’Iran et les Etats-Unis n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis avril 1980, au plus fort de la crise de la prise en otage du personnel de l’ambassade américaine de Téhéran. Depuis lors, les deux pays ne se parlent le plus souvent qu’en usant d’anathèmes, se traitant de «Grand satan» ou «d’Etat terroriste». La compétition devait s’ouvrir mardi avec les rencontres de lutte gréco-romaine, les épreuves de lutte libre étant prévues jeudi et vendredi dans une salle du complexe Azadi (Liberté) à Téhéran. La fédération iranienne de lutte a annoncé hier que les étudiants et les lycéens pouvaient assister gratuitement aux épreuves sans toutefois préciser si cette décision englobait également les femmes, qui ne peuvent plus assister aux épreuves de lutte depuis la révolution. (AFP)
Une équipe de lutteurs américains est arrivée hier à l’aube à Téhéran, premiers «ambassadeurs» à représenter les Etats-Unis en Iran où la délégation U.S a reçu un accueil plutôt chaleureux, taprès presque vingt ans de rupture entre le «Grand satan» et la République islamique. Le président de la fédération américaine de lutte, Larry Sciacchetano, qui les accompagne, s’est dit «très content d’être venu» en Iran car «ce pays a une très longue histoire d’hospitalité». Malgré les promesses de part et d’autre sur l’objectif purement sportif de cette visite, la présence de ces champions de lutte, un sport millénaire très populaire en Iran, constitue une occasion sans précédent de renouer des liens entre les deux peuples en dépit de l’hostilité officielle affichée par leurs gouvernements....