Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a pas subi de modifications, la semaine dernière. La communauté financière libanaise est restée, en effet, très préoccupée par la mise du Liban sous surveillance (pour l’aggravation de ses déficits budgétaires) avec implication négative sur les notes de ses émissions obligataires à l’étranger et de celles de certaines grandes banques libanaises. Cela d’autant que la situation explosive dans la région du Golfe est venue dissiper les perspectives d’un retour des capitaux qui avaient déserté le pays au lendemain de la crise des marchés asiatiques, laissant craindre en plus de nouveaux reflux de ce qui restait encore de ces capitaux. Cela étant, nombre d’opérateurs ont estimé devoir rester sur la défensive, s’abstenant d’alléger leurs positions de change malgré l’écart impor-tant qui s’est creusé entre les taux d’intérêt réels libanais et ceux servis sur les autres grandes monnaies. En effet, l’offre du dollar ne tardait pas à se contracter, contraignant la Banque du Liban (B.D.L.) à satisfaire la demande commerciale en cette devise qui ne trouvait pas de contrepartie valable à la vente en dehors d’elle. Et grâce à cette action, le «billet vert» continuait apparemment de régresser au même rythme qu’auparavant consécutivement à l’abaissement par la B.D.L. de son taux d’intervention «symbolique» à l’achat de 1520,00 à 1519,50 L.L., en un premier temps, mardi, puis de celui à la vente, en un deuxième temps, jeudi, de 1530,00 à 1529,50 L.L., le faisant clôturer à la fin de la semaine dernière au taux moyen indicatif de 1524,50 L.L. contre 1525,00 L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 6 février, en léger repli de 0,033% en moyenne. Mais, compte tenu de la contraction de l’offre face à une demande intérieure plus ou moins stationnaire, le dollar devait être négocié pratiquement au haut de la fourchette d’intervention de la B.D.L., soit entre 1529,75 et 1530,25 L.L. avec un point d’ancrage à 1530,00 L.L. mardi et mercredi, puis entre 1529,25 et 1529,75 L.L. avec un point d’ancrage à 1529,50, jeudi et vendredi, après l’abaissement du haut de cette fourchette de 1530,00 à 1529,50 L.L. Selon les cambistes de la place, ce phénomène, qui témoigne de la propension du marché de Beyrouth à l’achat plutôt qu’à la vente du dollar, est appelé à se poursuivre dans la conjoncture locale et régionale qui prévaut actuellement, sans pour autant prendre des dimensions alarmantes, en attendant les mesures promises par le gouvernement pour maîtriser le déficit budgétaire à partir de l’exercice financier en cours. Bonne fin de semaine pour le dollar A l’étranger, le dollar, qui trébuchait sous la pression de la vigueur du yen dans l’attente de la publication du plan de relance de l’économie japonaise par Tokyo à la veille de la réunion du groupe des «Sept» à Londres à la fin de cette semaine, est parvenu à se soustraire à l’influence néfaste de ce facteur pour renouer avec la hausse. De plus, les marchés, qui étaient aussi très sensibilisés par le gonflement des excédents commerciaux japonais ( hausse de 60% de l’excédent des comptes courants à 93 milliards de dollars et de 35,5% de celui de la balance commerciale à 100,25 milliards en 1997), ne tardaient pas à passer outre à ce développement pour se détourner du yen en faveur du dollar. A cela auraient contribué, d’un côté, l’aggravation de la situation dans le Golfe qui a redonné de l’actualité au dollar en tant que «monnaie-refuge» en période de crise, et d’un autre côté, les conjectures laissant craindre un rebondissement de la crise financière au Japon. A cet égard, les opérateurs ont prêté beaucoup d’attention, à la veille du week-end, à un rapport d’une firme de consultants de Washington estimant que les mesures de relance que dévoilera Tokyo le 20 février seront décevantes. Cela d’autant qu’ils apprenaient aussi que la firme de rating «Moody’s» venait d’abaisser la notation de «Daiwa Bank» (de D à E pour la solidité financière) et de mettre sous surveillance avec implication négative des notes de deux autres grandes banques, la «Dai-Ichi Kangyo Bank» et la «Bank of Tokyo-Mitsubishi Ltd.». En outre, l’annonce par un membre du Conseil de la Bundesbank, Reimut Jochimsen, que l’Allemagne, qui s’est posée en modèle du respect des critères de Maastricht pour la participation à l’euro, n’a pas encore surmonté les problèmes de sa réunification pour adhérer à la future monnaie unique européenne, est venue aussi privilégier le dollar non seulement contre le deutsche mark mais aussi vis-à-vis des monnaies qui lui sont attachées. Ce mouvement a été renforcé par un article du «Financial Times» faisant savoir que 150 notoriétés économiques allemandes ont lancé un appel pour le report de l’union économique et monétaire européenne car les conditions ne sont pas encore réunies pour son lancement. Eu égard à ces considérations et compte tenu aussi des fondamentaux de l’économie aux Etats-Unis, dont la croissance du produit intérieur brut (P.I.B.) américain de 3,9% en 1997 (le plus élevé depuis 9 ans) conjuguée à un taux de chômage de 4,9% pendant la même période (le plus bas depuis 24 ans) et à un taux d’inflation réduit à 1,7% (le plus faible depuis 11 ans), le dollar devait être partout recherché. Son marché a été soutenu aussi par l’annonce d’une hausse de 2% de la productivité de l’économie américaine, hors agriculture, au quatrième trimestre 1997 avec un rythme annuel de hausse de 1,7%, ainsi que par l’augmentation du coût unitaire de la main-d’œuvre de 3 % pendant la même période et de 2,1% en rythme annuel l’an dernier, laissant craindre une pression des salaires sur les prix de la production cette année qui pourrait justifier un prochain durcissement monétaire pour prévenir toute résurgence de l’inflation. C’est ainsi qu’à New York et à la veille d’un long week-end aux Etats-Unis, dont les marchés seront fermés aujourd’hui pour le «Presidents Day», le dollar s’est négocié en clôture, vendredi dernier, par rapport à la fin de la semaine se terminant au vendredi 6 février, en hausse, comme suit: — 1,6395 pour un sterling contre 1,6425 ( +0,18%). — 1,8190 D.M. contre 1,8085 (+0,58%). — 1,4615 F.S. contre 1,4605 (+0,07%). — 6,1000 F.F. contre 6,0610 (+0,64%). — 1794,00 lires contre 1788,00 (+0,34%). — 125,20 yen contre 124,10 (+0,87%). Or: légèrement mieux L’or a fait preuve d’une meilleure résistance aux influences baissières en provenance tantôt des courants spéculatifs à la hausse de l’argent-métal, et tantôt de la vigueur du dollar. En effet, il est parvenu à achever la semaine, vendredi dernier, légèrement au-dessus du seuil de résistance des 300,00 dollars l’once, à 300,60 dollars contre 298,80 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 6 février, en hausse de 0,60% en moyenne. De son côté, l’argent-métal, qui avait subi la pression de quelques ventes bénéficiaires à plus de 7,00 dollars l’once, au début de la semaine, ne tardait pas à bénéficier d’un certain courant spéculatif à la hausse de ses cours à la veille du week-end. Il a ainsi progressé, à New York, vendredi dernier, à 7,08 dollars l’once contre 7,04 dollars à la fin de la semaine se terminant au vendredi 6 février, en hausse de 0,56% en moyenne. Elie KAHWAGI Désignation des monnaies Dollar en L.L. Sterling en $ Dollar en D.M. Dollar en F.S. Dollar en F.F. Dollar en lires Dollar en yen OR L’once en $ ARGENT L’once en $ 6.2.98 1525,00 1,6425 1,8085 1,4605 6,0610 1788,00 124,10 298,80 7,0400 9.2.98 Clos 1,6300 1,8165 1,4665 6,0885 1793,50 124,05 300,60 6,9250 10.2.98 1524,75 1,6250 1,8075 1,4605 6,0580 1785,00 123,20 301,20 7,0800 11.2.98 1524,75 1,6330 1,8190 1,4620 6,0935 1794,25 123,50 300,70 6,9830 12.2.98 1524,50 1,6385 1,8085 1,4530 6,0620 1786,00 124,55 299,30 6,9850 13.2.8 1524,50 1,6395 1,8190 1,4615 6,1000 1794,00 125,20 300,60 7,0800 Variations en % — 0,033 + 0,18 + 0,58 + 0,07 + 0,64 + 0,34 + 0,87 + 0,60 + 0,56
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