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Actualités - Chronologie

Belgrade : les négociations pour la formation d'un gouvernement dans l'impasse

La bataille entre pouvoir et opposition pour le poste de premier ministre de Serbie bloque la formation d’un gouvernement, près de cinq mois après des élections législatives qui ont privé les socialistes de Slobodan Milosevic de la majorité absolue au Parlement. L’impasse est telle que les principaux partis d’opposition évoquent déjà l’éventualité de législatives anticipées, dans l’espoir de sortir la Serbie de cette crise institutionnelle et la doter d’une majorité stable. Les législatives du 21 septembre ont donné 110 des 250 sièges au bloc socialiste, 82 au Parti radical (SRS) de Vojislav Seselj et 45 au Mouvement serbe du renouveau (SPO) de Vuk Draskovic, les 13 autres sièges revenant à des partis mineurs. Le nouveau président serbe Milan Milutinovic, un proche de M. Milosevic, n’est pas parvenu à un accord sur la personnalité du premier ministre, à l’issue d’un premier tour de consultations menées à la mi-janvier avec les dirigeants des principaux partis. «Un deuxième tour de consultations n’a toujours pas commencé et l’on ne sait même pas s’il aura lieu», a dit mardi Ivan Kovacevic, porte-parole du SPO. La Constitution serbe ne mentionne aucun délai pour la formation d’un gouvernement et, de ce fait, le cabinet socialiste sortant continue de diriger le pays. Les trois principaux partis, SPS (Parti socialiste), SRS (extrême-droite) et SPO (droite nationaliste) revendiquent chacun le poste de chef du gouvernement. Deux variantes Deux variantes, dont aucune n’a été retenue, ont jusqu’à présent fait l’objet de négociations: un gouvernement socialiste minoritaire ou une coalition SPS/SPO. Une alliance entre le SPO et le SRS a été exclue par ces deux partis. Forts de leur majorité relative, les socialistes jugent cependant «logique» que le poste de premier ministre leur revienne et souhaitent un gouvernement où ils seraient majoritaires. Les radicaux proposent pour leur part un gouvernement de coalition composé de membres du SPS, du SRS, du PSO et de la Gauche yougoslave (JUL, néo-communiste), partenaire des socialistes. M. Draskovic a réitéré les conditions de sa participation au futur gouvernement. Il réclame le poste de premier ministre, un poste de vice-premier ministre, dix portefeuilles dans le gouvernement de Serbie et quatre dans le gouvernement de la République fédérale de Yougoslavie (RFY - Serbie et Monténégro), dont celui des Affaires étrangères, selon son porte-parole Andjelko Trpkovic. Le SPO demande aussi un tiers des postes d’ambassadeurs revenant à la Serbie, dont la représentation yougoslave à l’ONU, et la direction de 40% des entreprises publiques, dont celles de la télévision d’Etat serbe (RTS) et du principal quotidien, Politika. Législatives anticipées Les radicaux sont favorables à des législatives anticipées, estimant qu’elles seules pourraient «mettre un terme à l’agonie actuelle». Le SPO envisage lui aussi l’hypothèse d’un nouveau scrutin mais estime que les socialistes ne l’accepteront pas. «Ils (les socialistes) n’ont aucun intérêt à le convoquer, car ils ont commis beaucoup d’erreurs depuis les dernières élections et ils risqueraient d’y perdre des plumes», selon Ivan Kovacevic, porte-parole du SPO. En attendant, le gouvernement sortant de Mirko Marjanovic ne peut faire voter des lois et dirige par décrets. Ce gouvernement est «illégitime», car il ne reflète pas la composition du nouveau Parlement, selon Vladimir Goati, de l’Institut des sciences sociales, cité par le quotidien Blic. (AFP)
La bataille entre pouvoir et opposition pour le poste de premier ministre de Serbie bloque la formation d’un gouvernement, près de cinq mois après des élections législatives qui ont privé les socialistes de Slobodan Milosevic de la majorité absolue au Parlement. L’impasse est telle que les principaux partis d’opposition évoquent déjà l’éventualité de législatives anticipées, dans l’espoir de sortir la Serbie de cette crise institutionnelle et la doter d’une majorité stable. Les législatives du 21 septembre ont donné 110 des 250 sièges au bloc socialiste, 82 au Parti radical (SRS) de Vojislav Seselj et 45 au Mouvement serbe du renouveau (SPO) de Vuk Draskovic, les 13 autres sièges revenant à des partis mineurs. Le nouveau président serbe Milan Milutinovic, un proche de M. Milosevic, n’est pas parvenu à...