Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La curieuse amitié de Vladimir Jirinovski envers Saddam Hussein

L’ultranationaliste russe Vladimir Jirinovski, qui tente de convoyer une aide humanitaire en Irak, voue à Saddam Hussein une amitié très certainement vénale et peut-être encouragée en sous-main par la diplomatie russe, estiment ses collègues députés. Après trois jours de grosses colères et de pressions politiques, M. Jirinovski, 51 ans, a obtenu de l’ONU le droit d’acheminer par avion à Bagdad quelque 15 tonnes d’aide humanitaire. Le député russe avait déjà réussi en décembre dernier à faire atterrir à Bagdad le premier avion humanitaire depuis la guerre du Golfe de 1991, arrachant une dérogation à l’interdiction de tels vols imposée par l’ONU. L’amitié sans faille témoignée depuis des années par Vladimir Jirinovski au président irakien Saddam Hussein repose en partie sur l’aversion commune des deux hommes à l’encontre des Etats-Unis et d’Israël. Mais l’idéologie n’explique pas tout, estiment les députés de la Douma (Chambre basse du Parlement) qui siègent aux côtés de M. Jirinovski. «La conviction commune, à la Douma, est que Jirinovski fait ce lobbying ouvert en faveur de Saddam Hussein pour de l’argent», rapporte Constantin Borovoï, élu démocrate indépendant. «Ce n’est pas une coopération désintéressée», estime en écho un autre député, Sergueï Ivanenko, numéro deux du groupe d’opposition libérale Iabloko à la Douma. Un flou artistique règne sur le financement de l’avion humanitaire destiné à Bagdad, officiellement affrété par une compagnie aérienne russe, Vnoukovo Airlines. Le parti de M. Jirinovski — le Parti libéral démocratique de Russie —, a affirmé ne pouvoir donner aucune information à ce propos. Vladimir Jirinovski profite en tout cas de l’aubaine de ce vol pour attirer sur lui une attention médiatique qui l’a très largement déserté, depuis la période dorée de son score surprise aux législatives de décembre 1993 (22,9% des voix). «Nous ne pensons pas que le but du vol soit d’amener une aide humanitaire en Irak: il s’agit d’un show personnel de Jirinovski», affirme M. Ivanenko. Le président communiste de la Douma Guennadi Seleznev a également pris ses distances mercredi du dirigeant ultranationaliste, après avoir dans un premier temps béni l’opération. Le mystère prévaut également quant aux relations entre M. Jirinovski et la diplomatie russe, dont le dirigeant ultranationaliste amplifie jusqu’à la caricature l’attitude plutôt compréhensive à l’égard de Bagdad. «(Le ministre russe des Affaires étrangères Evguéni) Primakov se trouve derrière nombre des actions de Jirinovski, dont celle en cours», estime M. Borovoï. Le pouvoir russe utilise l’excentrique député pour faire passer des messages que ne permet pas l’usage diplomatique, ou pour laisser accroire qu’il est soumis à la pression d’une opinion publique farouchement nationaliste, ajoute M. Borovoï. «Le LDPR est une sorte d’organisation commerciale qui assure, sur le ton de la provocation, les services les plus variés», selon le député. S’il est toujours prompt à tenir les propos les plus excessifs, teintés de xénophobie ou d’antisémitisme, M. Jirinovski s’est avéré au fil des années un supplétif précieux du gouvernement, votant systématiquement en sa faveur à tous les moments cruciaux. (AFP)
L’ultranationaliste russe Vladimir Jirinovski, qui tente de convoyer une aide humanitaire en Irak, voue à Saddam Hussein une amitié très certainement vénale et peut-être encouragée en sous-main par la diplomatie russe, estiment ses collègues députés. Après trois jours de grosses colères et de pressions politiques, M. Jirinovski, 51 ans, a obtenu de l’ONU le droit d’acheminer par avion à Bagdad quelque 15 tonnes d’aide humanitaire. Le député russe avait déjà réussi en décembre dernier à faire atterrir à Bagdad le premier avion humanitaire depuis la guerre du Golfe de 1991, arrachant une dérogation à l’interdiction de tels vols imposée par l’ONU. L’amitié sans faille témoignée depuis des années par Vladimir Jirinovski au président irakien Saddam Hussein repose en partie sur l’aversion commune des...