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Actualités - Chronologie

Saddam ou ses palais : l'Amérique divisée sur une action militaire

L’Amérique est divisée sur les objectifs d’une frappe éventuelle en Irak: faut-il éliminer le leader irakien Saddam Hussein ou simplement détruire ses palais et autres sites susceptibles d’abriter des armes de destruction massive? Tandis que se poursuivent les efforts diplomatiques pour forcer l’Irak à donner libre accès aux inspecteurs de l’ONU à tous les sites suspects, y compris aux 78 palais présidentiels, militaires et politiques américains débattent, à huis clos, pour savoir jusqu’où aller dans une opération militaire. Le président Bill Clinton a plusieurs fois souhaité «une véritable solution diplomatique», mais il a également souligné que les Etats-Unis étaient «déterminés» à empêcher l’Irak de se doter d’armes de destruction massive et menacer ses voisins. Depuis plusieurs jours, de hauts responsables de son gouvernement, dont le secrétaire d’Etat Madeleine Albright et le secrétaire à la défense William Cohen, circulent dans les antichambres du Congrès pour s’assurer du soutien des législateurs et tenter de définir les limites d’une opération militaire alors même que nombre de pays alliés et amis s’y déclarent profondément hostiles. «Il existe un fort sentiment au Congrès en faveur d’une frappe contre les complexes militaires», a affirmé un responsable à la Chambre. «Et il existe un sentiment assez fort pour qu’on s’occupe aussi de Saddam Hussein», a-t-il ajouté. Les deux principaux dirigeants républicains au Congrès — Newt Gingrich, le président de la Chambre, et Trent Lott, le leader de la majorité au Sénat — ont clairement dit vouloir la tête de Saddam Hussein. Mais, selon M. Cohen qui entame ce week-end une tournée dans le Golfe, les Etats-Unis n’ont pas pour «objectif» de «chasser» Saddam Hussein, mais de «réduire de façon substantielle sa capacité» à fabriquer ou utiliser des armes de destruction massive. Des représentants de l’état-major des armées, qui ont l’oreille de la majorité républicaine au Congrès, sont particulièrement mécontents de cette décision de la Maison-Blanche, rapportait mercredi dernier le quotidien Washington Times. Mise en scène En limitant des bombardements aux installations militaires et sites suspects, sans cherche à frapper l’entourage de Saddam Hussein, «la Maison-Blanche veut seulement de la mise en scène», a estimé un de ces responsables cités par le quotidien. «Nous aimerions nous débarrasser de Saddam Hussein, mais d’un point de vue stratégique il est probablement suffisant d’éliminer sa capacité à produire des armes» de destruction massive, a affirmé pour sa part le représentant démocrate Lee Hamilton. Et d’ajouter que pour renverser le dirigeant irakien, il faudrait une opération terrestre impliquant «des dizaines, voire des centaines de milliers de soldats». Richard Gephardt, leader de la minorité démocrate à la Chambre, a lui aussi estimé qu’un consensus ne pouvait être trouvé que pour des frappes aériennes limitées. Et même pour cela, le Congrès devrait voter une résolution spéciale autorisant le président à intervenir, a ajouté M. Gephardt, qui avait refusé de voter une motion semblable en 1991 à l’aube de la guerre du Golfe. «Si nous avons appris quoi que ce soit au cours des 50 dernières années, c’est que quand une démocratie comme l’Amérique part en guerre (...) il est particulièrement important d’avoir l’accord et l’appui du Congrès et, par son intermédiaire, celui du peuple américain», a affirmé jeudi M. Gephardt. Et en dépit du large soutien à une opération militaire, de rares voix se font encore entendre contre le recours à la force. Ron Paul, républicain du Texas, a estimé mercredi à la Chambre que toute frappe serait «une opération politique, pas militaire». Et d’ajouter: «Même si nous tuons Hussein, que ferons- nous après? Nous créerons un vide politique qui pourrait être rempli par l’Iran. (AFP)
L’Amérique est divisée sur les objectifs d’une frappe éventuelle en Irak: faut-il éliminer le leader irakien Saddam Hussein ou simplement détruire ses palais et autres sites susceptibles d’abriter des armes de destruction massive? Tandis que se poursuivent les efforts diplomatiques pour forcer l’Irak à donner libre accès aux inspecteurs de l’ONU à tous les sites suspects, y compris aux 78 palais présidentiels, militaires et politiques américains débattent, à huis clos, pour savoir jusqu’où aller dans une opération militaire. Le président Bill Clinton a plusieurs fois souhaité «une véritable solution diplomatique», mais il a également souligné que les Etats-Unis étaient «déterminés» à empêcher l’Irak de se doter d’armes de destruction massive et menacer ses voisins. Depuis plusieurs jours, de...