Le testament d'un tétraplégique Vivre est un droit, pas une obligation
le 06 février 1998 à 00h00
Le tétraplégique espagnol Ramon Sampedro, qui s’est suicidé le 2 janvier vraisemblablement avec l’assistance de plusieurs amis, avait écrit un «testament» dans lequel il affirmait que «vivre est un droit, pas une obligation», rapporte mercredi le quotidien «El Pais». «La personne qui m’aide dans mon euthanasie doit-elle être punie?», s’était interrogé Sampedro dans ce document, daté du 28 décembre 1997, soit quinze jours avant son empoisonnement au cyanure à Boiro (Galice, nord-ouest). «Selon la Constitution espagnole — et bien que je ne sois pas expert dans les questions juridiques — catégoriquement non», répond le tétraplégique dans son «testament», rédigé entièrement à l’aide de la bouche. «Mais le tribunal compétent (...) refuse de répondre. Les politiciens répondent indirectement à l’aide d’un rafistolage juridique du code pénal. Et les religieux rendent grâce à Dieu qu’il en soit ainsi», poursuit-il. «Ce n’est pas de l’autorité éthique et morale. C’est de l’incompétence politique, du paternalisme intolérant et du fanatisme religieux», ajoute Sampedro, avant de signaler: «Ma conscience n’est pas attrapée par la difformité de mon corps atrophié et insensible, mais par la difformité, l’atrophie et l’insensibilité de vos consciences». Sampedro, 55 ans, avait été retrouvé mort sur son lit, qu’il ne quittait plus depuis 1968 en raison d’une paralysie des quatre membres. Il s’était fracassé une vertèbre sur un rocher en plongeant dans la mer. Au cours des cinq dernières années, il avait présenté plusieurs requêtes devant les tribunaux pour être autorisé à subir une euthanasie, mais les magistrats avaient toujours rejeté ses demandes, l’assistance au suicide étant un délit passible en Espagne de dix ans de prison. «El Pais» a assuré dimanche dernier que le suicide au cyanure de Sampedro a été le résultat d’une minutieuse opération, destinée à diluer les responsabilités pénales, et dans laquelle 11 personnes ont été impliquées. (AFP)
Le tétraplégique espagnol Ramon Sampedro, qui s’est suicidé le 2 janvier vraisemblablement avec l’assistance de plusieurs amis, avait écrit un «testament» dans lequel il affirmait que «vivre est un droit, pas une obligation», rapporte mercredi le quotidien «El Pais». «La personne qui m’aide dans mon euthanasie doit-elle être punie?», s’était interrogé Sampedro dans ce document, daté du 28 décembre 1997, soit quinze jours avant son empoisonnement au cyanure à Boiro (Galice, nord-ouest). «Selon la Constitution espagnole — et bien que je ne sois pas expert dans les questions juridiques — catégoriquement non», répond le tétraplégique dans son «testament», rédigé entièrement à l’aide de la bouche. «Mais le tribunal compétent (...) refuse de répondre. Les politiciens répondent indirectement à...
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