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Actualités - Chronologie

Un marché secondaire des obligations est-il nécessaire pour l'économie libanaise?

Plusieurs projets de loi concernant la fiducie et l’ouverture du capital social des banques au Liban ont été acceptés par le législateur. D’autres textes sur le leasing ou la création d’un conseil national des marchés financiers restent encore en souffrance. La plupart d’entre eux ont été soumis au gouvernement et cheminent vers le Parlement. L’important étant de développer rapidement les marchés financiers au Liban et donc de leur donner un cadre juridique adéquat. Ainsi, la Banque centrale elle-même a souhaité, en son temps, impulser une réforme sur la structure des capitaux sociaux des banques libanaises, mais aussi plus généralement des banques voulant opérer au Liban et des sociétés financières anciennes ou nouvelles. Pour le moment, les actionnaires des banques libanaises peuvent céder 30% de leurs actions en dehors de l’approbation du conseil d’administration, mais, aussi, celle de la Banque centrale. Outre les avantages que représente l’ouverture des banques dans ce cas, c’est le développement même d’un marché financier digne de ce nom qui a été envisagé. En effet, si le secteur bancaire est l’un des domaines économiques les plus importants au Liban sinon, le plus important, c’est aussi le seul à devoir produire des comptes financiers régulièrement en cours d’exercice et à être réellement sous la tutelle d’un organisme de contrôle: la Banque du Liban. Dans ces conditions, ce secteur reste, dans l’immédiat, le seul à remplir les meilleures conditions pour l’introduction d’entreprise en bourse afin d’y être partiellement financée. En outre, par effet de ricochet, ces mêmes banques pourraient ainsi développer des solutions à leur manque de refinancement pour le montage de crédits à moyen et long termes qui font encore défaut à l’économie libanaise. Le développement des marchés de capitaux Si l’on considère le niveau de progression des capitaux propres des banques au Liban durant les trois dernières années, soit quelque 600 millions de dollars, les établissements financiers de la place pourraient atteindre pas moins de 1,2 milliard de dollars d’ici trois à cinq ans. En d’autres termes, ces mêmes établissements, forts de la nouvelle loi, pourraient recueillir environ 300 millions de liquidité. Ce moyen, particulièrement sain de financement, participerait, sans endetter outre mesure le Liban, à la reconstruction nécessaire, planifiée sur dix ans. Par ailleurs, le maintien des flux de capitaux vers le Liban, ne serait-ce qu’en dépôts bancaires, prête à l’optimisme. La reconstruction sera alors moins risquée, puisqu’en partie autofinancée par le marché. Les banques elles-mêmes ne sont plus uniquement financées par les seuls anciens actionnaires. Ce phénomène pourrait aussi dynamiser l’actionnariat tout en ouvrant des champs de vision et de normalisation des marchés financiers de Beyrouth. Par ailleurs, la capitalisation exercée par les mêmes banques, à l’aide d’émissions d’obligations et de certificats de dépôts à l’étranger, dépasse à l’heure actuelle le milliard de dollars. Ce phénomène a contribué largement à la liquidité des banques au Liban. Toutefois, le placement de certains outils financiers sur la place même de Beyrouth serait un signe accru de confiance dans la reconstruction du Liban. En effet, jusqu’à présent, les souscriptions sont tournées vers l’extérieur et gérées à Londres, au Luxembourg et sur d’autres places étrangères. Les conséquences directes Les sociétés financières et les banques opérant au Liban pourraient aussi émettre à Beyrouth des obligations à moyen et long termes, c’est-à-dire à 5 et 7 ans. Pour les banques, ce serait là un remède important au manque de refinancement des crédits à moyen et long termes, la moyenne des dépôts bancaires étant encore aux alentours de 50 jours. D’autres entreprises, telles les plus grandes industries, pourraient aussi envisager l’émission d’obligations convertibles qui abaisserait considérablement le coût de leurs lourds investissements face à une croissance parfois encore forte. Pour autant, selon les spécialistes interrogés, toutes ces mesures ne peuvent être appliquées que dans un cadre juridique précis et adéquat. Il faut un marché financier organisé pour la reconstruction. Ceci n’est pas encore le cas au niveau de la Bourse de Beyrouth, même si les démarches avancent à grands pas. Seul peut-être, un marché secondaire pourrait jouer ce rôle. Après la restructuration des banques, encore hésitante, l’année 1998 sera-t-elle celle de la restructuration des marchés financiers au Liban et leur décollage, sous peine pour le Liban d’augmenter la charge de ses dettes à l’aide de financements extérieurs coûteux mais impératifs pour faire avancer la reconstruction?
Plusieurs projets de loi concernant la fiducie et l’ouverture du capital social des banques au Liban ont été acceptés par le législateur. D’autres textes sur le leasing ou la création d’un conseil national des marchés financiers restent encore en souffrance. La plupart d’entre eux ont été soumis au gouvernement et cheminent vers le Parlement. L’important étant de développer rapidement les marchés financiers au Liban et donc de leur donner un cadre juridique adéquat. Ainsi, la Banque centrale elle-même a souhaité, en son temps, impulser une réforme sur la structure des capitaux sociaux des banques libanaises, mais aussi plus généralement des banques voulant opérer au Liban et des sociétés financières anciennes ou nouvelles. Pour le moment, les actionnaires des banques libanaises peuvent céder 30% de leurs...