Les défaillances d’entreprises ont baissé de 5,9% en France en 1997, à 61.068 unités, selon le bilan publié par la Société Française d’Assurance Crédit (SFAC). Elles restent cependant au-dessus du niveau des 60.000 qu’elles ont du mal à franchir depuis cinq ans et qui devrait encore être dépassé en 1998 malgré une nouvelle réduction attendue de ces défaillances, partiellement liée à l’amélioration conjoncturelle. Lors d’une conférence de presse, les responsables de la SFAC ont toutefois lancé un avis d’alerte pour 1998 concernant les entreprises de secteurs à forte croissance, dont les structures financières seraient relativement faibles. L’informatique pourrait être au nombre des branches les plus exposées, tout comme le secteur automobile où d’importantes restructurations sont envisageables avec la disparition à venir de la distribution exclusive. En 1997, la diminution des défaillances d’entreprises a surtout bénéficié au secteur immobilier — mais c’est lui qui avait le plus souffert les années précédentes —, ainsi qu’au BTP et à la métallurgie, des branches où les sociétés les plus fragiles ont déjà disparu. Le commerce-distribution a par contre subi une recrudescence des défaillances, avec pour principale victime le détaillant d’électroménager et d’audiovisuel Interdiscount (2.070 MF de chiffre d’affaires) mis en règlement judiciaire en avril. Autres défaillances significatives de l’année écoulée: Akaï France, Maxi Livres, Thinet (BTP), sans oublier l’antique Bal du Moulin Rouge dont la société, nouvellement constituée depuis une vingtaine d’années, a été placée en règlement judiciaire en décembre dernier. Les responsables de la SFAC considèrent cependant que le ralentissement du nombre de défaillances n’a qu’une corrélation assez limitée avec la conjoncture économique. Le flux des disparitions va en effet aussi de pair avec celui des créations d’entreprises enregistré deux ou trois ans plus tôt, car les projets souffrent encore souvent d’une préparation insuffisante. Depuis trois ans, ces créations sont en diminution, ce qui a contribué à limiter le nombre de défaillances. La corrélation devrait se vérifier en 1998. La SFAC voit dans cette faiblesse chronique des premières années d’entreprises l’un des problèmes latents du paysage économique français. De 1990 à 1997, explique-t-elle, près de 1,4 million d’entreprises ont été créées, mais deux millions ont disparu dont 500.000 de mort violente. La France détient ainsi, en termes relatifs, le «record du monde toutes catégories». (Reuters)
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