aLa visite du pape à Cuba a généré une véritable pluie de dollars sur l’île, une manne inespérée pour un pays économiquement à bout de souffle. Le prix des chambres d’hôtel, des taxis, des voitures de location a pratiquement doublé en quelques jours, tandis que le moindre objet commémoratif de la visite de Jean-Paul II, des tee-shirts et humbles colifichets aux cigares spéciaux, se négocie uniquement en dollars. Selon le Conseil économique et commercial américano-cubain basé à New York, la visite de cinq jours du pape à Cuba, un des voyages-clés de son pontificat, pourrait générer près de 20 millions de dollars. Le presse étrangère a été particulièrement mise à contribution. Le journaliste nouvellement arrivé à La Havane se voit obligé de payer outre les 60 dollars pour son visa, 60 dollars supplémentaires pour son accréditation. La chambre d’hôtel lui coûtera environ 280 dollars par jour dans les hôtels les plus luxueux de la capitale, le Nacional ou le Melia-Cohiba. Mais les trois villes de province où le pape se rendra durant sa visite pastorale, Santa-Clara, Camaguey et Santiago de Cuba se sont également mis à l’unisson de la valse des prix: entre 80 et 250 dollars pour une chambre d’hôtel parfois rudimentaire. Les particuliers ont été exceptionnellement autorisés par le gouvernement à louer librement des chambres durant la visite du pape et attendent le client, postés à l’aéroport. Les prix sont plus modestes: environ 30 dollars par jour pour une chambre avec air conditionné. Les lignes de téléphone, les locations de cellulaires, les droits de transmissions atteignent des sommes astronomiques. L’énorme contingent de la presse américaine — plus d’un millier de journalistes — qui a déferlé sur La Havane, notamment les équipes des quatre grandes chaînes de télévision, ABC, NBC, CNN et CBS, a fait monter les prix, notamment pour ce qui concerne les chauffeurs, les employés et les interprètes. Le dollar-roi Certaines chaînes ont loué des hôtels entiers, comme le Ambos Mundos, dans la vieille ville, un des hôtels favoris d’Hemingway, entièrement rénové l’an dernier, occupé par NBC. Un jeune Cubain n’en revenait pas d’avoir reçu 50 dollars pour avoir aidé des techniciens d’une chaîne de télévision à décharger quelques caisses de matériel, dans un pays où le salaire mensuel avoisine les 10 dollars. Le billet vert est aujourd’hui indispensable pour survivre à Cuba, forcé à la «dollarisation» de l’économie accélérée par l’effondrement du camp socialiste. La possession du dollar a été dépénalisée en 1993 et selon certaines études, 20 pour cent de la population cubaine a aujourd’hui accès à des devises. Le gouvernement cubain rejette vigoureusement pour sa part vouloir faire du «business» avec la visite du pape. «Le voyage de Jean-Paul II n’a pas été conçu à des fins de gains économiques», indiquait lundi le ministre cubain de l’Economie José Luis Rodriguez. «Ce sont des arguments de mauvaise foi», estime pour sa part un responsable cubain du ministère des Relations extérieures. «Nous ne faisons que répondre aux lois de l’offre et de la demande, Atlanta a bien fait la même chose pour les Jeux Olympiques», dit-il. Mais même l’église catholique cubaine a dû ouvrir son porte-monnaie: près de 400.000 dollars ont été versés à l’Etat pour le seul transport des pèlerins sur les divers lieux où se dérouleront les messes papales, indique le père Felipe Tejeira, curé de l’église Jesus de Miramar. Pour Cuba, le voyage du pape, «c’est la plus grande «zafra» (récolte) du siècle», affirme-t-il en riant. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats aLa visite du pape à Cuba a généré une véritable pluie de dollars sur l’île, une manne inespérée pour un pays économiquement à bout de souffle. Le prix des chambres d’hôtel, des taxis, des voitures de location a pratiquement doublé en quelques jours, tandis que le moindre objet commémoratif de la visite de Jean-Paul II, des tee-shirts et humbles colifichets aux cigares spéciaux, se négocie uniquement en dollars. Selon le Conseil économique et commercial américano-cubain basé à New York, la visite de cinq jours du pape à Cuba, un des voyages-clés de son pontificat, pourrait générer près de 20 millions de dollars. Le presse étrangère a été particulièrement mise à contribution. Le journaliste nouvellement arrivé à La Havane se voit obligé de payer outre les 60 dollars pour son visa, 60 dollars...