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Actualités - Chronologie

Restrictions alimentaires froid rigoureux Dur Ramadan pour les habitants de Kaboul

Les Kaboulis vivent un Ramadan particulièrement dur cette année, alors qu’au jeûne volontaire s’ajoutent de sévères restrictions alimentaires aggravées par un hiver exceptionnellement froid. Pourtant, les Taliban (littéralement étudiants en théologie, au pouvoir à Kaboul) semblent avoir assoupli les règles de conduites strictes qu’ils ont imposées à la population de la capitale depuis leur entrée dans la ville le 27 septembre 1996. «Les gens ont d’énormes difficultés pour vivre», affirme ainsi un habitant de Kaboul. «Beaucoup, dit-il, ne peuvent se nourrir régulièrement» le soir, lors de l’«iftar», la rupture du jeûne qui est normalement un moment de fête après la journée de privation de nourriture du Ramadan, l’un des cinq piliers de la religion musulmane. Les boutiques de «Chicken Street», le quartier commerçant du centre de Kaboul ne manquent d’ailleurs pas de nourriture, mais ces produits sont hors de portée de nombreux habitants privés de ressources et qui souvent ne survivent que grâce à l’aide apportée par les organisations humanitaires internationales. Le nombre des mendiants, souvent des femmes et des enfants, ne cesse d’augmenter dans les rues de la ville. Ils s’agglutinent aux points de distribution gratuite de nourriture par les rares personnes aisées qui accomplissent ainsi une autre des obligations de l’islam, la «zakat», l’aumône aux nécessiteux. «Beaucoup de gens ont perdu leur emploi, d’autres ne sont plus payés depuis des mois», regrette un commerçant. «S’ils sont payés, ils reçoivent si peu qu’ils ne peuvent nourrir leur famille que pour quelques jours», ajoute-t-il. Après avoir pris le contrôle de la capitale afghane, la milice religieuse des Taliban a imposé une interprétation rigoureuse de la Charia, les lois coraniques. Les Taliban ont ainsi interdit le travail des femmes. Ils ont en outre chassé de nombreux fonctionnaires en place au temps du régime communiste. De plus, l’inflation a repris de plus belle, alors que l’afghani, la monnaie locale, perd chaque jour un peu plus de sa valeur renchérissant les prix notamment des produits importés. Avant le Ramadan, un dollar valait 26.000 afghanis. Maintenant il vaut 33.000 afghanis. La détresse s’affiche chaque jour un peu plus sur les trottoirs enneigés de la ville. Et l’hiver, par sa rigueur inhabituelle n’arrange pas les choses. Les dernières nuits, le mercure est descendu à —12 et —19 degrés, alors que le chauffage des habitations est un luxe inaccessible, rare dans la capitale afghane. Dès lors, les Kaboulis ne trouvent que peu de réconfort dans le fait que les «étudiants en théologie» semblent moins sévères envers ceux qui ne respectent pas leurs règles sur le style de vie d’un «bon musulman» qu’ils ont imposé depuis leur arrivée. Depuis quelques semaines en effet, les hommes ne sont plus battus s’ils n’ont pas la barbe (obligatoire) suffisamment longue et les cheveux suffisamment courts au gré des patrouilles de la police religieuse. «Ils laissent les gens libres de faire comme ils le veulent leurs prières», souligne un habitant, alors qu’auparavant, il n’était pas rare que les Taliban forcent les gens, aux abords des mosquées, à y rentrer pour y accomplir leurs obligations. De fait, la présence des miliciens s’est faite plus discrète ces dernières semaines aussi. Peut-être sont-ils allés renforcer la milice intégriste qui continue à se battre à quelques dizaines de kilomètres seulement au nord et au nord-est de la capitale contre les troupes du commandant Ahmed Shah Massoud, l’un des piliers de la coalition anti-Taliban. (AFP)
Les Kaboulis vivent un Ramadan particulièrement dur cette année, alors qu’au jeûne volontaire s’ajoutent de sévères restrictions alimentaires aggravées par un hiver exceptionnellement froid. Pourtant, les Taliban (littéralement étudiants en théologie, au pouvoir à Kaboul) semblent avoir assoupli les règles de conduites strictes qu’ils ont imposées à la population de la capitale depuis leur entrée dans la ville le 27 septembre 1996. «Les gens ont d’énormes difficultés pour vivre», affirme ainsi un habitant de Kaboul. «Beaucoup, dit-il, ne peuvent se nourrir régulièrement» le soir, lors de l’«iftar», la rupture du jeûne qui est normalement un moment de fête après la journée de privation de nourriture du Ramadan, l’un des cinq piliers de la religion musulmane. Les boutiques de «Chicken Street», le...