Hong Kong «a tenu et restera une ancre de stabilité» dans une Asie confrontée à la crise, a déclaré mercredi le directeur général du FMI, Michel Camdessus. «Hong Kong a tenu et gagnera grâce à une détermination politique extraordinaire et son système de lien avec le dollar», a dit M. Camdessus devant la commission du développement et de la coopération du Parlement européen. Parmi les facteurs qui ont permis à l’ancienne colonie britannique de résister, M. Camdessus a cité «sa réserve de changes pyramidale» et la fait qu’elle ait su «constituer un système bancaire irréprochable». A propos de la Chine, il a remarqué que ce pays «avait pris les devants en dévaluant sa monnaie de 30% il y a deux ans, ce qui lui a laissé une marge, un coussin d’air face à ce qui s’est passé». D’autre part, «les Chinois ont fait leurs comptes et estimé que s’ils cédaient à la panique, ils risqueraient de subir un effet «boomerang» qui les blesseraient plus que l’instabilité actuelle», a-t-il ajouté. M. Camdessus a par ailleurs remercié les autorités chinoises pour «leur soutien» qui s’est notamment manifesté par le biais de prêts à l’Indonésie et la Thaïlande. Le «syndrome du déni» Par ailleurs, M. Camdessus a remarqué que le «syndrome du déni», refus par les pays asiatiques de reconnaître qu’ils étaient confrontés à un problème grave, a été «un facteur aggravant» de la crise. «Ces pays vivaient dans l’idée qu’ils avaient trouvé un modèle de développement» qui leur permettrait notamment de «rattraper les performances européennes», a affirmé à Bruxelles M. Camdessus devant la commission du développement et de la coopération du Parlement européen. En dépit de «la multiplication des avertissements et des visites» dans ces pays, notamment la Thaïlande et la Corée du Sud avant que la «crise n’atteigne son paroxysme», il leur a été «extraordinairement difficile de reconnaître qu’ils avaient un problème grave», a dit M. Camdessus. Il a indiqué qu’il s’était rendu personnellement à quatre reprises en Thaïlande pour dire à ses dirigeants qu’ils «allaient dans le mur». Il a affirmé n’avoir obtenu pour seule réponse que le «déni». Cas similaire avec la Corée du Sud où M. Camdessus a reconnu ne pas avoir réussi «à renverser ce syndrome du déni». Sur le rôle du FMI dans la crise asiatique, il a constaté que ce dernier a dû se contenter de «faire son travail de pompier». «Si nous avions pu opérer six mois plus tôt, vous n’auriez pas entendu parler de la crise en Corée», a-t-il dit aux élus européens. Remarquant que «le pouvoir de surveillance» du Fonds «commence à être reconnu», il a cependant estimé qu’il «n’a pas encore les instruments nécessaires pour agir, loin de là». «Il faut veiller à ce que nos moyens d’intervention nous permettent de faire face à la taille des crises» actuelles. Selon lui, la crise asiatique est typique des crises de cette fin de siècle, «soudaine, frappant des pays prétendument vertueux et pouvant devenir systémique». «Au cœur de cette crise» il y a selon lui la «fragilité du système bancaire et la mauvaise gestion». C’est essentiellement dans ces secteurs que le FMI est intervenu dans trois pays asiatiques, Thaïlande, Indonésie et Corée du Sud dans lesquels 87 banques au total ont été fermées et où on a commencé à mettre fin aux «relations incestueuses qui existaient entre l’Etat, les banques et les entreprises», selon M. Camdessus. «Si le FMI est le pompier, nous, nous sommes l’assureur», a ironisé James Wolfensohn, président de la Banque mondiale qui s’est également adressé aux députés européens. Le rôle de la banque va désormais être «d’aider ces pays à faire la transition avec un système de contrôle suffisant», notamment «par la formation des contrôleurs». Il a également insisté sur les «aspects sociaux» de la crise asiatique, notant que les «pauvres en sont les victimes». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Hong Kong «a tenu et restera une ancre de stabilité» dans une Asie confrontée à la crise, a déclaré mercredi le directeur général du FMI, Michel Camdessus. «Hong Kong a tenu et gagnera grâce à une détermination politique extraordinaire et son système de lien avec le dollar», a dit M. Camdessus devant la commission du développement et de la coopération du Parlement européen. Parmi les facteurs qui ont permis à l’ancienne colonie britannique de résister, M. Camdessus a cité «sa réserve de changes pyramidale» et la fait qu’elle ait su «constituer un système bancaire irréprochable». A propos de la Chine, il a remarqué que ce pays «avait pris les devants en dévaluant sa monnaie de 30% il y a deux ans, ce qui lui a laissé une marge, un coussin d’air face à ce qui s’est passé». D’autre part, «les...