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Actualités - Reportage

L'amazonie des rituels A faire pâlir les turcs en plumes (photo)

WASHINGTON -Irène Mosalli Elles feraient pâlir d’envie «leurs trucs» en plumes ouvragés, élaborés, sophistiqués qui sont l’apanage des vedettes du show-biz... Et pourtant, ces parures, qu’arboraient les anciennes tribus de l’Amazonie, sont faites d’authentiques plumes d’oiseaux. On peut les admirer dans le cadre d’une exposition organisée par la «National Geographic Society», à Washington, sur le thème «l’Art des plumes des rituels de l’Amazonie». Une occasion de découvrir, à la fois, l’incroyable palette de couleurs de cette réserve ornithologique naturelle qu’est l’Amazonie et l’immense talent de ses habitants qui en ont fait une admirable utilisation. C’est donc de la très belle ouvrage que cet artisanat de plumes qui s’était spécialisé dans la création d’atours arborés durant les cérémonies rituelles. Le souci premier n’était pas l’effet décoratif clan, l’âge, le sexe et le statut social de ceux ou celles qu’ils paraient. Les pièces exposées sont aussi variées que les tonalités des plumes dont elles sont faites. Il y a d’abord les créations vestimentaires (jupes, paréos, bustiers) et tout un éventail d’accessoires: les coiffes (toutes sortes), les bijoux (colliers, boucles d’oreilles, anneaux pour les lèvres et le nez). Du côté des objets de rite, on retrouve des boucliers, des lances, des sceptres , des éventails, des effigies et des instruments sonores (hochets, flûtes, sifflets). Les artisans de l’Amazonie employaient les plumes d’une quarantaine de spécimens dont les aras et les hérons. La plupart du temps, ils prenaient les oisillons de leur nid et les élevaient eux-mêmes. Ce qui leur permettait d’utiliser les plumes de la mue, en nuances. Dans la culture de l’Amazonie, il fallait se mettre obligatoirement en plume pour sept cérémonies considérées comme majeures: lorsque l’on donnait un nom à l’enfant, pour guérir un malade, à l’initiation à l’âge adulte, à l’enterrement, à la commémoration des morts et durant les fêtes de la moisson où de la chasse. L’un des rituels les plus spectaculaires, au cours duquel les plumes jouent un rôle primordial, est celui appelé «Tocandira» qui marque le passage à l’âge adulte. Une séance initiatique qui met à l’épreuve l’endurance à la douleur des jeunes gens. Pour mesurer leurs bravoures, on leur applique sur différentes parties du corps, un genre de bouclier recouvert de plumes et comportant une ouverture par laquelle on fait passer cinq fourmis aux piqûres brûlantes. Il s’agit de supporter cette souffrance sans broncher. Pour prouver qu’on est déjà un homme et pour emporter chez soi, le trophée en plumes. Si «les plus belles plumes font les plus beaux oiseaux», dans l’Amazonie, elles font de beaux spécimens d’hommes et de femmes et par le biais de fêtes ramagées aux couleurs de la nature. Sans artifice et avec beaucoup de maîtrise.
WASHINGTON -Irène Mosalli Elles feraient pâlir d’envie «leurs trucs» en plumes ouvragés, élaborés, sophistiqués qui sont l’apanage des vedettes du show-biz... Et pourtant, ces parures, qu’arboraient les anciennes tribus de l’Amazonie, sont faites d’authentiques plumes d’oiseaux. On peut les admirer dans le cadre d’une exposition organisée par la «National Geographic Society», à Washington, sur le thème «l’Art des plumes des rituels de l’Amazonie». Une occasion de découvrir, à la fois, l’incroyable palette de couleurs de cette réserve ornithologique naturelle qu’est l’Amazonie et l’immense talent de ses habitants qui en ont fait une admirable utilisation. C’est donc de la très belle ouvrage que cet artisanat de plumes qui s’était spécialisé dans la création d’atours arborés...