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Actualités - Chronologie

Mgrs Stella et Ortega : les duettistes du souverain pontife à Cuba

Deux prélats aux personnalités contrastées — le nonce apostolique à La Havane Beniamino Stella et le cardinal-archevêque de La Havane Jaime Ortega — sont les artisans de la visite du pape à Cuba. Dès l’abord, le physique et le tempérament de lutteur de Mgr Ortega tranchent avec la silhouette efflanquée du nonce dont la conversation policée au ton suave dénonce le pur produit de la diplomatie vaticane. Bien que l’aîné de cinq ans du diplomate de la curie, Mgr Ortega bénéficie à 61 ans d’un visage juvénile fréquemment éclairé d’un large sourire et dont la palette d’expression va de l’onction très cardinalice à l’autoritaire. Mgr Ortega affectionne les formules sans détour. Le nonce n’a pas son pareil pour distiller les allusions, à charge pour ses interlocuteurs de les saisir au vol. L’un cultive le brûle-pourpoint, l’autre l’arabesque florentine. Le parcours de Mgr Ortega — le 2e prélat de l’histoire de Cuba à avoir revêtu, en 1994, la pourpre cardinalice — lui a forgé une personnalité sans concession à l’égard du pouvoir castriste. Durant les années 60, à une période où la pratique de toute religion était un péché idéologique, le jeune Ortega dût accomplir son service militaire dans un régiment disciplinaire. De ces années de semi-clandestinité, le prêtre formé au Canada, nommé évêque en 1981, a gardé le souvenir cuisant d’une Eglise contrainte aux catacombes. Le prélat n’a pas pardonné au gouvernement cubain le régime de faveur réservé à la religion afrocubaine, considérée par les spécialistes comme largement majoritaire à Cuba: «Le syncrétisme n’a jamais été une autre religion», assure Mgr Ortega. «Le «santero» (adepte des cultes syncrétiques) se proclame toujours catholique», se plaît-il à rappeler en ne concédant aux cultes afrocubains que la dimension d’une expression de foi populaire propre au pays. La carrière de Mgr Stella est plus classique: le titre de docteur en droit canon à peine en poche, il a embrassé en 1970 une carrière diplomatique qui l’a mené en Afrique (Zaïre, République centrafricaine, Tchad et Congo) avec des détours par la République dominicaine et Malte et des séjours au cœur de la secrétairerie d’Etat, le ministère des Affaires étrangères du Vatican. Nommé en décembre 1992 à La Havane, le projet de visite à Cuba a figuré au premier rang des tâches assignées par le pape qui s’est certainement souvenu qu’il avait préparé avec succès sa visite au Tchad en 1991. (AFP)
Deux prélats aux personnalités contrastées — le nonce apostolique à La Havane Beniamino Stella et le cardinal-archevêque de La Havane Jaime Ortega — sont les artisans de la visite du pape à Cuba. Dès l’abord, le physique et le tempérament de lutteur de Mgr Ortega tranchent avec la silhouette efflanquée du nonce dont la conversation policée au ton suave dénonce le pur produit de la diplomatie vaticane. Bien que l’aîné de cinq ans du diplomate de la curie, Mgr Ortega bénéficie à 61 ans d’un visage juvénile fréquemment éclairé d’un large sourire et dont la palette d’expression va de l’onction très cardinalice à l’autoritaire. Mgr Ortega affectionne les formules sans détour. Le nonce n’a pas son pareil pour distiller les allusions, à charge pour ses interlocuteurs de les saisir au vol. L’un...