Le président Bill Clinton sera confronté aujourd’hui à l’une des épreuves les plus douloureuses de sa carrière, un face-à-face de plusieurs heures avec Paula Jones, la jeune femme qui l’a traîné devant la justice pour une affaire de harcèlement sexuel, au cours duquel il devra s’expliquer sur les aspects les plus intimes de sa vie. M. Clinton répondra à des questions très embarrassantes des six avocats de Mme Jones en présence de celle-ci, dans l’optique d’un procès qui doit s’ouvrir le 26 mai à Little Rock, dans l’Arkansas, l’Etat du sud du pays dont le président était le gouverneur à l’époque des faits qui lui sont reprochés, en 1991. Il sera le premier président américain en exercice à témoigner comme accusé dans un procès civil. Une «première» dont il se serait bien passé alors que sa popularité est au zénith (plus de 60% d’opinions favorables) en raison de l’éclatante prospérité des Etats-Unis et qu’il songe de plus en plus à sa place dans l’Histoire. «Il est déterminé à le faire et il le fera», a simplement commenté son porte-parole, Michael McCurry, auquel on demandait quel était l’état d’esprit de M. Clinton. «Il a développé la capacité de rester concentré sur le travail pour lequel il a été élu et il ne laissera pas ce genre de choses devenir des distractions pénibles», a-t-il poursuivi. Malgré les affaires d’Etat, en l’occurrence la signature d’une charte entre les Etats-Unis et les pays baltes et la crise avec l’Irak, M. Clinton devait tout de même prendre le temps vendredi d’effectuer «les préparations nécessaires» avec son avocat Robert Bennett, a ajouté le porte-parole. La déposition sous serment de M. Clinton, requise par les avocats de la plaignante, sera enregistrée sur cassette et constituera, s’il le souhaite, son témoignage final, la Cour suprême ayant décidé que M. Clinton ne pouvait être contraint à témoigner lors du procès. A en croire Mme Jones, 30 ans, qui s’appelait alors Paula Corbin et était une employée de l’Etat d’Arkansas, un policier l’aurait conduite en mai 1991 dans une chambre d’un hôtel de Little Rock où se trouvait le gouverneur. M. Clinton, toujours selon elle, aurait alors baissé son pantalon et lui aurait demandé une faveur sexuelle. Devant son refus, il lui aurait intimé l’ordre de ne rien dire de l’incident, laissant entendre que sa carrière en souffrirait. Mme Jones réclame entre autres plus d’un demi-million de dommages et intérêts pour harcèlement sexuel et violation de ses droits civiques. Pour sa part, M. Clinton nie que l’incident ait jamais eu lieu et affirme ne pas se souvenir d’avoir jamais vu Mme Jones. Son entourage estime que cette affaire est une vendetta politique orchestrée par des milieux ultra-conservateurs qui haïssent les Clinton. Le face-à-face se déroulera dans les bureaux de l’avocat du président, M. Clinton n’ayant pas voulu donner à son adversaire le privilège d’être filmé dans le cadre solennel de la Maison-Blanche. Il s’agira du premier face-à-face entre M. Clinton et Mme Jones depuis leur rencontre présumée de 1991. Selon des sources judiciaires qui ont requis l’anonymat, la déposition, qui doit débuter à 10h30 locales (15h30 GMT), ne s’achèvera pas avant 16h, voire 18h, soit un marathon — entrecoupé de pauses — de six ou sept heures. Elle s’annonçait pénible pour M. Clinton, car les questions porteront non seulement sur les détails les plus crus de l’incident présumé de mai 1991, mais sur sa vie sexuelle. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Bill Clinton sera confronté aujourd’hui à l’une des épreuves les plus douloureuses de sa carrière, un face-à-face de plusieurs heures avec Paula Jones, la jeune femme qui l’a traîné devant la justice pour une affaire de harcèlement sexuel, au cours duquel il devra s’expliquer sur les aspects les plus intimes de sa vie. M. Clinton répondra à des questions très embarrassantes des six avocats de Mme Jones en présence de celle-ci, dans l’optique d’un procès qui doit s’ouvrir le 26 mai à Little Rock, dans l’Arkansas, l’Etat du sud du pays dont le président était le gouverneur à l’époque des faits qui lui sont reprochés, en 1991. Il sera le premier président américain en exercice à témoigner comme accusé dans un procès civil. Une «première» dont il se serait bien passé alors que sa...