Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Nouveaux espoirs de paix en Casamance

L’abbé Augustin Diamacoune, leader historique de la rébellion casamançaise, a rallumé l’espoir en lançant à Ziguinchor un nouvel appel à la paix dans cette région sud du Sénégal soumise depuis quinze ans à une revendication indépendantiste qui a fait plusieurs milliers de morts. Le prélat, qui se trouve en résidence surveillée à la Maison des œuvres catholiques de Ziguinchor, chef-lieu de la région, et qui n’avait pas parlé depuis deux ans, a lancé cet appel en dénonçant notamment la multiplication des mines, fait nouveau et inquiétant dans une région où plusieurs centaines de personnes, militaires et civils, ont été tuées ou mutilées ces derniers mois par ces engins. «Plus de pose de mines, plus de tueries de populations civiles, plus de tueries entre frères combattants, plus de destructions de maison», a ordonné à ses combattants le vieil abbé, reconnaissant ainsi les dissidences nées au sein de ses troupes. «Il ne faut pas, présentement, faire pleurer cette Casamance en tuant ses enfants qui doivent éviter aussi de s’entretuer», a-t-il lancé, ajoutant que ceux qui refuseront d’obéir devront en répondre «devant Dieu, devant la Casamance et devant l’Histoire». Une rébellion morcelée Rappelant son attachement à une solution négociée, l’abbé Diamacoune, qui était accompagné de Sidy Badji, le chef du Front Nord modéré, et de membres du clergé catholique, n’a cependant pas évoqué l’ouverture de négociations avec les autorités sénégalaises, ne s’adressant qu’à ses «frères et sœurs» de Casamance. Cet appel solennel, le troisième du genre, a été lancé devant une quarantaine de journalistes qui n’ont pas eu le droit de lui poser de questions. Il intervient, comme les deux premiers, au moment où la rébellion indépendantiste, morcelée et soumise à des dissensions internes favorables à la création de bandes incontrôlées, se trouve en mauvaise posture à la suite d’une offensive générale déclenchée au mois d’août par l’armée sénégalaise. Celle-ci avait perdu 25 hommes dans une embuscade tendue près de Ziguinchor après 18 mois d’une accalmie rendue possible par un cessez-le-feu décrété en décembre 1995 par l’abbé Diamacoune. Ce cessez-le-feu devait aboutir à l’ouverture de négociations avec les autorités sénégalaises, qui n’ont jamais commencé par suite de dissensions au sein de la rébellion. Depuis lors, la situation n’a cessé de se dégrader dans cette région agricole et touristique du Sénégal, où aucun affrontement direct entre l’armée et les maquisards n’a été signalé depuis la fin novembre, mais où les incidents sanglants se sont multipliés, s’étendant au nord pacifié depuis six ans. Explosions de mines antichars ou antipersonnel, attaques de villages ou de véhicules par des «coupeurs de route», règlements de compte entre factions rivales: la psychose et la peur ont gagné toute la Casamance, où les populations n’osent plus emprunter les routes ou se rendre aux champs face à une situation de plus en plus chaotique. Le nouvel appel de l’abbé Diamacoune, qui, selon certains observateurs, ne contrôle plus ses troupes, intervient après une concertation fin décembre entre diverses composantes du MFDC viant à harmoniser la position du mouvement en vue de négociations pour la paix. Le prélat, qui parle toujours comme un ecclésiastique, a rappelé son engagement en faveur de la paix mais n’a fait aucune proposition concrète sur la date et les conditions d’ouverture de négociations avec le gouvernement sénégalais. La question se pose de savoir s’il s’agit d’un nouvel atermoiement ou si le MFDC, qui revendique toujours l’indépendance de la Casamance — refusée par le Sénégal — est prêt à aller aux négociations sans lesquelles aucune paix durable ne sera possible. (AFP)
L’abbé Augustin Diamacoune, leader historique de la rébellion casamançaise, a rallumé l’espoir en lançant à Ziguinchor un nouvel appel à la paix dans cette région sud du Sénégal soumise depuis quinze ans à une revendication indépendantiste qui a fait plusieurs milliers de morts. Le prélat, qui se trouve en résidence surveillée à la Maison des œuvres catholiques de Ziguinchor, chef-lieu de la région, et qui n’avait pas parlé depuis deux ans, a lancé cet appel en dénonçant notamment la multiplication des mines, fait nouveau et inquiétant dans une région où plusieurs centaines de personnes, militaires et civils, ont été tuées ou mutilées ces derniers mois par ces engins. «Plus de pose de mines, plus de tueries de populations civiles, plus de tueries entre frères combattants, plus de destructions de...