La résistance que la livre libanaise avait fait preuve avant la fin de l’année, à l’annonce d’un dépôt séoudien de 600 millions de dollars auprès de la Banque du Liban (B.D.L.), a faibli la semaine dernière, les facteurs de baisse ayant commencé à prendre un peu du poids. Ce mouvement, qualifié comme étant un phénomène préventif à la veille des débats budgétaires de la Chambre des députés, trouve son origine aussi dans des considérations techniques en rapport avec des dégagements bénéficiaires. Nombre d’opérateurs, ayant vendu le dollar, à la faveur du geste séoudien, au haut de la fourchette d’intervention de la B.D.L. au lendemain du chômage de Noël, soit au-dessus de 1530,— L.L., ont estimé, après que le marché eut largement anticipé ce facteur, à le racheter au bas de cette fourchette, soit à 1522,- L.L. et plus, dès le début de la semaine dernière. Ce développement n’a pas tardé à nourrir une demande du «billet vert», le poussant rapidement vers le point supérieur d’intervention de la B.D.L.. Toutefois, l’action traditionnelle de la B.D.L. sur le marché en abaissant son taux d’intervention à la vente du dollar de 1532,— à 1531,50 L.L., en un premier temps, puis son taux à l’achat de 1522,— à 1521,50 L.L., en un deuxième temps, a servi à le faire clôturer, vendredi dernier, au taux moyen indicatif de 1526,50 L.L. contre 1527,— L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 2 janvier, soit en léger repli de 0,033% en moyenne. Pourtant, ce mouvement apparent a caché derrière lui une autre évolution, reflétant la propension du marché à l’achat plutôt qu’à la vente du dollar. Celui-ci, venant ainsi dans les échanges interbancaires de 1521,75/1522,25 L.L. et d’un point d’ancrage à 1522,— L.L. à la fin de la semaine se terminant au vendredi 2 janvier, devait se négocier jusqu’à la fin de la semaine dernière entre 1529,— et 1530,—L.L. avec un point d’ancrage à 1529,50 L.L., soit en hausse de 0,49 % en moyenne d’une huitaine à l’autre, ce qui correspond au taux de dépréciation de la livre pendant la même période. Sous le signe des interventions de banques centrales A l’étranger, les marchés des changes internationaux ont fonctionné, la semaine dernière, sous le signe des craintes d’interventions concertées de banques centrales occidentales pour enrayer la chute du yen contre le dollar. Ce sentiment a été relancé par des déclarations attribuées à de hauts responsables japonais exprimant leur profonde inquiétude de la faiblesse excessive de la devise nippone, faisant savoir qu’ils prendraient en tant que de besoin les mesures appropriées. Cela d’autant que le secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin, indiquait aussi qu’il partageait les préoccupations du Japon. En outre, la visite à Washington du ministre japonais du Plan, Koji Omi, accompagné du vice-ministre des Finances, Eisuke Sakakibara, plus connu sous l’appellation de «monsieur Yen», et les entretiens qu’ils avaient eus avec les hauts responsables du Trésor américain et de la Réserve fédérale (Fed) ont ravivé les craintes d’intervention des banques centrales américaine et japonaise pour éviter au yen un effondrement trop prononcé. L’annonce aussi par le gouvernement britannique que les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du Groupe des «Sept» (pays occidentaux les plus industrialisés) se réuniront le 21 février à Londres pour évoquer la situation monétaire et économique en Asie, après les nouvelles secousses frappant l’Indonésie, après la Corée du Sud, la Malaisie, Hong Kong, Singapour, Thaïlande... a également agi dans le même sens. Cela étant, les grands opérateurs devaient hésiter à pousser davantage le dollar vers le haut face au yen, surtout après une attaque de la Banque du Japon, au milieu de la semaine, en faveur de sa monnaie. Ce développement ne tardait pas à peser un peu sur le taux de change du dollar par rapport au deutschemark aussi malgré les propos attribués au chef économiste de la Bundesbank, Otmar Issing, selon lequel l’institut d’émission germanique avait de «bons nerfs» et que les taux de change étaient du ressort des marchés et non des banques centrales. De fait, cette prise de position, interprétée comme étant un signe révélateur d’une attitude allemande de «laisser-faire» face à la hausse du dollar, devait être contrebalancée par l’inquiétude du président de la Fed, Alan Greenspan, de toute appréciation injustifiée du «billet vert» pouvant avoir un effet «déflationniste» sur l’économie américaine. Dans ce contexte, et compte tenu de plusieurs statistiques publiées, la semaine dernière, aux Etats-Unis reflétant tantôt une surchauffe et tantôt un début de ralentissement de l’économie américaine, nombre d’opérateurs, prenant acte aussi de la gravité de la crise financière asiatique, ont estimé devoir se réajuster sur le dollar par précaution et se débarrasser du sterling après le maintien des taux d’intérêt britanniques en l’état contre toute attente. Ainsi, l’annonce d’une hausse du taux de chômage aux Etats-Unis de 4,6% en novembre à 4,7% le mois dernier, consécutivement à la diminution des créations d’emplois non agricoles de 412.000 à 370.000 pendant la même période, ne devait pas plaider en faveur du dollar. Cela d’autant que les marchés venaient d’apprendre aussi que le nombre des demandeurs d’allocations-chômage aurait augmenté durant la première semaine de la nouvelle année de 20.000 personnes, alors que les prix à la production continuaient de baisser (— 0,2% en décembre comme en novembre et au taux annuel de baisse de 1,2%, soit le plus bas depuis 1986) ainsi que le coût de la construction en novembre (—0,9%), laissant craindre une orientation déflationniste de l’économie américaine. En effet, les marchés devaient passer outre à l’augmentation de 5,1% des ventes de logements neufs aux Etats-Unis en novembre (soit le niveau le plus élevé depuis avril 1986) contre une baisse de 1,7% en octobre, et la hausse de 2,5% des commandes à l’industrie contre 0,1% pendant la même période, estimant devoir rester sur la défensive et opter pour le «wait and see». Le dollar, frappé donc d’une certaine hésitation, s’est négocié sans tendance bien déterminée, clôturant la semaine, vendredi dernier, à New York, en comparaison avec la fin de la semaine se terminant au vendredi 2 janvier, comme suit : — 1,6135 pour un sterling contre 1,6440 ( + 1,89% ). — 1,8205 D.M. contre 1,8045 ( + 0,89% ). — 1,4700 F.S. contre 1,4705 ( —0,03% ). — 6,0980 F.F. contre 6,0160 ( + 1,36% ). — 1790,- lires contre 1776,50 ( + 0,76% ). — 132,05 yen contre 132,55 (— 0,37% ). Tassement de l’or Les cours de l’or se sont tassés, la semaine dernière, en l’absence de motivations à l’achat, après la chute des prix pétroliers. Ils ont ainsi cassé à la baisse le seuil de résistance des 280,- dollars l’once pour la première fois depuis juillet 1979, clôturant à New York, vendredi dernier, à 278,50 dollars contre 288,70, à la fin de la semaine se terminant au vendredi 2 janvier, en baisse de 3,53% en moyenne. En parallèle, l’argent-métal s’est sévèrement déprécié sous la pression des ventes bénéficiaires, le ramenant à New York, vendredi dernier, à 5,5930 dollars l’once contre 5,90, à la fin de la semaine se terminant au vendredi 2 janvier, en baisse de 5,20% en moyenne. Elie KAHWAGI Désignation des monnaies Dollar en L.L. Sterling en $ Dollar en D.M. Dollar en F.S. Dolalr en F.F. Dollar en lires Dollar en yen OR L’once en $ ARGENT L’once en $ 2,1,98 1527,00 1,6440 1,8045 1,4705 6,0160 1776,50 132,50 288,70 5,9000 5,1,98 1527,00 1,6310 1,8265 1,4830 6,1115 1792,00 133,80 282,00 5,8730 6,1,98 1526,75 1,6270 1,8315 1,4825 6,1285 1799,00 133,65 281,60 6,0150 7,1,98 1526,75 1,6275 1,8225 1,4760 6,0960 1789,25 131,25 284,00 5,9730 8,1,98 1526,50 1,6130 1,8220 1,4755 6,0940 1789,50 132,65 281,10 5,7280 9,1,98 1526,50 1,6135 1,8205 1,4700 6,0980 1790,00 132,50 278,50 5,5930 Variations en % — 0,033 + 1,89 + 0,89 — 0,03 + 1,36 + 0,76 — 0,37 — 3,53 — 5,30
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