"J'accuse" par Emile Zola, trône devant l'assemblée nationale (photos)
le 12 janvier 1998 à 00h00
Un fac-similé géant du célèbre «J’accuse» d’Emile Zola a été déployé sur la façade de l’Assemblée nationale à Paris, un siècle après l’affaire Dreyfus, pour témoigner d’un «moment de l’histoire où l’état de conscience d’une population a basculé», selon les mots du président de cette Assemblée, l’ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius. La Une du quotidien L’Aurore du 13 janvier 1898, s’étalant sur 150 mètres carrés, a été déployée pour une semaine. «La publication à 300.000 exemplaires du texte d’Emile Zola en un seul jour a fait basculer la France», a rappelé M. Fabius. Il a rendu hommage au «talent et au courage d’un certain nombre de journaux», au moment où le capitaine dont le seul «tort» aurait été d’être juif avait été condamné et le colonel Esterhazy, vrai coupable, innocenté. Emile Zola avait spectaculairement fait publier cette lettre ouverte au président de la République Félix Faure, défense vibrante du capitaine Dreyfus, dégradé et condamné à tort au bagne quatre ans plus tôt sous l’accusation d’avoir livré à l’état-major allemand des renseignements militaires. Alfred Dreyfus ne devait être réhabilité qu’en 1906 et innocenté définitivement que 36 ans après les faits. Pendant tout ce temps, l’affaire Dreyfus aura partagé le pays entier en deux clans, les «dreyfusards» et les «anti-dreyfusards», dont les affrontements furent violents. Le président gaulliste Jacques Chirac a célébré ce centenaire en témoignant dans une lettre adressée vendredi à leurs descendants de la reconnaissance de la France envers Dreyfus et Zola, qui ont donné «tout leur sens aux valeurs de liberté, de dignité et de justice». Il a décrit l’affaire Dreyfus comme une «tache sombre, indigne de notre pays et de notre histoire, colossale erreur judiciaire et honteuse compromission d’Etat». (AFP)
Un fac-similé géant du célèbre «J’accuse» d’Emile Zola a été déployé sur la façade de l’Assemblée nationale à Paris, un siècle après l’affaire Dreyfus, pour témoigner d’un «moment de l’histoire où l’état de conscience d’une population a basculé», selon les mots du président de cette Assemblée, l’ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius. La Une du quotidien L’Aurore du 13 janvier 1898, s’étalant sur 150 mètres carrés, a été déployée pour une semaine. «La publication à 300.000 exemplaires du texte d’Emile Zola en un seul jour a fait basculer la France», a rappelé M. Fabius. Il a rendu hommage au «talent et au courage d’un certain nombre de journaux», au moment où le capitaine dont le seul «tort» aurait été d’être juif avait été condamné et le colonel...
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