Vingt-deux personnes au moins ont été tuées et des dizaines d’autres blessées hier à Lahore par des inconnus qui ont attaqué à l’arme automatique des musulmans chiites participant à une cérémonie religieuse, a annoncé la police. La police provinciale a affirmé que l’attaque, qui a eu lieu dans un cimetière du centre de la ville, avait un caractère «terroriste» et des «motivations religieuses». Les assaillants — qui pourraient être membres de mouvements extrémistes musulmans sunnites — se sont enfuis après l’attaque, ont affirmé les sources policières. Cette tuerie, en plein mois du Ramadan, est l’une des plus sanglantes de la guerre que se livrent, principalement au Penjab, depuis des années des groupes extrémistes de la majorité musulmane sunnite pakistanaise et de la minorité chiite et qui a fait l’année dernière plus de 200 morts. Selon des témoins, les assaillants, qui ont tiré pendant plusieurs minutes, sont arrivés au cimetière de Mominpoura, à bord d’une jeep et ont surpris quelques dizaines de personnes rassemblées à l’occasion de l’anniversaire de la mort d’un dirigeant de la communauté chiite de la ville. «La voiture s’est arrêtée à une vingtaine de mètres», a affirmé un témoin. «Un homme armé d’une kalachnikov s’est précipité sur la foule, suivi d’un autre. Ils ont alors commencé à tirer dans tous les sens», a-t-il ajouté en estimant «qu’ils voulaient tuer le plus de monde possible». «C’était une attaque terroriste planifiée», a déclaré le chef de la police du Penjab, Jehanzeb Burki. Le commissaire Burki a annoncé que les forces de sécurité avaient été mises en alerte maximum par crainte de représailles des extrémistes chiites. La police a cité des témoins selon lesquels au moins 30 blessés ont été transportés vers un hôpital de la ville où «beaucoup d’entre eux sont dans un état critique». Une violence sectaire Selon des sources hospitalières 19 corps, dont celui d’un enfant, ont été identifiés. Après le massacre, de jeunes chiites en colère sont descendus dans les rues et se sont livrés à des déprédations en signe de protestation, ont affirmé des résidents du quartier où la tuerie a eu lieu. Les manifestants ont dressé des barricades, ont brûlé des pneus et ont lancé des pierres sur les véhicules. Depuis des années, le Pakistan s’enfonce dans une violence sectaire attribuée en particulier à une rivalité féroce entre un groupe sunnite extrémiste, le Sipah-e-Sahaba Pakistan (SSP), et des fanatiques chiites regroupés au sein du Sipah-e-Mohammad Pakistan (SMP). Les chiites pakistanais (qui sont soutenus par l’Iran, selon les accusations du SSP) représentent environ 20% des 140 millions d’habitants du Pakistan. La tuerie de dimanche a eu lieu presque un an après l’attentat à la bombe du palais de justice de Lahore qui avait coûté la vie à 26 personnes, dont le chef du SSP Ziaur Rehman Farooqi. Farooqi et son adjoint Azam Tariq, qui est toujours emprisonné, étaient arrivés au palais de justice le 18 janvier de l’année dernière pour répondre de la morts de plusieurs dirigeants chiites. Des activistes sunnites avaient répliqué à cette attaque à la bombe — la première exécutée avec engin commandé à distance — en attaquant le mois suivant le centre culturel iranien et six employés pakistanais avaient été tués lors de l’attaque. En septembre dernier encore, quatre militaires iraniens qui suivaient un entraînement au Pakistan avaient été tués lors d’une embuscade sur une route de Rawalpindi (12 km d’Islamabad) toujours au Penjab. L’attaque de dimanche a eu lieu au lendemain d’une mise en garde des services secrets pakistanais qui ont affirmé que des dirigeants politiques et religieux du pays étaient menacés par des extrémistes. La mise en place par le gouvernement de M. Nawaz Sharif de lois d’urgence et la création de cours de justice spéciales en août dernier n’ont pu réduire l’activité de ces groupes que les autorités se montrent incapables de juguler. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Vingt-deux personnes au moins ont été tuées et des dizaines d’autres blessées hier à Lahore par des inconnus qui ont attaqué à l’arme automatique des musulmans chiites participant à une cérémonie religieuse, a annoncé la police. La police provinciale a affirmé que l’attaque, qui a eu lieu dans un cimetière du centre de la ville, avait un caractère «terroriste» et des «motivations religieuses». Les assaillants — qui pourraient être membres de mouvements extrémistes musulmans sunnites — se sont enfuis après l’attaque, ont affirmé les sources policières. Cette tuerie, en plein mois du Ramadan, est l’une des plus sanglantes de la guerre que se livrent, principalement au Penjab, depuis des années des groupes extrémistes de la majorité musulmane sunnite pakistanaise et de la minorité chiite et qui a...