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Actualités - Chronologie

Maurice Papon retrouve assurance et pugnacité (photo)

Après deux semaines de repos pour raisons médicales, Maurice Papon a retrouvé assurance et pugnacité à la reprise de son procès pour «crimes contre l’humanité» devant la Cour d’Assises de Bordeaux. La deuxième semaine de son procès a cependant été marquée par les témoignages poignants de plusieurs proches de juifs déportés sur ordre des nazis par la police française. La Cour a examiné les faits concernant deux des huit trains dont l’organisation est reprochée à l’ex-secrétaire général de la préfecture locale. Ceux-ci ont emmené au total, de 1942 à 1944, près de 1.500 juifs de Bordeaux vers le camp de transit parisien de Drancy, antichambre de leur extermination à Auschwitz. Maurice Papon a nié toute responsabilité, réaffirmant sans hésiter que lui et ses collaborateurs avaient «pensé à tout» pour essayer de sauver des juifs. «On a même pensé à se coucher sur les rails. Mais qu’est-ce que cela aurait changé? Une section de SS aurait tué en une minute les 50 ou 100 personnes qui se seraient allongées», a-t-il soutenu. La déportation d’enfants Parmi les 81 enfants du convoi du 26 août 1942 (444 déportés), certains avaient été arrêtés une première fois avec leurs parents en juillet, mais placés dans des familles d’accueil. Plus d’un mois plus tard, quand les Allemands décideront de déporter également les enfants, une quinzaine d’entre eux seront à nouveau arrêtés par la police française, puis déportés et exterminés, comme les petites Nelly et Rachel Stopnicki. Leur sœur Thérèse, 65 ans aujourd’hui, a fait part à la barre de son mal-être: «Je n’ai jamais pu fonder une famille car en chaque enfant, c’était mes sœurs que je voyais», a-t-elle dit. Armand Coplet, 65 ans, est venu témoigner pour six de ses parents, envoyés de force vers Drancy puis exterminés à Auschwitz. Trois courriers envoyés à la préfecture pour tenter de sauver sa tante et son cousin de cinq ans — dont le mari et père était mort pour la France en 1940 — sont restés sans réponse. Maurice Papon affirme ne pas en avoir eu connaissance. «Les gaullistes aussi» Malgré son assurance retrouvée, l’accusé s’est montré très embarrassé lors de son interrogatoire par un des avocats des parties accusatrices, Me Michel Zaoui. Celui-ci lui a fait reconnaître qu’il y avait bien «convergence» entre le régime français de «Vichy et les Allemands pour pourchasser leurs ennemis communs, les juifs, les francs-maçons et les communistes». «Les gaullistes aussi», a de lui-même ajouté Maurice Papon, qui a poursuivi après guerre une brillante carrière publique sous la bannière gaulliste, devenant même ministre avant d’être rattrapé par son passé par des révélations publiées dans la presse en 1981. Jusque-là, il avait toujours soutenu pour sa défense que le régime de collaboration de Vichy n’agissait que «sous la contrainte des Allemands». Face à Me Zaoui, il a également fini par admettre qu’il aurait peut-être dû démissionner, alors que jusqu’ici il avait toujours affirmé que pour lui cela aurait signifié «déserter». «Si j’avais su ce qui s’est finalement passé, la désertion aurait peut-être été une solution qui n’aurait pas été lâche», a-t-il dit. Un témoignage favorable La semaine s’est terminée sur un témoignage favorable à sa cause, celui d’une ancienne rédactrice du service des «questions juives» de la préfecture de Bordeaux. Marguerite Bonnecaze, aujourd’hui âgée de 78 ans, a affirmé que le chef de ce service, Pierre Garat, lui avait dit «de la part de M. Papon» de ne faire «aucun zèle». Son témoignage tardif a suscité le scepticisme dans les rangs des parties accusatrices. (AFP)
Après deux semaines de repos pour raisons médicales, Maurice Papon a retrouvé assurance et pugnacité à la reprise de son procès pour «crimes contre l’humanité» devant la Cour d’Assises de Bordeaux. La deuxième semaine de son procès a cependant été marquée par les témoignages poignants de plusieurs proches de juifs déportés sur ordre des nazis par la police française. La Cour a examiné les faits concernant deux des huit trains dont l’organisation est reprochée à l’ex-secrétaire général de la préfecture locale. Ceux-ci ont emmené au total, de 1942 à 1944, près de 1.500 juifs de Bordeaux vers le camp de transit parisien de Drancy, antichambre de leur extermination à Auschwitz. Maurice Papon a nié toute responsabilité, réaffirmant sans hésiter que lui et ses collaborateurs avaient «pensé à tout»...