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Actualités - Chronologie

Madame la ministre porte atteinte à la langue française

L’Académie française vient de lancer une adresse solennelle au président gaulliste Jacques Chirac au sujet de l’appellation «Madame la ministre» dont usent «certaines des femmes qui ont l’honneur de faire partie» du gouvernement du socialiste Lionel Jospin. «L’Académie française a résolu de s’adresser publiquement à vous, en tant que son Protecteur, pour vous demander votre aide en une affaire qui, dans les hauteurs de l’Etat, porte atteinte à la langue française», a-t-elle écrit dans une lettre rendue publique jeudi. «Il n’apparaît pas que leurs décrets d’attributions confèrent aux ministres la capacité de modifier de leur propre chef la grammaire française et les usages de la langue», affirment les «Immortels». «Les intéressées non seulement commettent à leur insu un contresens grammatical, mais de surcroît, vont à l’encontre de la cause qu’elles croient défendre», à savoir le principe de l’égalité femmes-hommes dans les fonctions publiques, selon eux. En 1984, lors d’une tentative de féminisation du vocabulaire, les académiciens Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss avaient établi que «le genre dit masculin, ou genre non marqué» est celui qu’on peut appeler également extensif. Le genre dit couramment féminin est «le genre marqué» et «institue entre les deux sexes une ségrégation». «Est-ce cette ségrégation que les femmes ministres veulent établir dans le gouvernement?», demandent les académiciens. Le ministre de la Justice Elisabeth Guigou «devrait-elle être appelée la Garde ou la Gardienne ou la gardeuse des sceaux»?, s’interroge l’Académie. «Aux femmes notaires ou commissaires-priseurs, devra-t-on dire maîtresse?», ajoute-t-elle. Déplorant l’emploi chez les Québecois d’une «auteuse, une professeure, une écrivaine» et chez les Belges des «sapeuses-pompières», l’Académie affirme que «ce n’est pas à la France de donner l’exemple de semblables déviations et cela chez les membres du pouvoir exécutif». «Le Madame placé devant le nom de fonction lequel n’a pas à varier en genre, suffit à marquer le sexe du titulaire, et à inviter aux égards qu’on lui doit», souligne-t-elle. L’Académie demande, en conclusion au président Chirac, de bien vouloir user de son autorité suprême pour rappeler chacun, où qu’il soit placé dans l’Etat, au «respect dû à cette langue». (AFP)
L’Académie française vient de lancer une adresse solennelle au président gaulliste Jacques Chirac au sujet de l’appellation «Madame la ministre» dont usent «certaines des femmes qui ont l’honneur de faire partie» du gouvernement du socialiste Lionel Jospin. «L’Académie française a résolu de s’adresser publiquement à vous, en tant que son Protecteur, pour vous demander votre aide en une affaire qui, dans les hauteurs de l’Etat, porte atteinte à la langue française», a-t-elle écrit dans une lettre rendue publique jeudi. «Il n’apparaît pas que leurs décrets d’attributions confèrent aux ministres la capacité de modifier de leur propre chef la grammaire française et les usages de la langue», affirment les «Immortels». «Les intéressées non seulement commettent à leur insu un contresens grammatical,...