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Actualités - Reportage

Noir mot francais tout à fait In en Amérique (photos)

Washington-Irène Mosalli En Amérique, l’heure est au noir non pas le noir inexorable et fatal qui sied à Electre mais plutôt «le soleil noir de la mélancolie» chanté par Gérard de Nerval. Une mélancolie tissée d’angoisse et de peur du présent (avec sa forte dose de violence tous azimuts) plus que du lendemain. Cela donne humour noir, films noirs, chansons noires, littérature noire, mode en noir. En cette saison, les Américains ont adopté le mot français «noir» pour l’intégrer à leur vocabulaire. Une douzaine de romans, donnant la chair de poule et qui ont eu leurs beaux jours dans les années 50, ont refait surface au rayon «noir» des librairies. Il s’agit notamment de «The Killer Inside Me» et de «I Married a Dead Man». La chanteuse pop Caryl Simon joue les femmes fatales aux instincts funestes dans l’album qu’elle vient de sortir sous le titre «Film Noir». Elle y interprète les hits des films anciens qui donnent froid dans le dos: «Laura» d’Otto Preminger, «Don’t Smoke in bed», «Lili Marlene», «Two sleepy people» (interprétée en duo avec John Travolta) et «Somewhere in the Night». Côté grand écran, la vedette revient à trois films sombres. D’abord «L. A Confidential» qui fait un tabac, et qui est tiré du célèbre roman de James Ellroy. Avec pour vedettes Kim Basinger et Danny de Vito, on effectue une descente dans l’univers ambigu des gangsters, de la police, des proxénètes, des politiciens, des jolies femmes des années 50. L’atmosphère se gâte encore plus dans «U-Turn» d’Oliver Stone avec poursuite dans l’âpre Sud américain. Celui qui fuit est un yankee (Sean Penn) qui doit de l’argent à un mafieux russe. Et, lorsque sa voiture tombe en panne dans l’Arizona, c’est à des forts-en-bras locaux, sans foi ni loi, qu’il a affaire. Les choses sont un peu plus subtiles dans «Devil’s Advocate». L’avocat du diable n’est pas marron mais satanique à souhait... Pourtant l’horizon n’est pas plus sombre que d’habitude aux USA. L’économie se porte nettement mieux. La criminalité, toujours présente, est dénoncée, décriée et mieux cernée. Reste que l’insécurité et sa kyrielle d’abus collent toujours à la peau. On l’exorcise comme on peut, notamment en imaginant le pire, pour être prêt à l’affronter. Et ceci au théâtre comme en ville. Et le rose? Couleur de la surface En ville, les couturiers ont bien compris l’appel des femmes qui ne sont plus d’humeur éthérée, nonchalante et vulnérable. Elles préfèrent être sur la défensive, toutes griffes dehors, bardées de cuirs, d’imprimés animaliers et perchées sur des talons qui tiennent autant de l’arme aiguisée que de l’accessoire de séduction. Pour répondre à leur demande, on leur propose un modèle de téléphones en bakélite noir (matériau en vogue dans les années 50), baptisé «Dial M for Murder», comme le film de Hitchcock. Et, pour sécher rapidement leur vernis à ongles (couleur sang desséché ou vert treillis), elles disposent d’un petit ventilateur couleur de la profonde nuit d’Athalie. Interrogé sur cette allure menaçante que prend la gent féminine, Tom Ford, le designer de «Gucci», explique que «le sida a changé notre perception de la beauté. Dans les années 70, qui étaient les plus belles, les femmes avaient l’air d’attendre d’être embrassées. Elles étaient accessibles. Aujourd’hui, les femmes qui ont toujours envie d’être sexy savent, néanmoins, qu’elles courent un danger. Alors, le look actuel traduit cette pensée: bon, embrassez-moi, mais faites gaffe, je peux vous tuer!». Baiser assassin, comme dans cette pub pour Camel où l’on voit une très belle femme, cigarette en main et sirotant un Martini dans un salon-bar aux lumières tamisées. Ambiance envoûtante que vient troubler le carré de mise en garde contre les effets maléfiques du tabac... Vie en rose et envers noir de la médaille. Deux couleurs qui ont toujours coexisté, la première, généralement en surface, et la deuxième sous-jacente. Mais cette fois, les bas-fonds ont tendance à mettre la tête hors de l’eau.
Washington-Irène Mosalli En Amérique, l’heure est au noir non pas le noir inexorable et fatal qui sied à Electre mais plutôt «le soleil noir de la mélancolie» chanté par Gérard de Nerval. Une mélancolie tissée d’angoisse et de peur du présent (avec sa forte dose de violence tous azimuts) plus que du lendemain. Cela donne humour noir, films noirs, chansons noires, littérature noire, mode en noir. En cette saison, les Américains ont adopté le mot français «noir» pour l’intégrer à leur vocabulaire. Une douzaine de romans, donnant la chair de poule et qui ont eu leurs beaux jours dans les années 50, ont refait surface au rayon «noir» des librairies. Il s’agit notamment de «The Killer Inside Me» et de «I Married a Dead Man». La chanteuse pop Caryl Simon joue les femmes fatales aux instincts funestes dans...