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Actualités - Chronologie

La crainte d'un afflux de pétrole irakien fait flancher le marché londonien

L’annonce par les autorités irakiennes de la prochaine reprise de leurs exportations de pétrole a fait flancher le prix du Brent (qualité de référence de la mer du Nord) sur le marché londonien, qui évoluait mardi sous la barre des 16 dollars le baril. En fin de matinée mardi, le prix du baril de Brent se traitait à 15,85 dollars, son plus bas niveaux depuis le 19 octobre 1995. La veille, il avait clôturé à 15,79 dollars, soit son plus bas niveau depuis le 6 octobre 1995. Les autorités irakiennes ont annoncé mardi la reprise des exportations de brut irakien dans les deux jours qui suivront l’approbation par les Nations Unies de leur plan de distribution de l’aide alimentaire. Cet accord devrait intervenir dans les prochains jours, et se traduire par un afflux massif de brut sur le marché mondial. «Selon les termes de l’accord renouvelé «pétrole contre nourriture», l’Irak est autorisé à vendre jusqu’à 1 milliard de dollars de pétrole par période de 90 jours», a déclaré Peter Gignoux, analyste pour la maison de courtage Salomon Smith Barney. «Or, comme le prix baisse, l’Irak doit vendre davantage pour obtenir 1 milliard de dollars de recettes. Et après avoir refusé pendant près de 30 jours d’exporter son pétrole, Bagdad n’a désormais plus que 60 jours sur la période pour effectuer ses exportations», a expliqué l’expert. «Ce qui fait que le rythme des exportations quotidiennes de Bagdad va être très fort, aux alentours d’1,2 million de barils par jour», a souligné Peter Gignoux. Mesures de protestation L’Irak avait suspendu le 5 décembre ses exportations de brut en attendant que l’ONU approuve son plan pour l’achat et la distribution des produits de première nécessité, dans le cadre de l’accord «pétrole contre nourriture». Bagdad entendait ainsi protester contre le retard dans l’arrivée des vivres et médicaments achetés avec les recettes du pétrole. De plus, le marché reste très inquiet quant à l’état de la demande de pétrole en 1998 en raison de la situation économique en Asie du Sud-Est, et suit attentivement l’évolution des cours des devises de la région sur les marchés des changes. Selon les statistiques de la Réserve fédérale américaine, le baht thaïlandais a perdu l’an dernier près de 45% de sa valeur par rapport au dollar américain, tandis que le won sud-coréen a reculé de 41% face au billet vert et le ringgit malaisien a abandonné 34% de sa valeur en 1997 par rapport à la monnaie américaine. «Les raffineries de la région achètent avec des devises nettement dépréciées, ce qui justice les inquiétudes du marché», a indiqué Peter Gignoux. «Pire, le ralentissement de l’activité industrielle dans la région entraîne déjà une baisse notable du niveau de la demande de pétrole», a-t-il souligné. Or, le marché digère déjà très mal le relèvement de 10% à 27,5 millions de barils par jour des quotas de production de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) au début du mois de décembre dernier. Le marché a été submergé par l’abondance de l’offre de pétrole après la décision de l’OPEP en décembre. Les valeurs des grands groupes pétroliers subissaient le contrecoup de cet accès de faiblesse du brut sur les principales bourses européennes. Ainsi, à Paris, Elf Aquitaine accusait la plus forte baisse de la cote, en cédant 6,39% dans la matinée. A Londres, Shell reculait de 14,75 pence à 433 pence, et BP abandonnait 28 pence à 778. (AFP)
L’annonce par les autorités irakiennes de la prochaine reprise de leurs exportations de pétrole a fait flancher le prix du Brent (qualité de référence de la mer du Nord) sur le marché londonien, qui évoluait mardi sous la barre des 16 dollars le baril. En fin de matinée mardi, le prix du baril de Brent se traitait à 15,85 dollars, son plus bas niveaux depuis le 19 octobre 1995. La veille, il avait clôturé à 15,79 dollars, soit son plus bas niveau depuis le 6 octobre 1995. Les autorités irakiennes ont annoncé mardi la reprise des exportations de brut irakien dans les deux jours qui suivront l’approbation par les Nations Unies de leur plan de distribution de l’aide alimentaire. Cet accord devrait intervenir dans les prochains jours, et se traduire par un afflux massif de brut sur le marché mondial. «Selon les termes...