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Actualités - Reportage

Arts plastiques Délégation libanaise purement féminine à la biennale d'Alexandrie (photos)

L’art libanais est représenté cette année à Alexandrie par un groupe de cinq artistes féminines. Elles participent dans la cité du phare à la XIXème Biennale qui se tient jusqu’au 6 avril 98 au musée Hassan Soubhi d’art moderne. Greta Naufal, Laure Ghorayeb, Rita Aoun, Nelly Chemali et Rim el-Joundi ont été choisies par un comité formé de Nazih Khater, Nicolas Nammar et Jouhaïna Baddoura. Cette manifestation qui rassemble chaque deux ans des œuvres d’artistes des pays du Bassin méditerranéen (France, Espagne, Italie, Croatie, Chypre, Grèce, Liban, Palestine, Bosnie, Syrie, Malte, Libye et bien sûr l’Egypte) a pour but d’instaurer un dialogue artistique constructif entre les exposants. Créée en 1955, elle a dans ses précédentes éditions permis la redécouverte d’œuvres importantes de géants comme Chagall ou Braque... Les prix de la Biennale L’exposition donne à voir, cette fois, une centaine d’œuvres d’inspiration diverse réparties entre peinture, sculpture, dessin, installation et gravure. Cette biennale offre aussi une possibilité de consécration à des talents qu’un jury international (présidé par Edward Lucie-Smith, critique anglais et historien d’art de renom) sélectionne rigoureusement. Trois des cinq participantes libanaises s’y sont distinguées: Laure Ghorayeb, prix de la Biennale de dessin. Rita Aoun de peinture et Greta Naufal, prix du jury. Une reconnaissance de niveau international pour leurs œuvres qualifiées de «créatives», «originales» et de «haute technique». Greta Naufal présente une série d’autoportraits aux yeux fermés (mixed-médias): parce que dit-elle, «dans ce siècle de l’image, le regard et par conséquent l’œil devient l’élément fondamental. Ouvert en permanence, il est exposé à une saturation qui l’empêche parfois de voir l’essentiel. D’où l’importance de l’introspection symbolisée par les yeux fermés» Une expression de la tolérance Rita Aoun a peint un triptyque intitulé «L’œil vaste». Trois toiles de grande dimension (270x170), traitées avec une palette très pastellisée, montrent «l’homme-ange» au regard vaste, «Dieu» en figure centrale et la femme, «Eve éternelle», portant une grappe de raisins au lieu de la pomme. «Il s’agit», explique l’artiste «d’une œuvre qui se veut expression de tolérance, d’acceptation d’autrui, d’élevation de pensée et de sentiment. Je voulais souligner l’identité divine de l’être humain, sa relation intime avec le Créateur». Laure Ghorayeb reste fidèle à des toiles au dessin miniature, travaillées façon tapisserie par petits traits méticuleux aux couleurs kaléidoscopiques et qui montrent des vues de villes orientales nimbées de poésie, entre passé et futur... Pour en venir aux autres participantes libanaises: L’installation de Nelly Chemaly raconte l’histoire d’un galet à face humaine qui joue le rôle de lien entre l’homme et le Cosmos. «Ce galet, je l’ai trouvé tel quel un jour sur une plage. Il a été une sorte de détonateur. Il m’a permis de comprendre le rôle du temps, le processus de l’évolution...». La structure de base de cette installation reflète un arc à flèches. Elle est composée d’une photo agrandie sur cinq panneaux incurvés, sur laquelle est greffée une lentille, le bois des panneaux est brûlé par endroits et l’ensemble donne l’impression d’un œil. En face de ce panneau, l’artiste a accroché le galet sur un axe perpendiculaire faisant office de flèche «qui symbolise le regard de l’observateur», explique-t-elle. Rim el-Joundi exprime le huis clos sur soi, l’enfermement entre quatre murs, par un triptyque où se mêlent tous les contrastes: noir et blanc, couleurs. Personnages lisses, modernes et figures primitives. Contours bien tracés et lignes plus nerveuses, hachurées, cassées...». Grand succès pour l’art libanais donc puisque, parallèlement au prix du jury décerné à Greta Naufal, deux des cinq prix de la Biennale sont revenus à nos artistes-femmes! Les trois autres prix de sculpture, d’installation et de gravure ont été attribués respectivement à Yenis Satinis (Grèce), Valérie Philippin (France) et Adrian Gutierrez (Espagne). Tandis que le Grand prix a couronné l’œuvre du peintre égyptien Abla. Zéna ZALZAL
L’art libanais est représenté cette année à Alexandrie par un groupe de cinq artistes féminines. Elles participent dans la cité du phare à la XIXème Biennale qui se tient jusqu’au 6 avril 98 au musée Hassan Soubhi d’art moderne. Greta Naufal, Laure Ghorayeb, Rita Aoun, Nelly Chemali et Rim el-Joundi ont été choisies par un comité formé de Nazih Khater, Nicolas Nammar et Jouhaïna Baddoura. Cette manifestation qui rassemble chaque deux ans des œuvres d’artistes des pays du Bassin méditerranéen (France, Espagne, Italie, Croatie, Chypre, Grèce, Liban, Palestine, Bosnie, Syrie, Malte, Libye et bien sûr l’Egypte) a pour but d’instaurer un dialogue artistique constructif entre les exposants. Créée en 1955, elle a dans ses précédentes éditions permis la redécouverte d’œuvres importantes de géants comme...