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Actualités - Interviews

Médecine douce Acupuncture : une médecine qui se pique d'énergie (photos)

Rien de pire, pour un esprit ration Les centaines, voire les milliers d’études entreprises depuis vingt ans sur l’acupuncture — autant chercher une aiguille dans une botte de foin — ont pourtant permis de percer une grande partie de ses secrets et de poser ses limites. Issue, quatre siècles avant J.-C, en Chine, de l’union de l’empirisme et de la philosophie, l’acupuncture est en définitive d’une efficacité bien réelle et se profile surtout comme un efficace antidouleur. Pratiquement, en quoi consiste l’acupuncture? «A implanter effectivement des aiguilles (une dizaine en moyenne) dans certaines zones de la peau, dans un but thérapeutique. Chaque séance dure une demi-heure à une heure. Les aiguilles peuvent être stimulées manuellement ou, dans certains cas, à l’aide d’ un faible courant électrique». Quels sont les modes d’ action de l’acupuncture? Selon la médecine traditionnelle chinoise, notre corps est parcouru par une énergie appelée «tsri»: une énergie vitale héritée, entretenue et renouvelée par les aliments, l’eau et l’air. Ce souffle impalpable nous donne du tonus et nous défend contre les agressions extérieures. L’homme est situé entre l’énergie du ciel et celle de la terre. Ces deux influences lui impriment des rythmes d’alternance et d’équilibre traduits par deux symboles: le Yin et le Yang, représentés par le fameux emblème du Tao, où le noir et le blanc s’opposent et s’épousent. Il y a toujours un peu de Yin dans le Yang et vice versa. Cette énergie qui évolue entre le Yin et le Yang circule en permanence dans des «méridiens» qui correspondent aux organes du corps. L’état de maladie est dû à un déséquilibre dans la répartition de l’énergie sur les différents organes. L’acupuncture régularise alors ce trouble par la stimulation des points, véritables zones d’accès à la circulation des méridiens. C’est donc un traitement global prenant en charge tout le corps humain. Etre piqué d’aiguilles, cela doit être douloureux? «On pourrait le croire!, répond Jacqueline Kobeissi. En vérité, l’apprentissage de l’acupuncture intègre la manière de piquer sans trop faire mal. La plupart des points sont du reste indolores. Par ailleurs, l’apparition ultérieure de petits hématomes est banale et sans conséquence.» Quels sont les résultats médicaux? «Souvent très bons si l’indication a été bien posée (c’est-à-dire si le diagnostic était correct). Le domaine de prédilection de l’acupuncture est la lutte antidouleur. On compare souvent son effort à celui d’ un antalgique faible, type paracétamol. Ce n’ est donc pas de la morphine! Même si son mode d’action inclut la sécrétion de morphines naturelles par notre organisme. En effet, des études récentes ont démontré l’action hormonale de l’acupuncture: modification de la formule sanguine et sécrétion d’endorphines par le système nerveux central, d’où l’explication des analgésies et du traitement des douleurs.» Quand l’utilise-t-on de préférence? «On lui reconnaît aujourd’hui trois grandes indications. Les douleurs: surtout de type périarticulaire (tendinite, périarthrite), certaines lombagies, sciatiques ou douleurs du zona aigu. Certains maux de tête. Les maladies fonctionnelles ensuite: de la vessie, du côlon ou du cœur, par exemple. Enfin, une action relaxante: dans l’insomnie, les petits symptômes anxiodépressifs, la dépendance au tabac ou aux tranquillisants. Quels sont les risques éventuels? «Chez les sujets maigres, il y a un risque d’occasionner un pneumothorax (poche d’air) en piquant la plèvre, voire le poumon. L’usage d’aiguilles jetables est la règle, pour éviter la contamination» Est-il préférable d’être médecin pour pratiquer l’acupuncture? «C’est même une obligation». Quel est son avenir? «L’acupuncture restera un outil de plus. Pour autant qu’on ne la cantonne pas aux cas rebelles, aux thérapeutiques habituelles, elle est susceptible de faire baisser l’usage des antalgiques, des anti- inflammatoires et des tranquillisants. Tout en permettant d’échapper à leurs effets secondaires ou à leurs contre-indications». Mais aujourd’hui l’acupuncture est en pleine crise existentielle. D’un côté elle rêve d’une reconnaissance en bonne et due forme. De l’autre, elle craint, en se pliant à nos us et coutumes, d’y perdre son chinois... Maya GHANDOURnel, que d’ avoir à affronter un phénomène dont les pouvoirs sont indéfinissables, et qui se trouve revêtu du singulier prestige des choses mystérieuses. Ainsi en est-il de l’acupuncture. Pourtant, «les Libanais se montrent très sceptiques face à cette forme de poker médical comme de toute tentative de bluff. Ils aiment jouer «cartes sur table», s’adresser à un médecin, ingurgiter des médicaments, faire appel à des thérapies qui ont fait leurs preuves» souligne le Dr Jacqueline Kobeissi, médecin généraliste et gourou local de l’acupuncture.
Rien de pire, pour un esprit ration Les centaines, voire les milliers d’études entreprises depuis vingt ans sur l’acupuncture — autant chercher une aiguille dans une botte de foin — ont pourtant permis de percer une grande partie de ses secrets et de poser ses limites. Issue, quatre siècles avant J.-C, en Chine, de l’union de l’empirisme et de la philosophie, l’acupuncture est en définitive d’une efficacité bien réelle et se profile surtout comme un efficace antidouleur. Pratiquement, en quoi consiste l’acupuncture? «A implanter effectivement des aiguilles (une dizaine en moyenne) dans certaines zones de la peau, dans un but thérapeutique. Chaque séance dure une demi-heure à une heure. Les aiguilles peuvent être stimulées manuellement ou, dans certains cas, à l’aide d’ un faible courant électrique»....